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Crime

Un lycéen français condamné à 2 ans de prison ferme pour apologie du terrorisme sur Twitter

Il est aussi accusé d’avoir menacé de mort en mai dernier l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi.
10.12.15
Un Irakien prie dans la mosquée d'Al-Noori Al-Kabeer, à côté du drapeau utilisé par l'EI, à Mossoul, le 9 juillet 2014. (EPA)

La justice française a condamné un lycéen à trois ans de prison, dont deux ans ferme, pour avoir déclaré à de multiples reprises son soutien à l'organisation terroriste État islamique (EI) sur Twitter. Au cours des 6 derniers mois, le jeune homme de 18 ans a posté 70 pages de tweets soutenant l'EI et faisant l'éloge des attaques du 13 novembre qui ont fait 130 victimes à Paris — dont 90 au Bataclan.

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Quelques jours après les attentats parisiens, alors que de nombreux utilisateurs de Twitter postaient leurs meilleurs souvenirs de la salle de concert en utilisant le hashtag #MonPlusBeauSouvenirDuBataclan, le lycéen a tweeté une photo du Bataclan encerclé par la police avec la phrase « Mon plus beau souvenir du Bataclan, pété de rire ».

Le jeune Français s'est fendu d'autres tweets sur les attentats, notamment « Fusillade à Paname, mort de rire », ou encore « Paris mobilisé contre Daech, lol, ils peuvent rien faire ».

Il est aussi accusé d'avoir menacé de mort en mai dernier (toujours sur Twitter) l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, connu pour ses positions modérées et ses bonnes relations avec la communauté juive française.

L'avocat du jeune homme décrit son client comme « un gamin normal ». Pour Maître Jean-Charles Jobin, « En dehors de Twitter, il n'y a rien », précisant que la police n'a pas bougé entre mai et novembre parce qu'il n' « y a pas de danger ».

Le lycéen s'est défendu devant le juge en déclarant, « Je me suis créé un personnage. En réalité, je suis pas du tout comme ça […] J'étais accro » à Twitter. Pour lui, « C'était un délire, je le pensais pas du tout ».

À lire : Premiers sites bloqués pour apologie du terrorisme par la police française

Une version que n'a pas vraiment apprécié la Procureure de la République de Caen, Carole Étienne. « Si c'est un délire, c'est un long délire, » a lancé la Procureure.

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Le lycéen — qui vient de Hérouville-Saint-Clair, en banlieue de Caen — est détenu depuis le 20 novembre pour « menace de mort commise en raison de la religion et apologie du terrorisme ».

La tante du jeune homme s'exprimait en novembre dans les colonnes du journal Ouest France, où elle décrit son neveu comme « un bon garçon ». Sa tante précise qu'elle « connaît ses idées. Mais il n'est pas assez fou pour faire comme à Paris. Il m'a dit : "Tuer des gens, c'est chaud quand même." »

La mère du garçon expliquait au même journal que son fils était souvent « sur Internet, sur sa tablette », mais que la famille ne savait pas ce qu'il trafiquait.

Sa tante confiait sur les ondes de France Bleu Basse-Normandie que la famille était très « choquée » d'apprendre tout cela sur le garçon. « Il a écrit sûrement [cela] mais il ne [l'] a pas pensé », commente sa tante. « Ce sont juste des mots sans penser au-delà. J'en suis sûre et certaine. Je le connais, c'est quelqu'un qui veut parfois aller provoquer mais sans aller au-delà. »

Une semaine après les attaques contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher en janvier dernier, le ministère de la Justice avait annoncé que 54 personnes avaient fait l'objet d'une enquête pour apologie du terrorisme.

La plus jeune personne concernée était une jeune fille de 14 ans de Nantes. Elle avait fait l'objet d'une enquête approfondie après avoir crié « Nous sommes les soeurs de Coulibaly, on va sortir nos kalachnikovs » à des contrôleurs dans un train.

Quelques jours après les attaques du 13 novembre, un Marseillais de 23 ans avait été condamné à un an de prison pour avoir crié "Allah Ouakbar" vers un groupe de policiers, tout en mimant qu'il allait leur trancher la gorge.

Faire l'apologie du terrorisme en France peut être puni au maximum de 5 ans de prison.

À lire : Liberté d'expression : ce que dit la loi en France

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