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LE NUMÉRO BIEN SOUS TOUT RAPPORTS

De la publicité dans votre cerveau

En août dernier, au Symposium sur la sécurité de l’USENIX, un groupe de chercheurs a utilisé une technologie avec du matériel grand public pour soutirer des codes de sécurité mémorisés par des volontaires et ont publié leurs résultats.
20 novembre 2012, 9:30am

Illustration : Bilyana Ilievska

Les systèmes d’interface cerveau-ordinateur sont de gros casques qui permettent à l’homme de contrôler un ordinateur par la pensée. En août dernier, au Symposium sur la sécurité de l’USENIX, un groupe de chercheurs a utilisé cette technologie avec du matériel grand public pour soutirer des codes de sécurité mémorisés par des volontaires et ont publié leurs résultats. Daniele Perito, l’un des auteurs de l’article et professeur à l’université de Berkeley, en Californie, a essayé de nous rassurer : nous serions en effet encore loin de pouvoir transférer notre esprit dans une clé USB vendue au marché noir. Cette technologie servirait plus probablement à établir des profils pour les agences de pub. Merci de nous rassurer, Daniele.

VICE: Doit-on avoir peur de se faire pirater le cerveau ?
Daniele Perito: On ne peut pas encore contrôler le corps de quelqu’un. La seule chose que nous ayons essayée pour l’instant, c’est de faire porter un casque relié à un ordinateur à des gens, leur montrer des images et voir si elles leur étaient familières en mesurant leurs signaux de reconnaissance. À partir de ces signaux, on peut obtenir des résultats intéressants.

Quel genre de résultats ?
Nous avons demandé aux participants de choisir un code secret à quatre chiffres, puis nous leur avons dit : « Nous allons vous montrer des chiffres. À la fin de l’expérience, nous vous demanderons de rentrer le premier chiffre de votre code secret. » En gros, cet exercice les force à penser au premier numéro de leur code. Quand ils voient les chiffres défiler à l’écran, on observe une activité cérébrale plus importante lorsque le premier numéro de leur code apparaît.

Cette technologie permettrait d’extraire des informations du cerveau d’un individu ?
Nous avons obtenu de bons résultats, mais notre expérience était contrôlée. Les participants étaient assis devant un écran, ils regardaient des images défiler – une situation éloignée de la réalité. Nous réfléchissons à des manières plus subtiles d’effectuer notre expérience, pour que les gens mettent plusieurs heures avant de réaliser qu’ils sont testés.

Ça marche comment ?
Une fois qu’on a analysé un stimulus, on peut le mesurer. C’est comme du profilage d’ordinateur. Quand vous surfez sur Internet, vous recevez des questionnaires qui vous demandent votre âge, votre sexe, votre humeur du moment, vos centres d’intérêt. Nous pouvons le deviner sans questionnaire.

C’est moyen niveau protection de la vie privée, mais comme technique marketing, ça m’a l’air efficace.
Ce n’est pas pour tout de suite, mais je pense qu’on arrivera bientôt à déterminer très facilement des informations comme l’orientation politique ou sexuelle de quelqu’un.