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Jean-Charles Desgroux : Trash Jason Le Mort-Vivant Vendredi 13 Trash Même si Trash ne représente pas forcément la meilleure période d’Alice Cooper, ça reste quand même un disque très important dans son parcours. Le mec revient du fond du gouffre en 1986, enchaîne deux disques assez médiocres, Constrictor et Raise Your Fist And Hell, et il explose tout avec Trash, une énorme machine à tubes et qui le propulse à nouveau au sommet. Freddy Vendredi 13 Quel disque d’Alice Copper est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui n’a jamais écouté sa musique ? Love It To Death
, qui se détache complètement de leurs deux premiers disques réalisés sous la houlette de Frank Zappa, très bancals et inégaux. C’est le disque sur lequel ils trouvent leur son, leur identité, grâce à Ezrin qui a réussi à canaliser toutes leurs idées et leur énergie débridée. D’un côté, il y a des morceaux très directs et frontaux, où l’on retrouve l’influence des Yardbirds et des Rolling Stones, associée au hard rock ouvrier et populo de Detroit. Et de l’autre, des choses plus lyriques et bizarres qui en font le premier vrai disque de rock théâtral, avec des atmosphères incroyables comme sur le cauchemardesque « Black Juju ».
Tu commences d’ailleurs Remember The Coop’ par un extrait de « Is It My Body? », qui figure sur Love It To Death : « Have you got the time to find out / Who I really am ». Et c’est une interrogation qui revient tout au long du livre, ce truc de chercher à savoir qui est vraiment ce type qui s’exhibe, qui se déguise, mais qui reste finalement très secret. Est-ce qu’il y a selon toi un disque sur lequel s’exprime réellement le « vrai » Alice Cooper ?
Pour moi, il y en a deux. Le premier, c’est From The Inside, qui raconte une période de sa déchéance où il est pris en main par sa femme et son manager Shep Gordon, qui l’envoient en cure de désintoxication. Il faut se souvenir que ça se passait à une époque (1978) où les centres de désintox comme on les connaît aujourd’hui n’existaient pas du tout. Et il se retrouve en fait dans un asile psychiatrique dans la banlieue de New York, où il est mélangé à des malades mentaux, des psychopates, et où il va passer plusieurs semaines. À son retour, il s’acoquine avec un de ses anciens camarades de boisson, Bernie Taupin, le parolier d’Elton John, et ils écrivent ensemble From The Inside, un album très A.O.R [ Adult Orientated Rock], très Journey, Foreigner, voire même Billy Joel, où il raconte son passage à l’asile. Pour moi c’est un album essentiel pour comprendre qui est l’homme derrière l’image.
Et puis il y en a un autre, nettement plus méconnu, c’est Dada, sorti en 1983. Un disque totalement opaque, Alice Cooper ne se souvient même pas de l’avoir enregistré. C’était une sale période, il avait replongé dans l’alcool et dans les drogues dures – il était à fond dans le freebase et le crack. Et il a retrouvé Bob Ezrin sur ce disque très synthétique, avec un son très post-punk, new wave, et des chansons vraiment terrifiantes où on sent Alice Cooper au bord du gouffre. C’est quasiment un appel au secours.
Quel est selon toi le disque le plus intéressant de la période pré-Alice Cooper, avant qu’il ne devienne le personnage qu’on connaît, quand il jouait dans des groupes de garage cagneux et désorganisés ?
Il y a quelques singles que je trouve amusants. Notamment « Don’t Blow Your Mind », qu’il a fait avec les Spiders, son premier vrai groupe qui est, au départ, juste un délire monté au lycée pour attirer l’attention – ils avaient fait une parodie des Beatles au bal de fin d’année sous le nom des Earwigs. C’est un pur disque de garage, de gamins influencés par la British Blues Invasion qui apprennent à jouer dans le sillage des Who, des Yardbirds et des Rolling Stones. C’est naïf, candide, agressif, gorgé de fun.
Est-ce qu’il y a une apparition d’Alice Cooper hors-musique, dans le cinéma ou à la télé par exemple, qui t’a marqué ?
Alice Cooper a passé beaucoup de temps malade et alité quand il était gamin et il s’est nourri de télévision et de cinéma pendant toute cette période, il était vraiment fasciné par ça. Et un des ses grand fantasmes quand il était jeune, c’était de rencontrer les stars du cinéma, de s’acoquiner avec elles et de partager leur vie. Le disque qu’il vient d’ailleurs de sortir avec Johnny Depp sous le nom Hollywood Vampires est un hommage direct à tout ça, et une référence à la petite bande qu’il avait monté au plus fort de son succès dans les années 70, qui comprenait de nombreux acteurs et qui se retrouvait dans les combles du Rainbow Bar & Grill sur Sunset Strip. Il est donc très vite devenu un boulimique d’apparitions télé, le mec était constamment là, dans toutes les émissions, c’était un peu le Elie Seimoun du rock [ Rires] Pareil dans le cinéma, même s’il n’a jamais vraiment brillé dans le domaine, malgré des apparitions assez fameuses dans Wayne’s World ou Prince Des Ténèbres. Mais je retiendrai particulièrement un programme spécial Alice Cooper sur Antenne 2 en 1982, à l’époque où il était au fond du trou avec l’album Special Forces. Il pesait 40kgs, il fumait du crack, il avait un look moitié-samouraï, moitié cyber-punk, et on le voyait jouer en play-back à Beaubourg, dans le métro, aux Halles, et c’était un programme exclusif pour la France, dans le cadre d’une tournée d’une dizaine de dates en province. Pour moi, c’est ultra-culte.
Quelle est, selon toi, la plus grande réussite artistique d’Alice Copper ?
Il y a deux disques majeurs dans sa discographie qui sont, certes, surproduits mais tellement ambitieux en termes d’arrangements et d’orchestration : Billion Dollar Babies, tout d’abord, qui est vraiment fabuleux et qui contient le premier hymne gothique, « I Love The Dead », et puis son premier album solo, Welcome To My Nightmare, une sorte de comédie musicale morbide absolument brillante.
Tu parles très peu, voire quasiment pas, de ton expérience personnelle dans Remember The Coop’. Du coup, j’étais curieux de savoir s’il y avait un disque d’Alice Cooper que tu affectionnais particulièrement ?
Il n’y en a pas un en particulier, mais s’il faut jouer la carte du lien affectif et des souvenirs, je dirais Hey Stoopid. C’est un disque qui a marqué un été de mon adolescence, au moment de sa sortie, en 1991. T’as 16 ans, il y a tes potes, tes premières copines, tu commences à faire la fête et à picoler. Ça a été un moment déterminant de mon adolescence et Hey Stoopid en était la bande-son. Après, il y a des disques qui ne me lâchent pas depuis mes 14-15 ans, des albums comme School’s Out, Killer, Love It To Death, je les écoute encore au moins une fois par semaine. Si j’ai voulu écrire ce livre, c’est que j’avais une fascination hors-normes pour Alice Cooper et sa musique.
Il y a d’autres artistes capables de te fasciner à ce point ?
Oui, quelques-uns. Ozzy Osbourne, tout d’abord, que je mettais vraiment au même niveau qu’Alice Cooper durant mon adolescence et sur lequel j’ai écrit un livre il y a quelques années [Du Cauchemar à la Réalité , Camion Blanc, 2007]. Après, je dirais John Garcia [ Kyuss, Slo Burn, Unida], Glenn Danzig, Henry Rollins et David Bowie. Des gens uniques, avec un univers à eux, qui ont su développer une véritable mythologie autour de leur personnage. C’est un truc important. Gamin, j’étais assez solitaire et j’ai vraiment développé un sens de l’imagination et un goût pour ces choses-là. Et chez un artiste, les élements extra-musicaux m’intéressent autant que le reste. Je ne peux pas les dissocier des disques. Pour moi, ça forme un tout.
Remember The Coop est disponible depuis aux éditions Le Mot Et Le Reste.
Quand il n’écrit pas des pavés hautement recommandables, Jean-Charles Desgroux écrit pour Hard Force, Rock & Folk, Plugged et un tas d’autres. Il est sur Twitter.
Lelo Jimmy Batista sort aussi un livre ces jours-ci, mais comme il est rédacteur en chef de ce site, il ne peut pas vraiment en faire la promotion. Quoiqu’il peut tout aussi bien s’en foutre et en parler quand même. Il verra bien. En attendant, il est sur Twitter.
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