Photo : Maria Gruzdeva

Dans les écoles militaires de Russie et les campagnes oubliées d'Angleterre

La photographe Maria Gruzdeva discute avec Mark Power, son idole de toujours.

|
26 septembre 2017, 5:00am

Photo : Maria Gruzdeva

Pour notre numéro Photo annuel, on a contacté des jeunes photographes talentueux afin de savoir quelle personne les avait inspirés à poursuivre dans cette voie. On a ensuite approché leurs « idoles » afin de les convaincre de publier également leurs portfolios dans nos pages. Les lignes suivantes présentent le travail de Maria Gruzdeva et de son maître, Mark Power, ainsi qu'un entretien entre les deux artistes.

En 2015, Maria Gruzdeva a commencé à prendre des photos dans deux écoles – une école militaire située dans sa Moscou natale, et une école de la marine du côté de la mer Noire à Sébastopol. En Russie, les académies militaires existent depuis l'époque pré-soviétique – mais sous leur forme moderne, elles datent de la Seconde Guerre mondiale, où on les destinait aux orphelins et aux enfants d'officiers de l'Armée rouge. Aujourd'hui, si les enfants de militaires demeurent la majorité, on trouve également des étudiants de familles civiles dans ces institutions. Ces écoles, où étudier est considéré comme un privilège, forment des élèves qui se destinent aux forces armées. Ces images sont tirées de sa série en cours, qui explore l'idéalisme et le romantisme qui baignent ces lieux.

Photo : Maria Gruzdeva
Photo : Mark Power/Magnum Photos

Lors d'un pique-nique en 2003, le photographe Mark Power s'est retrouvé à la limite de la zone qui constitue Londres selon les cartes de la collection Geographers' A-Z Street Atlas – qui sont les plus vendues en Grande-Bretagne. Ces zones limitrophes variant d'une édition à l'autre, le projet de Power, 26 Different Endings, a été de documenter les allées, champs, dépôts, domaines et rues qui se sont retrouvés « hors plan » dans l'édition 2003 de London A-Z. Power a pris ses photos depuis divers points de la limite du plan, indiquant en légende de chaque photo la direction et la page correspondante.

Depuis la publication en 1936 de la première édition londonienne, la collection A-Z est devenue mythique, et couvre désormais de nombreuses villes britanniques. Jusqu'à l'arrivée des smartphones, ces cartes étaient perçues comme des outils essentiels pour parcourir les métropoles du pays.

Photo : Mark Power/Magnum Photos
Photo : Maria Gruzdeva

Maria Gruzdeva : Vos premières photos étaient en noir et blanc. Qu'est-ce qui vous a fait passer à la couleur ?
Mark Power :
J'ai commencé à utiliser la couleur en 1998, alors que je documentais la construction du Dôme du Millénaire. Au fil de sa construction, le bâtiment devenait de plus en plus bizarre et surréel, ce que le noir et blanc ne reflétait pas assez à mon goût. Depuis, je n'ai jamais cessé de travailler en couleur.

Une partie considérable de votre travail traite de la notion d'espace. Quand vous prenez une photo, vous vous concentrez sur le familier ou l'inconnu ?
Cela dépend de l'endroit où je me trouve et de ce que je suis en train de photographier. Ce que j'aime le plus dans la photographie, c'est le fait de me sentir en émerveillement constant – tel un enfant qui découvrirait le monde pour la première fois. Ça sonne un peu prétentieux, mais c'est vrai – je considère la photographie comme une drogue qui ne cesse jamais de me faire planer. Après, je ne m'intéresse pas uniquement aux choses que je n'ai jamais vues (c'est loin d'être une raison suffisante), mais j'aime les juxtapositions étonnantes, la notion d'histoire et de temps – et d'espace, bien entendu. J'aime utiliser des grands formats afin de traduire au mieux la notion d'espace.

Si vous deviez citer une personne qui vous a inspirée pour ce numéro photo, qui choisiriez-vous ?
C'est très difficile de n'en choisir qu'une, mais je suis constamment inspiré par Thomas Struth.

Photo : Mark Power/Magnum Photos
Photo : Maria Gruzdeva
Photo : Mark Power/Magnum Photos
Photo : Maria Gruzdeva
Photo : Maria Gruzdeva
Plus de VICE
Chaînes de VICE