Culture

Un Willem de Kooning pour 450 euros et Trump — encore — avec un micro-pénis

Madonna offre sa compagnie à Art Basel Miami et Marina Abramović compare les Aborigènes d’Australie à des dinosaures : tout ce qu’il s’est passé dans le monde de l’art la semaine dernière.
24.8.16

Beaucoup de choses se sont passées cette semaine dans le monde étrange de l'art. Certaines étaient scandaleuses, d'autres étaient juste complètement démentes mais toutes méritent votre attention. Voyez plutôt :

+ Madonna herself offre sa compagnie à deux petits veinards — des noobs du monde de l’art, comme indiqué — pour la prochaine édition d’Art Basel Miami, en échange d’une petite donation à sa fondation caritative pour les orphelins du Malawi — et un tirage au sort, of course. Billets d’avion et hôtel quatre étoiles compris en sus de la chance inestimable de côtoyer et de « prendre un selfie » avec la diva. [Miami New Times]

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+ Marina Abramović a encore fait couler de l’encre. Après ses propos sur la maternité, c’est sa description des Aborigènes d’Australie qui a fait bondir de nombreux internautes, suite à la fuite d’un extrait de son mémoire à venir, Walk Through Walls. Elle y écrit : « Les Aborigènes ne sont pas seulement la race la plus ancienne en Australie ; ils sont la plus vieille race de la planète. Ils ressemblent à des dinosaures. » La performeuse a présenté ses excuses sur Facebook, arguant que c’était une copie non corrigée de ses écrits et que ça ne reflétait pas ses opinions actuelles. [Hyperallergic]

+ Le premier procès pour destruction d’héritage culturel s’est ouvert lundi 22 août devant la Cour pénale internationale de La Haye. L’accusé, le Malien Ahmad al-Faqu al-Mahdi, a plaidé coupable de crime de guerre pour avoir participé à la destruction de mausolées à Tombouctou classés au Patrimoine mondial de l’humanité. [France 24]

+ Après un Dürer dans une brocante, c’est un tableau perdu de Willem de Kooning qui a été retrouvé par un heureux amateur d’art belge sur un site de petites annonces — et acquis pour 450 euros. Il a fait appel à l’émission Fake or fortune de la BBC, qui l’a authentifié et estimé entre 55 000 et 100 000 euros. Jackpot. [The Telegraph]

+ Le gouvernement italien va offrir à tous les jeunes atteignant la majorité cette année un « bonus culturel » de 500 euros à dépenser dans des sorties et produits culturels. L’initiative est prévue jusqu’au 31 décembre 2017. [Artforum]

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+ Harvard Art Museum a créé une plateforme numérique pour consulter 32 000 œuvres du Bahaus. [The Art Newspaper]

+ Après la lettre de Jack Lang à la ministre de la Culture, une pétition a de nouveau fait du bruit autour de la restauration, jugée « destructrice » de la galerie Vivienne, un passage couvert du IIe arrondissement de Paris, inscrit aux monuments historiques mais relevant du domaine privé. Une commission devrait se réunir début septembre. [Le Figaro]

+ Nouvel épisode dans le feuilleton qui déchire l’Ukraine et la Russie : la première accuse maintenant la seconde d’avoir « volé des œuvres dans les territoires occupés » de la Crimée [annexée en 2014 par la Russie] pour une importante exposition de l’artiste criméen Ivan Aïvazovski à la galerie d’État Tretiakov, à Moscou. L’Ukraine appelle les institutions internationales au boycott. [The Art Newspaper]

+ Nouvel épisode autour du financement des musées britanniques par la compagnie pétrolière BP : le Comité d’éthique des musées britanniques a rejeté le 17 août dernier les allégations de corruption suggérés par la coalition Art Not Oil. [Artforum]

+ Le marchand d’art Fabrizio Moretti a porté plainte contre le galerie David Zwirner pour ne pas lui avoir livré une œuvre d’art — une version du Gazing Ball (Centaure and Lapith Maiden) de Jeff Koons — qu’il avait achetée à la galerie en 2015. Il demande six millions de dollars de dommages et intérêts. [The Art Newspaper]

+ Le suspens était à son comble mais non, non, Peter Doig n’est pas l’auteur d’une peinture de paysage, cœur d’un procès avec le propriétaire de ladite toile. Ce dernier affirmait que si, si, le peintre américain l’avait bien réalisé mais la justice a tranché — en faveur de l’artiste. [NPR]

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+ Le vidéaste et réalisateur britannique Steve McQueen a reçu le BFI Fellowship, la plus prestigieuse récompense du British Film Institute, pour son incroyable contribution à la culture vidéo et cinématographique. McQueen, âgé de 46 ans, devient ainsi le plus jeune réalisateur à recevoir ce titre. [The Guardian]

+ Un mystérieux voleur a embarqué une toile de Bradley Theodore — un portrait de l’ancienne rédactrice en chef de Vogue Diana Vreeland — à l’hôtel Dream Downton, à New York… avant de la retourner par coursier quelques heures plus tard, sans plus d’explications. [New York Daily News]

+ Une installation de Kenny Scharf, censée « embellir » le quartier new-yorkais d’East Harlem, a disparu — pour la seconde fois. Le mystère reste entier. [Artnet News]

+ Sérieux, on dirait qu’il ne se passe pas un mois sans qu’un artiste décide de ridiculiser Trump. Et de cibler son entrejambe. Ok, c’est marrant mais la blague s’épuise un peu. La preuve avec ces — affreuses — statues du candidat républicain apparues le 18 août dans plusieurs villes des États-Unis, où il est, une nouvelle fois, représenté avec un micro-pénis. Les passants et les touristes s’en sont évidemment donné à cœur joie pour se faire prendre en photo aux côtés de l’« empereur [qui] n’a pas les couilles », comme l’indique une plaque sur le socle. [Hyperallergic]

Nous avons loupé un fait importantissime du monde de l'art ? Paraît que les commentaires ci-dessous sont faits pour ça.