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Crime

Après Boko Haram : la menace d’une grave crise sanitaire

Des travailleurs humanitaires sont entrés pour la première fois dans certaines régions au Nigeria qui ont été aux mains du groupe terroriste. Ils ont découvert près d’un million de personnes vivant dans des conditions désespérées.

par Kayla Ruble
25 Août 2016, 1:15pm

Le camp de réfugiés de Mararaba Madagali, État d'Adamawa (Reuters/Stringer)

L'armée du Nigeria s'est efforcée l'année dernière de chasser les membres de Boko Haram de larges zones au nord est du pays. Cela a poussé les combattants hors de leurs camps et de leurs bastions. Mais nous commençons seulement à nous rendre compte de ce qu'ils ont laissé derrière eux : une crise sanitaire grave et presque un million de personnes de plus que prévu. Elles font face à des conditions de vie terribles.

Pour la première fois, des organisations humanitaires sont entrées dans des régions de l'État de Borno, au Nigeria, qui ont été aux mains de Boko Haram pendant des années. Elles ont ensuite été prises sous le feu croisé des militants du groupe et de l'armée.

Les associations ont découvert un phénomène de malnutrition massive, des épidémies inquiétantes et un cauchemar logistique.

Ces récentes visites ont été rendues possibles par des escortes militaires. Sur place, on a constaté que plus de la moitié de l'ensemble des installations médicales n'était pas fonctionnelle. Même les centres de santé toujours opérationnels sont en sous-effectif et à court de matériel. Au moins 800 000 personnes dans ces zones ont des problèmes de santé urgents. Ils s'ajoutent aux 7 millions de personnes dans la région du nord est ayant déjà besoin d'une aide d'urgence, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Craintes pour la saison des pluies

Quinze pour cent des personnes dans les régions nouvellement libérées de Boko Haram souffrent de malnutrition aiguë, a déclaré l'organisation. La semaine dernière, des experts ont confirmé de nouveaux cas de polio dans la région. Des cas de rougeole ont aussi été identifiés. L'OMS mène déjà une campagne de vaccination contre ces deux maladies.

« Croyez-moi, c'est très, très difficile », a déclaré mardi le Dr Richard Brennan, directeur des opérations d'urgence pour l'agence de santé de l'ONU.

Les dernières révélations ont poussé l'OMS à annoncer qu'elle intensifie son intervention d'urgence, dans l'un des endroits les plus compliqués au monde pour ce qui est de l'aide humanitaire. Une équipe d'intervention d'urgence est en chemin pour le Nigeria pour apporter son aide, alors que l'agence de santé travaille avec d'autres organisations pour réduire la mortalité et améliorer les soins médicaux.

Avec la saison des pluies qui approche, l'attention va aussi se porter sur l'installation d'abris et l'acheminement de provisions. Brennan a expliqué que l'on attend de graves inondations cette saison.


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