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Vice Blog

UNE INTERVIEW DE JASON NOCITO

1.9.10

Jason Nocito est un photographe qui bosse pour plein de gens qui ont de l'argent comme Nike, Apple, Diesel ou le magazine des anciens combattants Rolling Stone. Si vous allez sur son site web, vous tomberez sur des choses aussi disparates que des gens célèbres, des photos de Bombay et des équipes féminines de football américain. On retrouve plein de trucs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, mais tout est joli. OK ce mec est hyper fort quand il s'agit de vendre ses boulots au monde de la publicité, mais il n'est pas mauvais non plus dès qu'il se penche sur des projets plus sérieux voire, plus arty. Et il avait des trucs à nous dire à propos d'autres trucs.

Vice : Salut Jason. Tu peux nous parler de la photo qu'on a insérée dans le numéro Natures mortes ?

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Jason Nocito : J'étais chez ma très bonne copine Duffy dans sa baraque à Vancouver, et on était en train de glander dans le coin. Fumer des joints, ce genre de trucs.

On a l'impression qu'il s'agit d'une photo spontanée et pas vraiment d'une idée sur laquelle tu as planché pendant des heures. C'est comme ça que tu travailles, dans l'euphorie du moment ?

Ouais, c'est ce que je fais la plupart du temps, mais il m'arrive aussi d'avoir une idée en tête bien précise et de passer du temps à essayer de la mettre en oeuvre. Tu vois, dehors je passe mon temps à voir ceci ou cela et je les oublie aussi vite que je les ai vus, mais parfois je tombe sur des choses qui me rappellent mon enfance ou l'endroit où j'ai grandi. Je dirais que ce que je fais est toujours personnel, relié de près ou de loin à ce que j'ai vécu.

Tu as pris énormément de photos ces dernières années, et elles peuvent aller du banal au très bizarre. C'est comme si tu passais ton temps à bombarder les gens d'images et qu'il n'y avait aucun moyen de trouver une quelconque unité entre elles. Est-ce que ça à voir avec internet et l'accès illimité aux photos, aux images de partout dans le monde ?

Je suis en effet influencé par la façon dont la photo va de pair avec internet. Je crois que la masse d'images sur laquelle je tombe chaque jour sur le net a tendance à me pousser à faire la même chose.

Ta propre version d'internet ?

Eh bien, j'ai passé les quatre dernières années de ma vie entre Vancouver et New York. J'avais un appartement à Vancouver alors que ma femme était en école d'infirmière, du coup je passais beaucoup de temps sur le net pour m'inspirer, et je sortais seul pour aller prendre des photos. Je pense que ça m'a affecté, vivre en dehors de New York et voir des choses que je n'avais pas l'habitude de trouver dans une grande ville. Et à côté de ça bien sûr, j'étais obligé de faire beaucoup de pub et d'édito pour gagner à peu près ma vie.

Ouais, j'ai remarqué. On dirait que tu as pas mal de succès dans le monde de la photo de pub. Comment tu trouves un équilibre entre ton travail commercial et éditorial d'un côté, et tes travaux personnels de l'autre ?

Je crois que ce sont deux choses différentes pour moi. J'aime la photographie, et le fait d'être un photographe – simplement faire des images que les gens utilisent pour le commerce ou autre, j'aime ça. Mais j'essaie aussi de ne pas laisser ça interférer avec ce que je fais personnellement. J'ai trouvé un moyen de les séparer, et de vivre de la photographie publicitaire. Je ne crois pas que ce soit moins important ou quoi, mais en terme de style, la photo publicitaire est toujours « ancrée dans le moment », et les styles tendent à changer. J'aime créer des trucs en dehors de tout ça, pour qu'ils soient stylistiquement « hors du temps », et j'espère que ces photos pourront vivre un peu plus longtemps.

Qu'as-tu fait d'autre pour Vice ? Je me rappelle du photoshoot « Bendy », où le modèle se contorsionnait dans tous les sens. Quoi d'autre ?

Je sais pas, je ne me rappelle plus ! Je crois que j'ai été dans quelques numéros. C'est sûr qu'ils m'ont publié quand j'étais plus jeune, et c'est Tim m'y a introduit. C'est le seul article de mode que j'ai fait. Je me rappelle avoir été contacté par la fashion editor, puis je n'ai plus jamais entendu parler d'elle. Elle était là genre « on veut trop faire quelque chose avec toi !» et rien n'est arrivé. Mais j'aime Vice. C'est hyper cool, et vous faites un bon boulot en faisant plein de choses différentes.

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Tu as parlé de Tim Barber. Comment l'as-tu rencontré ? J'ai vu ton livre, Loads, qu'il a édité chez Tiny Vices.

Tim et moi, on s'est rencontrés en 1999. Sa sœur était pote avec une fille qui allait à la fac avec ma coloc, donc on a fini par se rencontrer. En 2003 je suis allé à Vancouver pour traîner avec lui pendant un mois, j'ai vraiment adoré cet endroit, j'y suis retourné plus tard et je suis tombé amoureux d'une fille là-bas, et voilà. J'avais une relation, et ça me faisait une bonne raison de me barrer de New York tout le temps.

Ta photo préférée dans le numéro photo ?

J'adore les photos de Roe, il est toujours bon. Il y a beaucoup de bonnes choses là-dedans. J'aime la manière dont Vice regroupe des choses qui sont un peu les mêmes, et il y a une transition dans l'ensemble, qui marche bien. Ils posent les bonnes questions quand ils parlent de photos, comme : « Qu'est-ce qui fait une bonne photo, au final ? » ou « qu'est-ce qui intéresse vraiment les gens, à ce moment précis ? ».

Tu travailles sur quoi en ce moment ?

Je travaille sur un ensemble d'œuvres qui sont toutes des images de Vancouver. Je veux y retourner et prendre d'autres photos mais j'ai passé presque tout mon été sur des projets publicitaires, pour essayer de faire des économies.

BRANDON FONVILLE