Au moins 700 migrants sont morts dans la Méditerranée la semaine dernière

Des embarcations de fortune ont coulé mercredi, jeudi et vendredi dernier au sud de l’Italie. Il s'agit de la semaine de 2016 où il y a eu le plus de tentatives de traversée entre la Libye et l'Italie.

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30 Mai 2016, 10:30am

Un photo de la Marine italienne sur laquelle des migrants sautent d'un bateau avant qu'il se renverse, dans le canal de Sicile, le 25 mai 2016. (Marine italienne/EPA)

VICE News regroupe ses articles sur la crise migratoire mondiale sur son blog « Migrants ».


Au moins 700 migrants se seraient noyés dans la mer Méditerranée au cours de la semaine dernière, ont fait savoir ce dimanche l'ONG Médecins sans frontières (MSF) et le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Des embarcations de fortune ont coulé mercredi, jeudi et vendredi dernier au sud de l'Italie. Il s'agit de la semaine de 2016 où il y a eu le plus de tentatives de traversée entre la Libye et l'Italie.

L'estimation du nombre de personnes disparues est basé sur les témoignages de survivants. Environ 14 000 personnes ont été secourues depuis lundi dernier sur les eaux calmes de la Méditerranée.

« Nous ne connaîtrons jamais les chiffres exacts, » a indiqué MSF sur son compte Twitter après avoir livré son estimation de 900 personnes noyées au cours de la semaine. Le HCR estime de son côté qu'au moins 700 personnes ont perdu la vie.

Des migrants interrogés ce samedi dans le port sicilien de Pozzallo ont indiqué qu'un gros bateau de pêche s'était retourné et avait coulé jeudi dernier. De nombreuses femmes et des enfants étaient à bord.

Les estimations initiales avançaient le chiffre de 400 personnes décédées, mais le HCR a indiqué ce dimanche que près 670 personnes étaient probablement à bord.

D'après un témoignage récolté par l'agence de protection des frontières européennes, Frontex, 25 personnes ont nagé vers le navire qui tractait le bateau de pêche quand il s'est renversé. Entre 79 et 89 autres individus ont été secourus par des sauveteurs, alors que 15 corps sans vie ont été repêchés. Pour le HCR, cela signifie que plus de 550 personnes ont péri dans ce naufrage.

Les migrants — qui fuient les guerres, l'oppression et la pauvreté — ne savent généralement pas nager et n'ont pas de gilets de sauvetage. Ils déboursent des centaines ou même des milliers de dollars pour effectuer la traversée entre la Libye et l'Italie — le trajet le plus périlleux au monde pour les migrants.

Ce sont principalement des Érythréens, des Soudanais, des Nigérians et des ressortissants d'autres pays de l'Afrique de l'ouest qui sont arrivés la semaine dernière, indiquent des associations humanitaires. Malgré la récente augmentation des arrivées, ce sont 40 660 personnes qui ont débarqué en Italie cette année. Soit 2 pour cent de moins que l'année dernière, a indiqué le ministère de l'Intérieur italien.

La plupart des bateaux secourus la semaine passée sont partis de Sabratha en Libye, où de nombreux passeurs ont pris pour habitude de tabasser les migrants et violer les femmes, d'après MSF qui dirige trois bateaux de sauvetage dans la zone.

Les migrants sont empilés sur des canots pneumatiques ou de vétustes bateaux de pêche, qui peuvent se renverser à tout instant.

Mercredi dernier, près de 100 personnes se seraient retrouvées coincées dans la cale d'un bateau ou se seraient noyées après être tombées dans la mer.

Vendredi dernier, le navire Vega de la Marine italienne a récupéré 45 corps et secouru 135 personnes qui attendaient sur un canot pneumatique « à demi submergé ». On ne sait pas combien de personnes étaient sur le bateau, mais en règle générale ce type d'embarcation transporte 300 personnes.

« Certains étaient plus choqués que d'autres parce que leurs proches ont disparu, » a expliqué à Reuters, le commandant du Vega, Raffaele Martino. Le commandant s'exprimait depuis le port de Reggio Calabria, où le bateau a débarqué les survivants et les corps — dont ceux de trois enfants.

« Il est temps pour l'Europe d'avoir le courage d'offrir une solution viable qui permet à ces gens de venir, sans mettre leur vie et celles de leurs enfants en danger, » a dit Tommasi Fabri de MSF Italie.


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