Le Numéro De L'autre Côté Du Miroir

Michael Northrup nous explique comment il a conçu notre dernière couverture

« J’ai grandi avec ce miroir, et je lui ai toujours trouvé un côté un peu mystique. »

par Michael Northrup
19 Juillet 2017, 4:30am

Cet article est extrait du numéro « De l'autre côté du miroir ».

Michael Northrup a suivi des cours de photographie à l'université de l'Ohio en 1971, puis à l'École de l'Institut d'art de Chicago en 1981. Entre deux diplômes, il a vécu sur la côte Est et rencontré Jack Welpott et Judy Dater, avant de passer du temps à Prescott, dans l'Arizona, en compagnie de son mentor Frederick Sommer. Il a ensuite enseigné pendant près de dix ans avant de déménager à Baltimore, où il travaille aujourd'hui pour différentes marques.


VICE : Peux-tu nous en dire plus sur la couverture de ce mois-ci ?
Michael Northrup : Il s'agit d'un miroir qui se trouve dans la maison de mon oncle Edgar et ma tante Miriam. Ils ont toujours eu du goût en matière de décoration – contrairement à mes parents. À chaque fois qu'ils partaient en vacances, je m'occupais de leur maison. J'ai grandi avec ce miroir, et je lui ai toujours trouvé un côté un peu mystique. J'ai voulu jouer avec des éclairages colorés et donner l'impression que le pays des merveilles se trouvait de l'autre côté. Et avec un beau papier peint floral, on peut rarement se planter

Comment t'es-tu mis à intégrer des éclairages colorés dans ton travail ?
À la fin des années 1960, je travaillais uniquement avec un appareil photo classique et la lumière du jour. Puis j'ai eu le sentiment de m'enfermer dans ce format, et j'étais épuisé d'être esclave de cette lumière. J'ai fini par acheter un nouvel appareil équipé d'un flash. Pendant mes cours d'histoire de la photographie, j'avais découvert les travaux d'artistes tels que Weegee, Edgerton, Arbus, qui estimaient que le flash était une nécessité. Je suis donc passé du noir et blanc à la couleur, désireux de voir ce qui pouvait bien en ressortir.

Où puises-tu ton inspiration ?
Dans la vie de tous les jours, tout simplement. Mes photos préférées sont très souvent autobiographiques et influencées par l'esthétique des photos instantanées des années 1960. Je suis plus intéressé par la perception que par la conception. En fait, je bosse plus ou moins comme un singe face à une machine à écrire.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
J'ai quelque chose comme 40 ans de photos dans mes archives, et je n'en ai montré que 3 %. Je pourrais en tirer une dizaine de livres – mais deux ou trois, ce serait déjà pas mal. J'aimerais beaucoup faire un livre sur mon ex-femme. C'était une compagne et une muse formidable, et les photos que j'ai faites d'elle représentent une période très importante de ma vie. Je souhaite aussi faire publier une série de portraits. En fait, je suis constamment à la recherche d'un éditeur.


FLASHBACK

1975 : Michael Northrup commence à expérimenter les photos en noir et blanc avec un flash.

1980 : Il continue d'exploiter le flash alors qu'il se lance dans la couleur.

1980 : En observant la lumière se déverser sur le visage de cet homme, Northrup joue avec des flashs et des couleurs, comme s'il peignait le visage de son sujet en bleu.

1981 : Northrup commence à utiliser des flashs colorés.

1984 : Il applique plusieurs expositions de flashs colorés sur le négatif qui se trouve dans son appareil.