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Sexe

Il est grand temps de parler des fétichistes des aisselles

Vous pouvez les sentir, les lécher, les baiser - alors pourquoi les gens trouvent-ils ça si bizarre ?
25.9.14

Toutes les illustrations sont signées Elizabeth T. Vazquez

Le fétichisme des aisselles est un truc qui existe mais dont personne ne parle. Nous vivons une époque où enfoncer sa langue dans l'anus de son partenaire est devenu plus cool que le porno traditionnel. Cependant, il y a peu de gens qui pigent qu'ils ont aussi tout à fait le droit de lécher l'aisselle de leur partenaire. Un fétichiste des aisselles est-il si différent de toutes les choses pétées et bizarres auxquelles on assiste de nos jours ?

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Tout d'abord, je voudrais clarifier les choses. Il existe une différence entre être fétichiste, et être simplement excité par un truc. Le fétichisme, au sens propre, implique une obsession. Comme le Kinsey Institute le définit, « le fétichisme se réfère spécifiquement à une obsession sexuelle pour un objet, un matériau ou une partie du corps. » En gros, si vous préférez le sexe avec aisselles au sexe traditionnel, vous êtes fétichiste. Si vous faites l'amour de manière traditionnelle, mais que vous aimez lécher et sentir des aisselles pendant l'acte, c'est plus quelque chose qui vous excite. Les fétichistes ou « paraphiles » ne sont pas considérés comme problématiques, du moment qu'ils n'exercent pas une quelconque tyrannie chez un individu ou un groupe de personnes, bien que parfois les gens aient du mal à envisager comment quelqu'un peut être excité par « un truc aussi bizarre ».

Il y a bien longtemps, je me souviens avoir mis, pour plaisanter, que j'avais des aisselles poilues sur mon profil OkCupid ; je pensais que ce fait dissuaderait un nombre important de mecs lourds de me contacter. Je n'ai jamais pris le site au sérieux, et à l'époque j'avais effectivement des poils sous les bras. En ajoutant ce détail à propos de moi, j'ai pensé que les hommes posant torse nu sur leur photo de profil me trouveraient répugnante, voire pire - me considéreraient comme une « féministe imbaisable ». À ma grande surprise pourtant, j'ai reçu un tas de messages d'hommes ; de simples « curieux » à propos de mes aisselles, d'autres qui me demandaient de leur envoyer des photos et enfin, des hommes qui m'ont immédiatement dit qu'ils adoraient les aisselles poilues. Je me suis retrouvée dans une situation embarrassante : si je me rasais les aisselles, je plaisais aux hommes. Si je ne me rasais pas, je leur plaisais toujours. Pouvais-je passer une journée sans être incroyablement désirable ?

Une semaine plus tard, je me suis mise à voir un mec que j'avais rencontré sur le site. Il vivait à San Francisco tandis que j'étais toujours dans ma ville universitaire, à Davis. La première fois que j'ai pris le train pour aller le voir, on a fini par passer tout le week-end ensemble. La dernière nuit, on était bourrés et on a commencé à se tripoter. On a fini à poil. Il a arrêté de me faire des bisous pour descendre vers mon cou et ma poitrine. À ce moment-là, je m'attendais au traditionnel léchage de tétons mais au lieu de ça, il a soulevé mon bras droit et a commencé à lécher mon aisselle de haut en bas. Il s'est arrêté et m'a demandé si c'était OK. Je l'ai laissé continuer et il a léché la deuxième avec enthousiasme. Il la léchait et l'embrassait. Après quelques secondes, il m'a demandé s'il pouvait « coller sa bite ici ». J'ai paniqué, pensant qu'il voulait me l'enfoncer dans les fesses. Quand il a clarifié les choses, m'expliquant qu'il parlait de mes aisselles, je me suis sentie soulagée. Merde, bien sûr que oui tu peux me la mettre ici, mais pas dans les fesses ! Tout sauf les fesses.

Avance rapide d'une minute ; mon aisselle est en train de se faire baiser. Au début, c'était une sensation étrange, comme un très gros doigt qui essaierait de me faire des chatouilles. Mon bras serrait sa bite, elle l'étranglait. Je devais ressembler au pire catcheur du monde. En fait, grâce à Urban Dictionary (source de tout savoir véritable) j'ai appris que le terme familier pour désigner le sexe via dessous-de-bras était « jouer de la cornemuse ». Je m'étais donc transformée en une joueuse de cornemuse, s'affairant à une chanson bien silencieuse sur l'autel de mon innocence. De l'autre côté, il était sur un nuage. Ses yeux se sont illuminés quand il a compris que je le laissais faire. C'était sans doute la première fois qu'une fille le laissait faire ça. Un vrai cadeau du Ciel.

Il a fini par éjaculer dans tout le lit. Après un petit nettoyage, il s'est allongé à mes côtés et je lui ai demandé comment c'était. Il a répondu qu'il avait adoré. Mes poils étaient doux et n'avaient pas irrité son truc. Il m'a ensuite demandé comment j'avais trouvé ça. J'ai répondu, pour déconner, que c'était vraiment naze - il n'a pas trouvé ça drôle. J'ai ensuite répondu en toute sincérité que c'était étrange, certes, mais pas si mal. Je m'étais senti, hmm… sexy ? Sérieux, je déteste tellement ce mot que j'ai à peine trouvé la force de l'écrire - mais bon, je ne trouve toujours pas de terme plus approprié pour décrire cette expérience. Non pas que je ne me trouve pas sexy d'habitude. Je me trouve sexy. Mais j'ai trouvé agréable - je dirais même, « rafraîchissant » - de voir cette partie du corps adorée, au contraire des traditionnels seins, cul ou chatte. Ces trucs ne sont-ils pas un peu chiants, au bout du compte ?

Nouvelle avance rapide - on arrive à quelques années plus tard. À cette année, pour être exacte. Je baisais avec un mec que je considère comme un copain. C'est un mec que je connaissais via des amis communs et je trouvais qu'il constituait un bon tremplin pour rebondir après ma rupture. Pendant l'acte, il m'a demandé s'il pouvait sentir mes aisselles. Il a pris une bonne bouffée et au moment d'éjaculer, il a enfoncé sa tête dans mon aisselle pour la sentir d'encore plus près. Il m'a expliqué que les odeurs corporelles l'excitaient énormément, surtout lorsqu'elles venaient des aisselles. Je lui ai demandé comment ça se faisait. Il n'en avait aucune idée. Je voulais qu'il m'explique cette fascination pour les aisselles et les odeurs corporelles. Il en était incapable. Il savait juste qu'il aimait l'odeur de la sueur. Les aisselles dégageant une odeur extrêmement forte, il les adorait. Il m'a expliqué que ça éveillait en lui une « sensation » et qu'il ne pouvait s'empêcher d'être ridiculement excité par celle-ci. Il m'a aussi dit que par le passé, il avait déjà supplié ses petites amies de ne pas mettre de déodorant.

En y réfléchissant, je regrette de lui avoir demandé « pourquoi ». Pourquoi tu trouves ça excitant, hein ? Évidemment qu'il l'ignorait. Je n'attendrais jamais d'un partenaire qu'il m'explique pourquoi il est excité par mes seins. Il les trouve excitants, point. La plupart des gens ne prennent pas le temps de se dire : « OK, alors j'aime les glandes mammaires parce que… » Aussi, la plupart des gens n'appelleraient jamais les seins des glandes mammaires ; ceci doit changer selon moi. Une autre raison pour laquelle je n'aurais pas dû lui demander pourquoi - parce que ça me semble évident. Les aisselles sont toujours là, à tout moment, lorsque le truc a lieu - aussi proches qu'elles soient des autres parties du corps sucées ou léchées, elles attirent rarement l'attention. Aussi étrange que ça puisse paraître, les fétichistes des aisselles sont, quelque part, proches de la vérité.

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