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Burundi

Les deux journalistes du journal Le Monde retenus au Burundi ont été libérés

Ce vendredi matin, le quotidien français Le Monde, publie un appel à la libération immédiate de deux de ses envoyés spéciaux retenus au Burundi.
29.1.16
Image via Le Monde

Mise à jour 29/01 à 17h15 : Ce vendredi après-midi, Le Monde a annoncé que son correspondant en Afrique, Jean-Philippe Rémy, et le photographe britannique Philip Moore avaient été libérés après avoir été retenus par les services de sécurité du Burundi pendant près de 24 heures.

— Le Monde Live (@lemondelive)January 29, 2016

L'équipe du Monde précise par ailleurs que ses deux journalistes avaient été transférés devant un procureur de Bujumbura (capitale du Burundi) aux alentours de 14h00. Peu de temps avant, ils avaient reçu la visite de l'ambassadeur de France dans les locaux des services de renseignement burundais.

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Ce vendredi matin, le quotidien français Le Monde, publie un appel à la libération immédiate de deux de ses envoyés spéciaux retenus au Burundi. Un article signé de la main du directeur du Monde, Jérôme Fenoglio.

Le texte explique que la rédaction basée à Paris a appris ce jeudi soir l'arrestation de deux journalistes. Jean-Philippe Rémy, 49 ans, est le chef du bureau « Afrique » du Monde. Il couvre depuis plusieurs mois la crise politique au Burundi. L'autre journaliste arrêté est un Britannique de 34 ans, le photographe Philip Edward Moore. Tous deux étaient les envoyés spéciaux du journal dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Le journal Le Monde est un quotidien de référence qui date de décembre 1944, tiré à plus de 400 000 exemplaires et décliné en plusieurs formats, notamment son site internet et une édition consacrée à l'actualité sur le continent africain.

« Le Monde » demande la libération de ses deux envoyés spéciaux arrêtés au Burundi — Jérôme Fenoglio (@JeroFeno)29 Janvier 2016

D'après les informations dont dispose le journal, les deux hommes ont été arrêtés dans l'après-midi de jeudi dans un quartier de la capitale du pays, Bujumbura, lors d'une rencontre avec des opposants au régime.

Plus tard dans la soirée, Willy Nyamitwe, un responsable de la communication de la présidence, a confirmé ces informations, en identifiant également le quartier où aurait eu lieu l'arrestation qui a visé en tout 17 personnes et lors de laquelle des armes auraient été saisies.

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17 pers arrêtées à — Willy Nyamitwe (@willynyamitwe)28 Janvier 2016

Le journal français souligne que les deux journalistes sont entrés légalement dans le pays mi-janvier, avec des visas leur permettant de travailler. Ils « ne faisaient qu'exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi».

Dix ans après la fin de la guerre civile, la crainte que des violences d'une envergure semblable frappent à nouveau le Burundi se fait de plus en plus grande, depuis près d'un an. L'inquiétude est encore montée d'un cran le mois dernier quand au moins 80 personnes ont été tuées en l'espace de quelques jours. Le matin du 11 décembre, des hommes armés ont attaqué trois bases militaires dans la capitale Bujumbura et ses environs. Suite à cette triple attaque, les forces de sécurité burundaises ont pénétré dans des quartiers connus pour être des fiefs de l'opposition. D'après des enquêteurs de la Fédération internationale des Droits de l'Homme, plus de 150 civils ont été tués — et presque autant ont disparu.

C'est la décision du président Pierre Nkurunziza en avril dernier de briguer un troisième mandat contesté qui a relancé les violences. Des hommes politiques et militants de l'opposition, citant la constitution burundaise, ont déclaré que le président était limité à deux mandats et ont pris la décision de manifester leur désaccord. Nkurunziza, ancien leader de la plus grande force rebelle Hutu du pays lors de la guerre civile qui a pris fin en 2005, estimait de son côté être dans son droit parce qu'il avait été nommé (et non élu) lors de son premier mandat. Malgré la controverse, les autorités du pays lui ont donné raison et il a été réélu en juillet.

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Depuis avril dernier, l'ONU estime qu'au moins 400 personnes ont été tuées — dont la moitié au cours des deux derniers mois.

À lire : Un mémo confidentiel révèle que l'ONU n'a pas de plan pour prévenir un possible génocide au Burundi


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Image via Le Monde