Weed

« 420 » : la véritable histoire du nombre préféré des fumeurs de weed

Le code de ralliement des fumeurs de weed est fêté en fumée aux USA ce 20 avril, une date autrement écrite « 4.20 ».

par Chris Connolly
20 Avril 2015, 4:45pm

Photo par Reuters

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Il y a bien plus de mythes et légendes que de faits qui expliquent le choix de ce nombre de 420 et son pendant dans le calendrier, la date du 20 avril, prétexte pour s'enfumer des poumons au cerveau dans plusieurs pays du monde, notamment aux États Unis.

Si les origines de la date sont floues, ce qu'il se passe ce jour-là est en revanche très net : un paquet de gens va se retrouver complètement défoncé.

Fumer de l'herbe le jour du 20 avril (autrement écrit le 4.20) de préférence à 4h20, ou 16h20 dans d'autres pays à base 24, est devenu une sorte d'Oktoberfest mais pour la marijuana. Un jour de célébration dédié à la consommation de cette substance.

Mais pourquoi cette date a été retenue plus que d'autres pour faire tourner sur toute la planète ? D'où vient cette tradition ? Et surtout, comment la communauté des foncedés a pu retenir un nombre suffisamment longtemps pour que cela devienne une tradition ?

L'origine du 420 a été minutieusement discutée depuis plusieurs années.

Le Huffington Post, le Los Angeles Times, High Times, ont tous mis leurs départements de fact-checking sur le coup. Il en ressort que la tradition est née en 1971 avec un groupe d'adolescents connus sous le nom des Waldos, qui ont grandi dans le Marin County, en Calfiornie. Ils ont été appelés les Waldos parce qu'ils aimaient traîner appuyés sur un mur, un « wall », pas loin de la San Rafael High School.

Les Waldos comptaient dans leurs rangs Mark Gravitch, Dave Reddix and Steve Capper. Ils ont d'abord essayé de protéger leur identité, pour préserver leurs vies futures d'adultes responsables.

Ils s'appelaient les uns les autres sur le même mode que celui des Ramones : Waldo Dave, Waldo Steve and Waldo Mark. Aujourd'hui ils assument leur rôle fondateur dans l'histoire de la weed.

Ils ont levé un drapeau 420 datant des années 1970 et on produit des lettres timbrées de la même époque, en guise de preuve. On y lit le fameux nombre utilisé comme code pour désigner la marijuana.

Pourquoi les Waldos sont-ils sortis de l'ombre pour réclamer la paternité du terme ? Parce que les rumeurs autour des origines de celui-ci ont fait écran de fumée, aussi épais que celui de la plus grasse des hydroponiques.

Par exemple, une liste des fausses origines les plus absurdes du 420 :

  • 420 n'est pas l'identifiant de la police pour signaler des infractions à la législation des produits stupéfiants.
  • 420 ne désigne pas le nombre de principes actifs dans la marijuana. (C'est 315.)
  • 420 est bien une manière de désigner la date d'anniversaire d'Adolf Hitler, mais la tradition ne vient pas de là.
  • 420 est le résultat de la multiplication de 12 par 35. Les nombres que l'on trouve dans la chanson de Bob Dylan « Rainy Day Woman no. 12 and no. 35. » Cette chanson contient bien les paroles « tout le monde doit se défoncer ». Mais encore une fois, ce n'est pas pour ça que 420 est le chiffre préféré des fumeurs de weed.

La véritable raison c'est que les cinq Waldos des débuts se retrouvaient à 4h20 de l'après-midi chaque jour pour partir à la recherche d'une mythique et légendaire plantation de weed abandonnée non loin de la caserne des gardes-côtes de Point Reyes.

D'après les Waldos, en 1971, ils ressemblaient au parfait cliché du lycéen californien fumeur d'herbe. Ils avaient entendu une histoire selon laquelle un type des gardes-côtes avait été obligé d'abandonner sa plantation de marijuana à Point Reyes. Les Waldos décident alors de partir en quête du champ fabuleux.

Ils s'étaient mis d'accord. Tout le monde se retrouvait sous la statue du microbiologiste français Louis Pasteur, à 4h20 de l'après-midi. Avant de partir dans les environs sauvages de Point Reyes ils fumaient un joint ou deux.

Ils ont cherché pendant des semaines. Ils n'ont rien trouvé. Rien qui s'approchait d'un champ plein de plants n'attendant que d'être fauchés et fumés. Mais ils en ont tiré au moins un code qui leur permettrait d'évoquer leur penchant pour l'herbe sans se faire cramer par leurs parents ou leurs enseignants.

Le terme 420 aurait dû mourir dans la région avec la fin des Waldo. Sauf que le grand frère de Waldo Dave était un pote de Phil Lesh, le bassiste des Grateful Dead.

Les Waldo étaient le « patient zero » du 420, Lesh et les Grateful Dead en ont été le vecteur. Ils ont repris le terme et l'ont gardé avec eux pendant 35 années de tournées à travers la planète, pendant lesquelles ils ont fumé des joints, popularisant l'utilisation du terme 420 lorsque l'on parle de weed.

Une fois dans les mains de la communauté fantasque et subversive des fumeurs de joints — qui a toujours adoré le jargon foisonnant attaché à son amour de l'herbe — le 420 a fait son chemin dans plein d'endroits rigolos.

Toutes les horloges du film Pulp Fiction indiquent 4 heures et 20 minutes, il y a une loi 420 qui codifie l'usage de la weed en Californie. Le bornage kilométrique 420 sur une route de Denver a été volé tellement de fois, qu'ils l'ont changé pour un panneau moins habituel qui mentionne « 419,99 ». Internet a également fait exploser la popularité du terme.

Aujourd'hui, lorsque vous cherchez un coloc qui est partant pour fumer ou pour vous laisser fumer, vous pouvez indiquer que vous recherchez quelqu'un de « 420-compatible ». Le terme est aujourd'hui partout, mais la plantation de Point Reyes reste introuvable.