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LE NUMÉRO PERSISTANCE RÉTINIENNE

St Ex puis café pompier

L’autre jour, je m’amusais à compter le nombre de groupes dans lesquels avaient joué Julien et Gaëtan d’Adam Kesher. Ils ont été dans un groupe de hardcore non straight edge, un groupe de pop pour filles, une parodie adolescente de The Cure, une...

Photo : Maciek Pozoga

L’autre jour, je m’amusais à compter le nombre de groupes dans lesquels avaient joué Julien et Gaëtan d’Adam Kesher. Ils ont été dans un groupe de hardcore non straight edge, un groupe de pop pour filles, une parodie adolescente de The Cure, une formation rap boiteuse influencée par Techno Animal, un autre groupe de pop pour filles qui est devenu leur métier officiel, et, dernièrement, un groupe d’afro-pop assez génial – A Fight For Love. Je suis sûr d’en avoir oublié. Là, ils viennent de monter Beat Mark, et ils font des morceaux à la My Bloody Valentine en punk. C’est hyper bien. Vice : Pourquoi vous avez refait un groupe avec exactement les mêmes membres que les trois précédents ?
Julien : Ça vient surtout du fait qu’on ne connaît pas beaucoup de musiciens sur Paris et qu’on aime jouer ensemble, Gaëtan et moi. C’est la même chose pour Yann, c’est le seul batteur qu’on fréquente.
Karin : Demande ça à Sylvain, je suis sûre qu’il va bien le prendre.
Julien : Ouais, on a Karin et Sylvain en plus dans le groupe, c’est quand même un peu différent. Comment t’es entrée dans le groupe, Karin ?
Karin : Comme je suis une chanteuse célèbre, j’avais déjà reçu pas mal de propositions de la part du groupe. Et comme j’ai trouvé que c’était une bande de gens talentueux, je me suis jointe à eux. Et ça n’a rien à voir avec ta relation privilégiée avec Julien, par exemple ?
Karin : Non, absolument pas. Je suis juste là parce que je sais chanter et jouer du clavier. Je chante avec Julien. Avec Julien. Il n’y a aucune relation.
Karin : Aucune.
Julien : Le truc, c’est que dans la plupart des groupes qu’on aime, il y a toujours une meuf qui chante. Qu’il s’agisse de Beat Happening, des Pixies, des Pastels ou des Vaselines, le rapport entre la voix du mec et celle de la fille fonctionne hyper bien. Et on s’est dit que ce serait cool de faire la même chose. C’est quoi la différence fondamentale par rapport à Kesher ?
Julien : Si tu veux, Beat Mark c’est un peu notre groupe revival. Et comme on est plutôt jeunes, ce qu’on connaît, c’est les années 1990. Alors que la musique qu’on joue avec Adam Kesher, ça reste un truc beaucoup plus « dans le temps ». Mais finalement, tous ces groupes dont vous faites le revival, ce sont plutôt des groupes que vous avez découverts récemment, non ?
Julien : Ouais, c’est vrai que si on devait faire un groupe influencé par ce qu’on écoutait vraiment dans les années 1990, ce serait un mélange entre Harry Connick, Korn et Rage Against The Machine. Mais bon, si on part du principe qu’on aimait aussi Nirvana, Mudhoney ou même les Pixies, c’est pas non plus entièrement malhonnête. Mais d’où vient cette envie de vouloir monter un nouveau groupe à chaque fois que vous changez de style musical ?
Karin : Bah Beat Mark, c’est plus un défouloir qu’autre chose.
Gaëtan : Je pense que quand t’as un groupe, tu dois obéir à une sorte de ligne de ­conduite, garder une certaine cohérence dans ta musique. Sauf que cette cohérence n’a pas forcément à voir avec les groupes que tu écoutes et la musique que t’as envie de jouer. Au lieu de faire une musique qui serait super disparate, on préfère se concentrer à chaque fois sur un domaine particulier.
Julien : Et quelque part, j’étais hyper jaloux de mes potes qui ont des groupes de garage, qui font de la musique simple et qui du coup jouent tout le temps. Là, on a fait dix morceaux en trois répèt’, et c’est cool, quoi.
Yann : Tu peux partir au Portugal n’im­porte quand.
Julien : Deux, trois coups de fil pour booker deux concerts et c’est réglé. St Ex puis Café Pompier, direct. JULIEN MORE