Les membres du club patriotique lors de l'appel.
L'instructeur, en tenue militaire.
Planté en plein milieu du patio sur un sol en goudron lézardé, le monument en forme de cloche - elle est symbolique de la culture russe orthodoxe - qui sert de recueillement tient un emplacement qui est loin d’être anodin. Il a été bâti en l’honneur des civils et soldats ayant perdu la vie durant le conflit. Mospino a été le théâtre d’affrontements et de bombardements. Au point de voir naître une milice locale avec pour chef de file Sergeï et ayant pour QG, les actuels locaux du club. Le but : patrouiller dans la ville et y faire régner l’ordre. « Parce qu’il n’y avait ni police, ni autorité », assure l’instructeur. Et non seulement le club patriotique a récupéré les anciennes infrastructures de cette bande officieuse, mais il a également hérité de son appellation : « DND » (« Dobrovolnaya Narodnaya Druzhina ») ou « Armée civile et volontaire ».« Ce que je préfère ici, ce sont les leçons qui me font comprendre en quoi je peux être utile à la société et à mon pays » – un jeune milicien.
Cours de patriotisme, sinon de nationalisme, avec un drapeau aux couleurs du club.
Les jeunes recrues enchaînent les kicks.
Derrière l’endroit où les jeunes soulèvent de la fonte, un terrain de basket au parquet brun caramel fait office de gymnase. Un drapeau de la RPD - trois bandes noires, bleue et rouge - flotte plusieurs mètres au-dessus du panier, histoire de rappeler que toutes les activités pratiquées sont au service de la nation. Après avoir observé leur coach d’un air angélique, les garçons font des tours de terrains, les deux avant-bras tendus et parallèles, collés au visage : en position de garde. Sur leur garde, ces futurs défenseurs de la DPR devront constamment l’être l’être si l’actuelle guerre de position se pérennise.À chaque fois que Sergeï frappe dans ses mains, c’est un crochet, un uppercut ou un high-kick déclenché dans le vide. D’une pierre deux coups : l’endurance et la maîtrise technique. Les onze gamins enfilent ensuite leur paire de gants de boxe. Deux contre un, trois contre un, deux contre deux : les enfants n’y vont pas de main morte. Ce sont plus tard les quatre plus costauds, divisés en deux équipes, qui s’affrontent à l’extérieur. Casques de boxe anglaise vissés sur la tête, ils ont cette fois-ci en main des battes de baseball. Eux non plus ne font pas dans la dentelle. Car en zone de guerre, il faut savoir se battre, leur rebat-on les oreilles. C’est aussi une manière d’impressionner le coach.« Les enfants doivent désassembler, assembler et charger en 45 secondes maximum. Non seulement ils savent le faire, mais ils peuvent transmettre ce savoir-faire à d’autres. »
Travaux pratiques dans le gymnase.
Les enfants apprennent à se battre, notamment avec des battes de baseball.
Leçon de maniement d'une arme.
Cours de self-defense.
Les parties du corps qu'il faut développer. À savoir tout le corps humain.