« Toujours imité, jamais égalé » : la queue devant l'As du Fallafel. Toutes les photos sont de l'auteur.
3 ou 4 boulettes de pois-chiche, des aubergines grillées, du houmous et de la tahina : ceci est un falafel de chez l'As.
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Les broches de shawarma tournent toujours à plein régime.
À l'intérieur de l'As.
Aux origines de l'As du Fallafel, il y a Isaac Peretz, un juif russe fraîchement débarqué du quartier de Jaffa à Tel Aviv et qui, en 1979, décide d'ouvrir une petite épicerie israélienne avec sa femme Daisy, une Française, qu'il a suivie à Paris. Rapidement, le succès est au rendez-vous et Isaac veut désormais importer la spécialité de son pays : le falafel. Pendant deux décennies, Isaac et Daisy s'imposent comme les leaders de la boulette de pois chiches et parviennent à étendre peu à peu leur commerce et rajoutant des tables ci et là et en mettant toute la famille à contribution. C'est en 1998 que la guerre éclate, lorsqu'un autre Russe, originaire du même quartier de Tel Aviv qu'Isaac, décide d'ouvrir un restaurant de falafels juste en face. Une double concurrence – à la fois commerciale et personnelle – qui pose la première pierre du conflit.l'As n'a jamais fait de pub ni quémandé une publication dans les journaux, c'est le bouche-à-oreille qui fait son job. Lenny Kravitz serait un client fidèle et un proche de la famille.
« Goûtez et comparez » : bienvenue chez Mi-Va-Mi.
Le falafel de chez Mi-Va-Mi.
En face, chez Mi-Va-Mi, on se veut plus modeste, timide. Dur de faire face à la concurrence : « J'ai une clientèle d'habitués, de gens du quartier, des juifs pas très religieux, pas besoin de racoler dans la rue, mon resto est quand même plein », confie Martine. John insiste : l'As n'a jamais fait de pub ni quémandé une publication dans les journaux, c'est le bouche-à-oreille qui fait son job. Lenny Kravitz serait un client fidèle et un proche de la famille. Au mur sont affichées des dizaines de photos du rockeur et sur la porte d'entrée, voici ce que l'on peut lire : « Recommanded by Lenny Kravitz. » Ce jour-là dans le restau, on croise un couple de Coréens, des Juifs religieux, des Tahitiens, des Japonaises qui prennent un selfie avec leur sandwich… Et pour cause, il figure dans le Guide du Routard.Ils sont aigris parce que c'est meilleur chez nous et qu'ils n'y peuvent rien.
La broche à viande de chez Mi-Va-Mi.
La boisson phare des deux restaurants, c'est la limonana : la fameuse citronnade israélienne. Bon, alors, qui fait le meilleur falafel ? La question brûlante est lâchée. Pour John, c'est une question qui n'a pas lieu d'être : « Le dimanche, on vend 10 000 sandwichs, ça signifie que c'est forcément les meilleurs de la rue, voire même du monde. » De l'autre côté de la rue, même discours : « Ils sont aigris parce que c'est meilleur chez nous et qu'ils n'y peuvent rien », rigole Martine.LIRE AUSSI : Plaidoyer pour un houmous, par Michael Solomonov
