Filles ivres fin de soirée
Life

Sam Wong prend des photos quand la fête est terminée

Du vomi, des filles qui déambulent pieds nus, des bouteilles vides, du vomi, encore du vomi.
7.3.17

À 13 ans, Sam « Kid Kong » Wong a déménagé de Hong Kong à Melbourne. Il a passé les années suivantes dans un pays dont il ne connaissait rien, et au sein d'un pensionnat où il n'était autorisé à sortir que quatre heures maximum chaque week-end. Malgré les règles strictes auxquelles il était soumis, pendant ces quatre heures, il explorait les rues de la ville, devenant notamment pote avec un crew de breakdance, les « Kings Only ». C'est au cours de cette période qu'il s'est intéressé aux gens que leurs représentations un peu pourries attiraient : des ivrognes, des drogués, des SDF et des escrocs de tous poils.

Son travail ressemble à une sorte d'adaptation de L'attrape-cœurs au XXIe siècle, à ceci près que ses années d'adolescence l'ont plutôt initié au rap, à la photo, et aux ramasses qui tracent en bas de chez vous quand il est l'heure de rentrer.

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Ta vision de l'humanité est, selon moi, extrêmement pessimiste.
Sam : Tout dépend de ton point de vue. Mon premier boulot consistait à prendre des photos en club ou pendant les concerts. Je faisais ça régulièrement, parfois j'étais rémunéré, mais la plupart du temps c'était payé en tickets boissons et en soirées gratuites. Je me souviens qu'une fois, un organisateur m'a dit de prendre plus de 100 photos dans la boîte, avec l'instruction expresse de rendre tout le monde « sexy ».

Ce qui me fascinait, c'était la manière dont certaines filles et certains mecs se déguisaient pour paraître cool, et faisaient la queue pendant des heures, juste pour pouvoir entrer dans un club et se faire prendre en photo. Mais ce que je trouve le plus intéressant vient à la fin de la nuit. En rentrant chez moi après le travail, je voyais des filles courir pieds nus avec leurs talons sur leur épaule. Pour rendre mon week-end un peu plus intéressant, j'ai commencé à documenter ce que je voyais en fin de soirée. Finalement, c'est devenu un vrai travail.

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Avec qui es-tu rentré en conflit au cours de ces matinées ?
Quand tu fais de la photographie de rue la nuit, il y a trois types de personnes que tu risques de rencontrer : des gens qui veulent te tuer, des gens qui sont contents de poser pour toi, et des flics qui te demandent: « Putain, qu'est-ce que tu fous, là ? » Une nuit, un grand type m'a couru après en hurlant : « Donne-moi ton appareil photo putain, ou je te défonce. » Comme tu peux l'imaginer, ça t'endurcit.

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À quoi tu t'intéresses quand tu n'es pas en train de te faire poursuivre dans la rue ?
J'aime la deep music, les cafés forts, les battles de danse et les livres de photo. OK. Ton boulot en cinq mots ?
Aventureux, immédiat, ordinaire, mignon et romantique – je plaisante.

J'espère.

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