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Crime

Un « super-laboratoire » de méthamphétamine inspiré par les méthodes mexicaines a été démantelé au Nigeria

The Nigerian authorities say that the lab is the biggest of its kind yet found in West Africa and was built to supply Asian markets.

par VICE News
15 Mars 2016, 11:10am

Photo par Jefta Images / Barcroft Media via Getty Images

L'agence nationale contre la drogue au Nigeria a annoncé avoir démantelé le premier laboratoire industriel de methamphétamine d'Afrique de l'Ouest — et a indiqué que ce dernier avait été construit grâce au savoir-faire de trafiquants mexicain.

« Les Nigérians ont invité les Mexicains pour tirer profit de leur expertise dans le domaine de la production massive, à l'échelle industrielle », a déclaré à la presse Mitchell Ofoyeju, un porte-parole de cette agence.

Ce porte-parole a indiqué que huit personnes, dont quatre Mexicains, avaient été arrêtées lors de l'opération lancée pour démanteler ce laboratoire qui avait produit avec succès une première fournée test le mois dernier.

Les médias nigérians ont rapporté que ce « super-laboratoire », situé à Asaba dans l'État du Delta (pointe sud du pays), était capable de produire quatre tonnes de méthamphétamine par semaine, à destination des marchés asiatiques.

Position d'Asaba (Image via Google Maps)

« La méthamphétamine nigériane entre désormais en compétition avec d'autres [produits] sur les marchés d'Afrique du Sud et d'Asie. Le super-laboratoire n'a pas besoin d'éphédrine car il utilise une méthode de synthèse », a indiqué Mitchell Ofoyeju, cité par le site d'information locale Naija.com. « Les cartels de la drogue passent d'une méthode simple de production de méthamphétamine à un procédé plus complexe. »

Ce responsable n'a pas donné d'informations concernant le réseau de trafic de drogue avec lequel les quatre Mexicains arrêtés seraient associés. Le ministère mexicain des Affaires étrangères a publié un communiqué indiquant qu'il était toujours en train de vérifier que ces individus étaient véritablement des citoyens mexicains, avant de « vérifier leur situation physique et juridique ».

Une route privilégiée

L'Afrique de l'Ouest a une solide réputation de route privilégiée pour le trafic de cocaïne venant d'Amérique Latine et à destination de l'Europe. Des rapports récents indiquent que cette région gagne également de l'importance en devenant un carrefour de la production de méthamphétamine, majoritairement destinée aux marchés asiatiques.

En mai dernier, Pierre Lapaque, le représentant régional de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, avait expliqué à VICE News comment cette zone pouvait devenir non seulement un espace de transit mais aussi un terrain de consommation.

À lire : L'Afrique sera-t-elle le prochain plus grand marché de la drogue ?

Une enquête menée par l'agence Reuters l'année dernière avait mis en lumière le rôle joué par les cartels de drogue mexicains dans ce phénomène.

« Ce ne sont pas des petits labos familiaux, ce sont de gros labos », avait déclaré à cette agence Rusty Payne, le porte-parole de l'agence américaine contre la drogue (DEA). « Les Mexicains ne vont pas venir et former (les gens) à moins qu'il n'y ait de grandes quantités en jeu. »

La participation des Mexicains dans la production de drogue en Afrique et en Asie avait fait pour la première fois les gros titres de la presse mexicaine en 2012, lorsqu'une cour de justice malaisienne avait condamné trois frères à une peine de mort par pendaison après qu'ils ont été reconnus coupables de trafic de méthamphétamine.

Si la plus haute cour de Malaisie a validé cette sentence il y a un an, ces Mexicains ont encore une seule chance d'obtenir un pardon royal. Les trois frères, qui sont originaires de l'État du Sinaloa — qui est connu comme le « berceau » du trafic de drogue au Mexique —, ont toujours clamé leur innocence. Ils disent avoir été engagés pour nettoyer l'entrepôt où la drogue a été retrouvée, mais qu'ils ne savaient rien à propos de ces produits.


Cet article a d'abord été publié sur la version anglophone de VICE News.

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