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Les oubliés du Hall of Fame du PSG

Le club de la capitale a dévoilé mardi le Panthéon de ses plus grands joueurs. Un casting trois étoiles, qui occulte néanmoins quelques noms auxquels tout supporter parisien est forcément attaché.

Hormis la présence plus que discutable de David Beckham, difficile de contester la présence des noms cités au Panthéon des plus grands joueurs de l'histoire du PSG. De Zlatan Ibrahimovic à Dominique Bathenay en passant par Bernard Lama, tous les acteurs les plus brillants, talentueux et prestigieux de l'histoire du club sont là.

Seulement voilà, si ce genre d'initiative a justement le mérite de faire un peu plus briller les stars, elle tend malheureusement à éclipser les joueurs tout aussi importants, et souvent plus attachants, qui ont à leur manière eux aussi marqué l'histoire du club. Epris de justice sportive, VICE Sports remédie à ces oublis en rendant hommage à dix footeux qui ont laissé un souvenir impérissable dans les travées du Parc des Princes.

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Francis Llacer, pour son but

Un blaze, une gueule et surtout une action restée mythique. Le 1er octobre 1994 contre Caen, Francis Llacer inscrit l'un des si ce n'est le plus beau but de l'histoire du club parisien. Une reprise de volée de trente mètres, excentré, qui lui vaut d'entrer dans le coeur de tous les supporters.

Sammy Traoré, pour sa chevauchée

En une action au cours d'un match aussi froid qu'anonyme de l'hiver 2009, Sammy Traoré est devenu "Sammyradona". Contre Lille, le grand échalas se mue l'espace de quelques secondes en un soliste élégant. Parti de ses trente mètres, il efface quatre adversaires sous les vivas du Parc, abasourdi devant une telle performance. Avant de revenir à la triste réalité de l'époque, l'action se terminant par une frappe dévissée en tribunes de Stéphane Sessegnon.

Sylvain Armand, pour l'ensemble de son oeuvre

Contemporain de Sammy Traoré, Sylvain Armand n'a pas marqué l'histoire du club sur une action d'éclat comme son coéquipier. Lui, son truc, c'est la durée. Avec 380 rencontres disputées entre 2004 et 2013, le défenseur est le deuxième joueur le plus capé de l'histoire du club, derrière Jean-Marc Pilorget et ses 435 matches.

Luis Fernandez, pour son coaching

Outre son charisme, largement renforcé par l'inamovible sucette qu'il arborait, Luis Fernandez s'est distingué par ses choix osés sur le banc du PSG. Mettre Ronaldinho sur le banc, c'est un luxe que peu d'entraîneurs se sont payés. Respect Luis.

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Amara Diané, pour son côté sauveur

Au crépuscule de la saison 2008, l'une des plus noires de l'histoire du PSG, un homme a débarqué, sorti de nulle part, pour sauver le club d'une relégation qui l'avait longtemps menacé. Lors de la dernière journée, Amara Diané est entré dans la légende parisienne, pas celle de la victoire en Coupe d'Europe ou des plus grands matches du PSG, mais celle des heures sombres pour les supporters, passées à serrer les fesses et croiser les doigts pour éviter la Ligue 2. Sur un but à l'arrachée, Diané les en a sauvés. Rien que pour ça, il mérite admiration et reconnaissance éternelle.

Grégory Bourillon, le plus moisi

Ses trois saisons au PSG, c'est encore lui qui en parle le mieux, juste avant de quitter le club. Sans langue de bois, mais avec une certaine retenue tout de même : « Je viens de me réveiller, c'est la fin d'un cauchemar. Je n'y pense même plus, la page est déjà tournée. Il y a un ensemble de choses qui a fait que je n'ai pas réussi à m'imposer là-bas, j'ai ma propre analyse, mais je préfère la garder pour moi. Je n'ai pas envie de ressasser ou de cracher sur Paris. »

Comme on n'aime pas tirer sur l'ambulance, on se contentera de dévoiler ici la plus belle action réalisée par le défenseur central sous le maillot du PSG : un "challenge Telefoot" de plus de 50 mètres, réalisé sur PES 2008. Soit l'équivalent d'une victoire avec Le Poirée-sur-Vie contre le Barça en mode expert.

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Zoumana Camara, le plus carriériste

Après une carrière plus qu'honnête mais pas brillante non plus, Zoumana Camara a réussi l'exploit de se fondre dans le vestiaire parisien version qatarie. Un exercice de style, d'adaptation et de camouflage, puisque l'autre "Z" du club a vécu en douceur la transition entre l'époque Armand-Bourillon et l'ère "rêvons plus grand" de Thiago Silva et Marquinhos. Cette démonstration de force lui vaut même d'occuper le poste d'entraîneur-adjoint depuis 2015. C'est ce qui s'appelle savoir croquer.

Mateja Kezman, le plus énervant

En parlant de croqueur, en voici un d'un tout autre genre. Le serial-buteur serbe, très en verve sous le maillot du PSV, échoue à Paris après un bide retentissant à Chelsea et des saisons mitigées à l'Atletico et à Fernebahce. Avec 10 buts en 53 matches seulement lors de son passage à Paris, il a laissé un souvenir frustrant aux supporters.

Apoula Edel, le plus escroc

Pour son premier match avec le PSG, Apoula Edel joue attaquant suite à la blessure de Loris Arnaud. Du grand n'importe quoi, annonciateur du bordel qui va accompagner la suite de son passage à Paris. Accusé d'avoir changé d'identité et trafiqué son âge par son agent, il se retrouve embarqué dans une longue et sombre affaire judiciaire. Pour aujourd'hui jouer au FC Pune City en Inde, d'où il a longtemps réclamé 4 millions d'euros de dommages et intérêts au PSG pour licenciement abusif.

Everton Santos, le plus décevant

Son surnom suffit à comprendre le souvenir qu'il a laissé à Paris. En quelques entraînements et après s'être lui-même comparé à Robinho, Everton Santos est devenu « Jean-Claude Robignaud » aux yeux du facétieux Jérôme Rothen. Arrivé en 2008 pour 5 millions d'euros, il quitte le club pour la Corée du Sud. La queue entre les jambes.