Le monde détruit par un tsunami d’étrons. Illustration : Mimi LeungUne forêt d’antennes radio haute fréquence peuple les terres en friche de Gokona, en Alaska. Le gouvernement américain déclare y faire des recherches sur les plus hautes strates de l’atmosphère, mais le Dr Nick Begich – un professeur du coin très respecté – le suspecte de motivations plus sombres. Pour lui et plusieurs autres scientifiques, la station va devenir une gigantesque arme capable de contrôler le temps, de provoquer des séismes et de rendre les gens dingues via des ondes basse fréquence qui rebondissent sur le ciel. Sa théorie nous semblait complètement tirée par les cheveux, alors on l’a rencontré.
Vice : Alors, Dr Begich, c’est quoi HAARP ?Dr Begich : C’est le Programme de recherches aurorales sur la haute fréquence active. Le plus puissant chauffage ionosphérique jamais construit. L’Institut alaskien de géophysique et ses sponsors, l’US Navy et l’US Air Force, déclarent qu’il s’agit juste de recherches sur les « aurores polaires et les radiocommunications », mais c’est bien plus que ça. HAARP est bien une expérience militaire visant à faire rayonner l’énergie du sol vers l’ionosphère pour la manipuler.
Vice : Et ça consiste en quoi ?
HAARP tente de réchauffer une partie de l’ionosphère, au-dessus d’une zone précise du globe, pour créer un gigantesque miroir invisible qui réfléchira les radiations électromagnétiques sur la surface de la Terre. L’armée américaine veut s’en servir pour communiquer avec ses sous-marins immergés, en pénétrant les océans avec des radiations à très basse fréquence. Elle pourrait également les utiliser pour fouiller dans le sol à la recherche de tunnels cachés ou de bunkers.
Vice : Ah ouais, comme une espèce de vision à rayons X ? Hyperbien. À quoi pourront aboutir des projets du style de HAARP dans les années à venir ?
À faire frire les satellites ennemis, par exemple. Les militaires américains pourront utiliser HAARP pour brouiller les communications sur une grande surface du globe, peut-être même modifier les conditions météo, influer sur le mental des hommes et avoir un impact sur la santé humaine et d’autres systèmes biologiques.
Vice : C’est un peu flippant – bien que je ne me sente toujours pas concerné.
Eh bien, certains scientifiques ont exprimé des craintes quant à la possible utilisation de cet outil pour déclencher des événements géophysiques, comme des tremblements de terre, des phénomènes météo violents, ou pour affecter l’état émotionnel des gens. Les chauffages ionosphériques utilisés comme instruments de recherche n’ont rien de nouveau ; il y en a déjà eu à Porto Rico, dans l’ex-Union Soviétique, à Tromso en Norvège et même sur un autre site alaskien, pendant un certain temps. Mais ce qui est testé en Alaska sauvage est complètement nouveau. Cet outil peut concentrer et orienter l’énergie des radiofréquences vers le haut. Il est capable de frapper l’ionosphère avec un impact bien plus grand que les versions précédentes de l’appareil.
Vice : Mais pourquoi pensez-vous que le Gouvernement ment ? Pourquoi offrirait-il des visites guidées de HAARP si c’était un rayon mortel top secret ?
C’est un prototype en développement, avec de nombreuses applications scientifiques. En tant qu’instrument de recherche, il offre de grandes possibilités. Mais il a principalement été construit à des fins militaires. Nous acceptons ces objectifs, mais nous nous posons des questions quant aux risques. Et en particulier aux effets secondaires, connus ou non par le programme, dans les domaines de la santé publique et de l’environnement. L’armée ne dépense pas d’argent dans des secteurs qui ne touchent pas à la technologie militaire. C’est donc bien une arme. Nous en avons présenté la preuve lors d’une audience publique au Parlement européen en 1998, à titre de témoins et d’invités. Il en est résulté la résolution A4-0005/99 passée le 28 janvier 1999, qui reflète la préoccupation à ce sujet.
Vice : Donc ce n’est pas une théorie de la conspiration foireuse ? Je pensais que si, parce que j’ai trouvé de la publicité pour votre livre sur le site d’un mec qui déclarait que les Twin Towers avaient été secrètement piratées.
Non, c’est un fait. Nos craintes sont précisément fondées sur les documents militaires dont nous disposons. Nous les avons également exposées à des parlementaires russes, lors de la 12e assemblée générale du GLOBE à Bruxelles. Leurs propres scientifiques ont confirmé nos inquiétudes, et ils ont adopté des résolutions en août 2007 contre HAARP. C’est flippant.
BRUNO BAILEY haarp.alaska.edu
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