environnement

Des ex-ministres de l’environnement rappellent l’urgence d’une loi sur le climat à François Legault

Ils sonnent l’alarme dans une déclaration envoyée aujourd’hui au premier ministre.
04 février 2019, 10:38pm
Des ex-ministres de l’environnement rappellent l’urgence d’une loi sur le climat à François Legault
Photo par Simson Petrol via Unsplash

Six anciens ministres de l’environnement, Clifford Lincoln, Lise Bacon, Paul Bégin, Thomas J. Mulcair, Daniel Breton et Isabelle Melançon, ont transmis ce lundi une déclaration au premier ministre François Legault. Ils réclament l’adoption d’un projet de loi qui vise à assurer le respect des engagements climatiques du Québec, et exhortent le gouvernement à prendre des mesures rapides. La loi obligerait notamment le Québec à maintenir une réduction de 20% de ses émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990 dès 2020 et à être transparent sur les émissions de gaz à effet de serre de la province.

L'avocat Michel Bélanger est à l’origine de cette initiative, il a coécrit le projet de loi avec Mario Denis, avocat-légiste retraité, à la demande du Pacte, et travaille en droit de l’environnement depuis 30 ans. « Les problèmes d’inondation, les incendies, et même certains problèmes de santé sont causés par des raisons environnementales, dit-il. On nous l'annonçait depuis longtemps, mais la vitesse du phénomène m’inquiète vraiment. Beaucoup de personnes parlent des générations futures quand ils parlent de réchauffement climatique, mais c’est bien notre génération qui va vivre ça. Les assurances vont augmenter, les gens vont demander au gouvernement de les dédommager parce qu’ils sont inondés à répétition, ou qu’ils sont victimes de feux de forêt. Il faut commencer maintenant. »

Ce que les signataires et les auteurs souhaitent avec ce projet de loi, c’est que le gouvernement parvienne à anticiper les conséquences du réchauffement climatique et à se préparer avant qu’il ne soit trop tard. Michel Bélanger estime qu’un des points les plus importants est d’éduquer la population.

« On va tous partager les effets de la catastrophe, on n’a pas le choix. Il faudrait aussi tous que l’on partage la difficulté du virage que l’on va prendre, et les choix douloureux et délicats auxquels on va faire face. Si on ne prépare pas les gens, si il n’y a pas de pédagogie et un courage politique, nous ne serons pas prêts ».

Pour Michel Bélanger, si l’on attend trop, l’état d’urgence dans lequel nous serons prochainement ne permettra plus d’adopter des stratégies optimales et qui seraient le moins coûteuses possible.

« Ça fait 30 ans que je fais du droit de l’environnement, dit-il, ce qui m’interpelle beaucoup, c’est que je n’ai jamais vu une mise en garde aussi généralisée, sérieuse et urgente que celle qui a été rendue il y a six mois par les experts qui nous ont dit “Il nous reste deux ans ”. Il nous reste seulement deux ans pour vraiment amorcer un sérieux virage. »

Chacun d’entre nous doit faire des efforts au quotidien dès aujourd’hui, avant qu’il ne soit trop tard, explique Michel Bélanger. « Je sais que c’est dur, je le vis aussi dans ma vie. Mais chaque effort compte: laisser tomber une auto, ne pas trop voyager en avion... Personnellement, je veux pouvoir dire “oui, je le savais, et oui j’ai essayé de faire ce que je pouvais”. »

Pour plus d'articles comme celui-ci, inscrivez-vous à notre infolettre.

François Legault n’a pas encore répondu à la lettre des ex-ministres. Le premier ministre avait rencontré en novembre dernier Dominic Champagne, l’instigateur du “Pacte pour la transition” qui s'était dit confiant que François Legault donnerait suite à ses préoccupations concernant les changements climatiques. Le Pacte a récolté à ce jour plus de 260 000 signatures.