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Si vous êtes accros au café, c'est la faute à vos darons

Des scientifiques viennent de découvrir un lien entre consommation de café et une variation du gène PDSS2 – celui qui aide le corps à métaboliser la caféine.

par Jelisa Castrodale
05 Septembre 2016, 12:00pm

Si vous êtes le genre de personne à exhiber fièrement votre double amour pour les voyages et la café en portant des t-shirts « Hard Rock Café » en toutes occasions, dites-vous que votre ADN y ait peut-être pour quelque chose. Il n'est sûrement pas responsable du fait que vous ayez 32 ans et que vous achetiez encore des t-shirts ironiques en vacances, dieu merci, mais plutôt de votre amour immodéré pour le café – la boisson.

Car des scientifiques viennent de découvrir un lien entre la consommation de kawa et une petite variation dans l'ADN, particulièrement atypique. L'équipe, composée de chercheurs de l'Université d'Édimbourg, a observé les habitudes de consommation de café chez 1 207 habitants de deux villages, l'un au sud et l'autre au nord de l'Italie. Ils ont découvert que les porteurs d'une variation du gène PDSS2 buvaient moins de café que les autres.

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La différence entre les deux groupes est d'une tasse de café par jour. Ils ont ensuite reproduit la même expérience aux Pays-Bas avec 1 731 participants et le résultat s'est confirmé – de manière un peu moins évidente (Les auteurs ont dû exclure de leur étude tout Néerlandais buvant plus de 20 tasses de café par jour, peut-être parce qu'ils ne pouvaient pas s'arrêter de trembler pour répondre aux questions).

Les porteurs de la variation du gène – ceux qui boivent un peu moins de café – métabolisent la caféine plus lentement que le reste de la population. Du coup, la caféine agit plus longtemps sur leur système.

Leur étude, publiée sous forme d'article dans le journal Scientific Reports, suggère que le gène PDSS2 régule la capacité du corps humain à métaboliser la caféine. Les porteurs de la variation du gène – ceux qui boivent un peu moins de café – métabolisent la caféine plus lentement et par conséquent, la caféine agit plus longtemps sur leur système que sur celui du reste de la population. Si vous commandez toujours en dessous du Venti chez Starbucks, vous possédez probablement cette variation du gène. (Pour les petits curieux qui voudraient vérifier leur ADN à domicile, le PDSS2 se trouve sur le chromosome 6).

Si les chercheurs sont parvenus aux mêmes conclusions dans les deux pays, ils se sont quand même demandé pourquoi la différence était-elle plus marquée en Italie. Apparemment, elle pourrait être la conséquence de la manière dont est consommé le café. « En Italie, on consomme surtout des mokas et des espressos alors qu'aux Pays-Bas, on préfère le café filtre », écrit Nicola Pirastu, l'un des auteurs de l'étude. « La concentration en caféine est semblable pour les deux méthodes, mais à cause de la différence de taille, la tasse néerlandaise contient près de trois fois la dose de caféine de la tasse italienne. »

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Pour Pirastu, cette étude révèle une corrélation entre le gène PDSS2 et les envies de café mais il faudra d'autres recherches pour mieux comprendre le mécanisme biologique qui les unit. « Nous pensons avoir apporté des éléments importants à la compréhension de la base génétique de notre consommation de café et des potentiels mécanismes régulant le métabolisme de la caféine », a-t-il écrit.

Voilà une bonne raison de ressortir votre mug I <3 Coffee chiné à San Francisco et de vous remettre au taf en attendant votre prochaine dose de caféine – et votre prochaine visite dans un Hard Rock Café.

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