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Des politiciens canadiens s’attaquent à la porno

Voilà le résultat quand on grandit sans internet.
26 décembre 2016, 12:00pm

Les politiciens canadiens se sont récemment demandé : « Que pourrait-on gâcher à grands frais? » La réponse : la porno.

La Chambre des communes a adopté une motion la semaine dernière pour former un comité avec le mandat d'examiner « les effets sur la santé publique de la facilité d'accès et du visionnement de contenu violent et sexuellement explicite dégradant sur les enfants, les femmes et les hommes », selon CBC.

Et ce, même si les liens entre la porno et la violence sexuelle ou des effets néfastes pour la santé n'ont pas encore été scientifiquement prouvés.

Ce comité passera d'innombrables heures et dépensera sans compter l'argent des contribuables pour déterminer si ces liens existent, malgré ce qu'en disent les experts. Parce qu'il s'agit de faire respecter les normes de la décence canadienne, qui, évidemment, se limite à la consultation d'images de personnes en tenue légère.

Cette motion est l'œuvre de du député conservateur de l'Alberta (mieux connu comme mauvais rappeur) Arnold Viersen. « Il y a des troubles de santé mentale, autant chez les hommes que les femmes, causés par des problèmes de dépendance, mais aussi causés par des problèmes d'abus dont on ne s'occupe pas. Et on se retrouve avec des problèmes de dysfonction érectile, a-t-il fait remarquer à CBC. L'utilisation prolongée de ces images change la structure cérébrale. Nous ne savons pas quels sont les effets de tout ça. »

Bien que de nombreux rapports aient fait état de liens entre toutes sortes de problèmes, de l'éjaculation précoce à la dysfonction érectile, la recherche n'a pas conclu que la pornographie en elle-même en était à l'origine.

Cette noble mission commence d'ailleurs peut-être trop tard, car une étude de 2014 a montré que 40 % des adolescents canadiens admettent regarder de la porno.

Un comité avec le mandat d'examiner les effets réels ou imaginaires de la porno est une utilisation discutable des ressources de l'État. Toutefois, s'il a du succès, nous n'aurons qu'à nous ajuster en retournant aux bonnes vieilles habitudes que sont le puritanisme et l'abstinence.