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LE NUMÉRO FICTION 2012

Reviews

Meilleur album : Marcel Proust - Un amour de Swann ; Pire album : J.-K. Huysmans - À rebours

PROUST

HUYSMANS

CHRÉTIEN DE TROYES

MONTAIGNE

Va te faire foutre, Breton. Y’a pas idée de réussir ses 30 premières pages et de faire chier tout le monde avec les 170 autres. 170 pages, c’est long, ça fait les 6/7èmes de ton bouquin et sur une autre échelle, ça fait genre les 6/7èmes d’une vie, ce qui revient – à peu près – à se faire chier 65 ans en tout, soit vraisemblablement le nombre d’années que l’on passe effectivement à se faire chier au cours de l’existence, mais je le sais déjà et ça me mine bien assez. Les livres ça sert à autre chose comme donner envie de se battre, donner envie de ne plus jamais se battre, donner envie de se reproduire, accepter l’idée de mort et emmagasiner assez de connaissances pour être en mesure de générer des thunes et acheter un appartement à la station Maubert-Mutualité. En gros les livres, c’est l’inverse du surréalisme. MINISTÈRE J.A.V.E.R

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Vous pouvez dire ce que vous voulez sur ce militaire sentimental qui a préféré consacrer six mois de sa vie à raconter les déboires de deux aristocrates cyniques plutôt que de contrer les Britanniques qui sévissaient sur l’île d’Aix, mais je ne peux que regretter ces histoires de gourgandines à multiples jupettes qui nous ramènent à une époque où le libertinage ne rimait pas avec borsalino.

JEAN-PAUL SARCE

VICTOR HUGO

Quatrevingt-treize

Bien sûr, si on m’avait dit que 93 était plus ou moins lié à L’Homme qui rit, un autre bouquin de Hugo qui a indirectement fait naître le Joker dans Batman, j’aurais peut-être fait plus d’efforts pour apprécier ce vieux barbu relou auquel je ne me suis jamais fait. J’ai toujours craché sur les grands classiques qu’on nous fait lire au lycée, ma reconnaissance de l’objet littérature ne commençant qu’avec Dostoïevski, que je tolère, le reste étant presque exclusivement américain et démarrant après la seconde guerre mondiale. Je pensais qu’il ne pouvait y avoir de salut avant ça, jusqu’à ce que ma meuf m’ouvre les yeux sur une vérité qui m’était jusque-là étrangère : si ce sont des classiques, c’est bien pour une raison. Fatalement je lui répondais : ouais, parce que ce sont des cons qui écrivent l’histoire culturelle. Cela dit, j’ai été forcé de me rendre à l’évidence quand j’ai découvert que Flaubert défonçait et que Balzac était aussi fielleux que drôle. En revanche, j’espère ne jamais reconnaître quelque qualité que ce soit à Hugo, ou bien je serais obligé de trouver qu’un blaireau comme PPDA a une ambition littéraire légitime. LA CHANSON DE ROLAND GRATOS

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Montaigne, en fait, c’est trop bien, et ça, c’est sans doute le secret le mieux gardé de tous les lycées de France, juste après le lourd fardeau de votre virginité. Les profs de français s’ingénient à faire de lui un donneur de leçons au relativisme inspiré par la découverte de l’Amérique et la lecture de Télérama, mais la vérité c’est que Montaigne passe son temps à être mort de rire, à prétendre connaître un nain manchot natif de Nantes capable de coudre avec les pieds et à se servir de Saint-Augustin pour montrer qu’on serait bien présomptueux de prétendre contrôler notre pensée, nous qui avons déjà tant de mal à contrôler nos pets. À part ça, il croit en Dieu, à la possibilité que les femmes se transforment inopinément en hommes au détour d’une trop grande enjambée, et à la nécessité pour nous de reprendre aux Indiens leur coutume consistant à s’excuser auprès du Soleil quand ils ont été trop lâches au combat. Et si ça suffit pas à vous convaincre, sachez que c’est sans doute le seul magistrat avec lequel j’aurais pas peur de partir en vacances. SLAVOJ ZIZOU

ALBERT CAMUS
La Peste

Plein de bons conseils dans ce livre, notamment « ne pas vivre que dans la peste ». Chapeau bas à ce penseur qui s’est signalé par son renoncement à expliquer le monde. Les Résistants étaient aux jeunes gens des années cinquante et soixante ce que les baby-boomers sont à notre génération : un fléau, et c’est ce que Camus traduit avec justesse dans ce livre. BARBIE D’AUBERVILLIERS

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JOSEPH JOFFO
Un Sac de billes

On devrait pas s’écouter à 13 ans, parce que je me souviens avoir pensé que c’était le meilleur livre que j’avais jamais lu, et j’avais quand même lu des trucs pas mal, type Le Colonel Chabert ou Les Cigares du pharaon. Avec les années et fort de mon bagage culturel acquis essentiellement sur Internet, je peux aujourd’hui affirmer que ce projet de parler de l’enfance dans un contexte historique tel que « la seconde guerre mondiale » ne pouvait conduire qu’au scénario du pire docu-fiction sur « Jean Moulin », « les années Pétain » ou n’importe quel autre angle « années quarante » choisi par les scénaristes de France Télévision pour leur tranche horaire 21h00-22h30. En plus, la symbolique du titre marche pas, on comprend pas la métaphore, l’intrigue va trop vite, y’a pas assez de gens qui se font engueuler et on dirait que tous les personnages sont sapés en Celio. FRANCIS SCOTT FITZGERALD & THE DEAD KENNEDYS

JORIS-KARL HUYSMANS

À Rebours

Excusez-moi de préférer les aubes de millénaire aux fins de siècle, mais il serait vraiment temps qu’il joigne le geste à la parole et en finisse de mourir, ce livre sur la dégénérescence qui renforce depuis cent ans les élèves d’hypokhâgne dans la conviction débile que les mots compliqués sont meilleurs que les autres et que les troubles mentaux ne sont pas mal non plus sans qu’ils comprennent que si le pire personnage de la littérature était vivant il ne les accompagnerait certainement pas à la rétrospective Tim Burton du Champo mais passerait ses nuits à pratiquer l’art de la mixologie dans une bodega confidentielle, coiffé d’un chapeau brun et sans la moindre honte à l’idée que sa collection d’objets bizarres ait simultanément inspiré la carrière de Peter Doherty et marqué la double invention de l’idée de connard et de l’idée de tumblR. MAURICE BARBÈS

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CHRÉTIEN DE TROYES

Yvain le Chevalier au lion

CORNEILLE

Horace

En général, les gens mettent de côté la littérature du Moyen Âge pour des raisons arbitraires telles que « c’est chiant ». On oublie cependant souvent à quel point elle continue d’influencer la jeunesse de France depuis les limbes du Temps. On m’a forcé à lire ce livre en 5ème – c’était la sélection « burnée » de notre prof – et j’ai vite compris que le héros Yvain était en réalité l’incarnation médiévale du punk à chien ultime. Un mec qui se balade de ville en ville avec son putain de lion à la recherche de la meuf qu’il ne tirera jamais pour finalement se friter bourré avec le bohémien du coin contre une dernière chopine d’hydromel. Ce truc est coupable d’avoir transformé mon pote de classe en babos de merde ; à cause de ce troubadour troyen, il joue désormais des « percus » dans les bois périurbains en espérant secrètement le retour salvateur du Che et un emploi en CDD.

LE ROMAN DE CONNARD

On ne parle pas assez de ce sous-genre qu’est la tragédie bro du XVIIe siècle et pourtant, c’est exactement dans cette ligne que s’inscrivent les meilleures pièces de cette époque, dont celle-ci. Honnêtement, on peut difficilement inventer un héros plus viril que ce type qui tue sa propre sœur parce qu’elle ne l’a pas félicité d’avoir pourfendu son petit ami sur un champ de bataille. Bon, même si en vrai c’est plus compliqué que ça, je compte beaucoup sur une future adaptation de Michael Bay en HD avec tellement de pixels qu’on a l’impression de regarder deux télés en même temps.

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PHILIPPE SOUPE-AU-LAIT

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND

Mémoires d'Outre-Tombe

JEAN-PAUL SARTRE

Le Diable et le Bon Dieu

OK, ce mec est un gros emo qui pisse au lit, il n’a pas accompli grand-chose dans sa vie (son seul fait d’armes étant d’avoir déclenché une guerre dont personne se souvient), et il passe son temps à se plaindre, mais on s’en branle parce qu’il a quand même réussi à ne pas se faire trancher la tête par un instrument coupant comme tous les mecs qui possédaient des châteaux à la même époque. Puis, il a prédit le futur. Et enfin, il a aussi défini le concept d’être français pour les cinq prochains millénaires : être bien sapé tout le temps, râler tout le temps, et se foutre de la gueule du bourgeois tout le temps. François-René est l’anti-bro par excellence et la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas notre nationalité nous détestent.

MORBAC MC CARTHY

Il y a des trucs qui me font ramasser, comme le mot « paradoxe », les affirmations type « je n’ai jamais été aussi libre que quand j’étais en prison » et les livres comme

Le Diable et le Bon Dieu

qui me rappellent à chaque page qu’il ne faut jamais faire confiance à un myope.

LE ZÉRO ET L’INFINI

HONORÉ DE BALZAC

Eugénie Grandet

J’ai longtemps considéré

Eugénie Grandet

comme la torture la plus perverse qui ait été élaborée sur le territoire français. À tel point qu’après en avoir lu une dizaine de pages quand j’étais en cinquième, j’étais prêt à reconnaître le rôle que j’avais joué dans les attentats du 11-Septembre, qui ne devaient pourtant avoir lieu que quatre ans et demi plus tard – j’ai par la suite revu mon jugement après avoir travaillé tout l’hiver dans un bar qui ne diffusait que du reggae de blancs venus me prévenir que « L’Afrique n’est pas une pompe à fric ». L’écoute de l’intégrale de Danakil plus d’une centaine de fois m’a permis d’avoir assez de recul pour changer

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Eugénie Grandet

de place dans ma bibliothèque mentale. Je l’enlève de la caisse « pour allumer un barbecue » et le range à la place qui lui revient de droit entre

Madame Bovary

et

La Légende des siècles

sur l’étagère des grands classiques les plus chiants jamais écrits.

CECILE DU FLOW

MARCEL PROUST
Un Amour de Swann

Je ne sais pas si je parviendrai un jour à tirer toutes les leçons de ce livre qui laisse entendre que quoi qu’on sache sur Giotto, les sonates et l’illusion cratyléenne, on finit toujours par se faire voler trois ans de sa vie par une rate nulle qui s’avère être la mère d’Étienne de Crécy, mais j’ai aucun doute sur ma capacité à lui être reconnaissant jusqu’à la fin de mes jours pour m’avoir ouvert les yeux sur les bienfaits du thé, les faillites humaines du cœur et les pouvoirs rédempteurs des propositions subordonnées. LE MASQUE ET CE PIPE

GUY DE MAUPASSANT

Bel-Ami

C’est l’histoire d’un arriviste qui a réussi. C’est nul. TARIK MAGRET

CHARLES BAUDELAIRE

Les Fleurs du Mal

Je me contenterai de reprendre l’excellente théorie de mon confrère Charles Moreass pour qui ce livre serait la première manifestation shoegaze de l’histoire, thèse prouvant une nouvelle fois que le génie français se situerait à la source de tout élément cool. Si l’histoire nous avait donné raison, Les Inrocks et le reste des journalistes « rock » parleraient aujourd’hui de « spleen-pop » ce qui serait tout aussi pourri, certes, mais le monde serait un peu moins anglais, donc forcément un peu meilleur. HENRI MICHTO

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ALAIN-FOURNIER

Le Grand Meaulnes

Drag City

Dans un monde idéal comme celui que nos parents pensaient voir naître en mai 1981, proclamer publiquement son amour pour

Le Grand Meaulnes

aurait fait de nous des Stakhanov de l’amitié. Une armée de Cœurs Purs baptisée Les Garçons Sensibles qui parcourrait les territoires ruraux en quête d’aventures dominicales. Une référence absolue qui en aurait révélé beaucoup plus sur la personnalité de son auteur qu’un tumblR abandonné après trois posts (une photo de Maria Sabina, le dernier clip des Growlers et un scan de passeport aux pages remplies de tampons illisibles). Dans la vraie vie, la plupart du temps, cette référence craint. Le monde est injuste petit, et c’est très bien comme ça.

GEORGE W BROUSSE

JOACHIM DU BELLAY

Les Antiquités de Rome, Les Regrets

Avant de donner son nom à l’ensemble des établissements scolaires de la région d’Angers, Joachim du Bellay a consumé le meilleur de son âge à s’emmerder à Rome au service d’un cardinal qui se trouvait également être son oncle, et à y baigner dans des intrigues nulles impliquant des prêtres, quelques coteaux et aucune rate. Du coup, pendant que son pote Ronsard étrennait sa gloire à la cour du Roi en menaçant des fleurs paresseuses et probablement mineures de leur baiser le tétin, Du Bellay écrivait des petits sonnets mélancoliques à la gloire de l’ardoise, sans tirer autre fruit de son ingrat ouvrage que de voir les muses et la Bérécynthienne monter dans un char et s’enfuir. Heureusement, tout ce petit monde a fini par se réconcilier autour d’une assiette d’olives, et on célèbre aujourd’hui comme il se doit le pétrarquisme exténué de celui qui fut sans doute la première ramasse sensible et tourmentée de l’histoire de France. FESTIF DE LA BRETONNE

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STENDHAL

La Chartreuse de Parme

Boouhouh, les Italiens parlent fort ! Ils trichent tout le temps ! Ils portent des chemises cintrées ! Silence ! Qui êtes-vous, des protestants ? C’est très bien, l’Italie. D’après ce livre, c’est un pays où les personnages passent leur temps à avoir des sentiments, partir à l’aventure, rater leur aventure, avoir envie de piner, échafauder des plans pour piner, être jetés en prison, échafauder des plans pour s’évader, préférer piner la fille du geôlier, se lancer dans des courses poursuites sur des grands lacs et mourir à la fin. Or je crois à tout ce que dit ce livre, y compris à la compatibilité de l’euphorie et du dépouillement, parce qu’il se trouve que c’est le seul livre qui réveille en moi le souvenir physique d’événements comme le premier jour des vacances d’été, la finale de la Coupe du monde de 98, voir la mer et avoir une révélation, et que c’est le meilleur roman du monde. HONORÉ DE BALLZY

MARGUERITE DURAS

Moderato Cantabile

C’est l’histoire d’une professeure de piano, d’une famille de petits-bourgeois de province et d’un mec qui vient perturber cet équilibre pour donner nais- sance à un récit ultra plat, long, français, où il se passe tellement peu de choses qu’il me serait difficile de vous résumer le ressort narratif de ce bouquin certifié Éducation Nationale, et pour cause, puisque je l’ai oublié. Je me souviens d’une ambiance en fait, de moi allongé sur mon lit une place côté fenêtre, devant mon poster géant Taxi 2, en train de prendre conscience de mon profond ennui et de mesurer pleinement le plaisir procuré par cette douce vague de relou sur le point de me submerger. Merci à cette rate à gueule cassée de m’avoir fait découvrir cette sensation adulte qu’on ne retrouve que dans le café et les compartiments iDZen des TGV Paris-Bordeaux. BOUILLON DE SUTURES

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EUGÈNE IONESCO

Rhinocéros

En ces temps troublés où le sort de notre monde vacille entre « les socialos et les fachos », quoi de plus normal que de combattre l’extrémisme avec l’un des meilleurs exemples du théâtre de lycée ? Plus jeune, je me prenais moi-même pour le Bérenger de ma classe en essayant de repérer mes camarades atteints de « rhinocérite » de la connerie. Vous disposez donc de deux options pour repérer les Rouges et/ou les Fafs qui se cachent parmi vos voisins : lire ce foutu bouquin ou faire comme nous et vous envoyer une 8.6 avec les rebelles identitaires qui se regroupent tous les soirs pour écouter du Vae Victis dans les bas-fonds du XVe arrondissement. Le livre étant un bon moyen d’éviter de se faire péter la gueule. L’EMPEREUR HADRIEN

ALFRED JARRY

Ubu Roi

Quand j’avais 6 ans avec ma sœur on a lancé notre premier magazine, Irresponsable, « le journal qui n’a rien à dire et qui le fait savoir », et si vous m’aviez dit alors que je pouvais bâtir sur cette blague un mouvement littéraire entier dont la plus grande réussite comique consisterait à convaincre son monde qu’une punchline comme « De par ma chandelle verte ! Oh, oh, oh ! Foutre ! » formait le chaînon manquant de la déconne entre la satire à pets de Rabelais et la satire à pets de South Park eh bien déjà je vous aurais fixé en silence, car j’étais un enfant laconique, puis j’aurais ressenti un vide immense, traversé une décennie de dépression, développé un trouble alimentaire et monté un groupe de rock expérimental. ALAIN ROBBE-ZOMBIE

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BORIS VIAN

L'Écume des Jours

En 3ème, ma prof de français avait bien compris que j’avais quelques problèmes d’adaptation avec le programme en vigueur. Constatant que je n’étais pas un parfait demeuré, elle a eu la bonne idée de me coller des cours de soutien durant lesquels je pourrais m’exprimer un peu plus librement, en commençant par me faire lire (ainsi qu’aux quelques malheureux qu’elle avait pris sous son aile) le livre de mon choix. Putain, je pouvais enfin m’échapper de Flaubert, Hugo et Balzac, l’infernal trio, sauf que ne lisant que des BD et Stephen King, je ne me voyais pas rapporter le dernier numéro de Spider-Man en classe. Ma mère m’a donc conseillé L’Écume des jours. Je n’avais jamais rien lu d’aussi beau, en plus le livre m’a permis de croiser le nom de Jean-Paul Sartre et d’ouvrir ma conscience à certains paysages charmants et mystérieux de ce bon vieux patrimoine français que je méprisais tant. Je n’ai jamais osé relire le livre, d’autant que depuis j’ai appris à haïr l’esprit germanopratin dont le bouquin est issu. Mais je garde précieusement dans mon cœur son titre et les souvenirs qu’il m’évoque en essayant de mettre de côté le fait qu’à un moment ou un autre, Vian a bien dû partouzer avec Georges Brassens. VICTOR THUGGO

JEAN ANOUILH
Antigone

Il y a deux lectures possibles de cette histoire, la première est celle que nous vantaient tous les enseignants du secondaire, à savoir le récit de la noble tâche qu’une fille entreprend pour ne pas laisser le cadavre de son frère en proie aux charognards et à la décomposition publique. La deuxième, c’est celle qu’on a tous compris depuis qu’on est en âge d’acheter des meubles : les aventures larmoyantes d’une miarde qui pigne sur 122 pages. DEUS EX MAKEENA

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JULES VERNE
Les Indes noires

Une prof de français de cinquième avait trouvé de bon ton de nous faire lire

Les Indes Noire

s en se disant probablement qu’on était fans de

Voyage au centre de la Terre

et

Vingt Mille Lieues sous les mers

puisque notre génération bercée par

Star Wars

et les dessins animés japonais ne jurait que par le refuge possible dans des mondes débridés et imaginaires. J’adorerais reconnaître que Jules Verne défonce, mais ses bouquins ne tiennent pas la route aujourd’hui, et il y a plus de 20 ans, Stephen King existait déjà, ce qui rendait un peu ternes les aventures du capitaine Nemo. Et rendait encore plus caduque la réflexion de cette prof de français qui voulait nous réconcilier avec le fantastique social dont personne ne se souciait réellement. Le truc que je dois reconnaître à Verne, c’est qu’il titrait ses chapitres, comme ça se faisait à l’époque du feuilleton, et pour ça, les cancres comme moi doivent le remercier. En effet, j’ai lu les titres des chapitres, en ai tiré une histoire et rempli ainsi ma fiche de lecture qui m’a rapporté un 17/20.

H.P. LOVECRADE