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Cet astre surnommé "Étoile de la mort" a dévoré plusieurs de ses planètes

Grâce au télescope de l'Observatoire de la Silla des chercheurs ont observé que HIP68468​ possédait quatre fois la quantité normale de lithium pour une étoile de son âge, ainsi que des métaux que l'on ne trouve généralement que sur les planètes...
Image: Gabi Perez / Instituto de Astrofísica de Canarias

Image: Gabi Perez / Instituto de Astrofísica de Canarias

Nous, Terriens, avons une relation saine et équilibrée avec le Soleil. Il s'occupe de ses affaires, nous nous occupons des nôtres, et 150 millions de kilomètres nous séparent. Une distance de sécurité suffisante qui nous permet de dormir sur nos deux oreilles en sachant que le soleil se lèvera le demain, comme chaque jour, nous apportant une douce lumière sans nous cramer la gueule.

Hélas, tous les systèmes solaires ne sont pas aussi paisibles.

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Prenez HIP68468, par exemple. Cette étoile vieille d'environ 6 milliards d'années et située à 300 années-lumière de nous est quasiment une jumelle de notre soleil. Selon un article publié récemment dans Astronomy & Astrophysics, nous avons toutes les raisons de croire que cet astre lointain aurait "dévoré" une ou deux planètes dans son environnement immédiat, ce qui lui a valu le charmant surnom "d'Étoile de la mort." Or, quand on sait que HIP68468 partage de nombreuses caractéristiques avec notre étoile, on est en droit de se demander si nous sommes susceptibles de connaître un jour le même sort.

Grâce au télescope de 3.6 mètres de l'Observatoire de la Silla, au Chili, les chercheurs avaient observé que HIP68468 possédait quatre fois la quantité normale de lithium pour une étoile de son âge, ainsi que des métaux hyper-résistants à la chaleur qu'on ne trouve généralement que sur les planètes telluriques, comme la nôtre. Le lithium, en particulier, ne s'accommode pas très bien au noyau brûlant d'une étoile - on le trouve plus volontiers sur des planètes telluriques qui sont incapables de le consumer lorsqu'il s'accumule. Ainsi, lorsque les astronomes ont étudié la composition de l'atmosphère de l'étoile, cette présence inhabituelle de lithium les as immédiatement intrigués.

Debra Fischer, professeur d'astronomie à l'Université de Yale, a commenté la découverte en ces termes : "C'est comme si vous aviez trouvé un chat à côté d'une cage à oiseau vide," explique-t-elle. "Si des plumes jaunes dépassent de sa gueule, il y a de grandes chances que le matou ait boulotté le canari." Vous l'avez compris : le matou, c'est HIP68468.

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Ces résultats sont le produit d'une étude approfondie de plus de 60 étoiles semblables à notre soleil, qui s'est étalée sur plusieurs années. Tout ce que nous savons de la formation des systèmes solaires, nous l'avons tiré de l'observation de notre propre système - ce qui est un peu chauvin. L'ambition de ces recherches était donc d'étudier des étoiles "jumelles" et d'examiner les différences et les similitudes avec notre astre, afin de produire des modèles plus précis et plus généraux du développement d'un système solaire. Devrions-nous nous inquiéter des conclusions tirées par les chercheurs ?

"Le soleil ne risque de dévorer la planète Terre dans un futur proche", explique Jacob Bean, co-auteur de l'article et professeur d'astronomie et astrophysique à l'Université de Chicago. "Cependant, cette découverte nous indique que de nombreux systèmes planétaires ont connu une histoire mouvementée, le nôtre y compris."

Sachant que HIP68468 ressemble beaucoup à notre soleil et qu'elle est relativement stable, il est fort possible que les planètes disparues aient été réduites en morceau par une force inconnue - au point de dévier leur orbite et de les envoyer tout droit dans la gueule de leur étoile.

Nous savons depuis longtemps que le soleil mangera très probablement Mercure, Vénus, et la Terre, une fois qu'il aura entamé sa lente agonie en se transformant en géante rouge, dans 5 milliards d'années. La Terre ne sera pas la première exposée, cependant elle se trouvera suffisamment près du soleil pour être vaporisée dans l'atmosphère stellaire brûlante dans 7.6 milliards d'années environ.

À ce moment là, les humains ne seront déjà plus de ce monde. Bien avant que le soleil ne se change en géante rouge, son rayonnement et ses radiations seront devenus incompatibles avec la vie sur Terre. D'ici 1,5 milliard d'années environ, la surface terrestre sera une vaste étendue stérile, dévastée, qui aura tout oublié de sa riche histoire organique. Bonnes vacances de Noël !