Moussa, qui es-tu ?

Le jeune artiste Moussa est un mystère. Du coup, je lui ai fait tourner mon carnet de l’amitié pour en savoir un peu plus.
LB
Brussels, BE
30.11.18
Moussa
Laurane Bindelle

Moussa n’a encore sorti qu’un seul single. De lui, on ne sait donc pas grand-chose, si ce n’est que dans son titre « Cabrioli », il semble avoir craqué pour une jolie brune aux prunelles enflammées. Une musique au rythme plutôt entraînant et une écriture si bien ficelée que mon cerveau s’est imprégné des paroles en moins de deux écoutes. La chanson a pris le dessus sur toute tentative de pensée rationnelle pendant au moins deux heures. Au-delà de ça, je ne vais pas m’étaler sur une analyse musicale trop poussée, car Moussa me l’a demandé hyper poliment dans sa biographie que j’ai reçue avant l’interview : « si vous êtes journaliste, s’il vous plaît, n’écrivez pas nimp sur ma musique, j’la fais avec le <3. »

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Moussa semble faire partie de ces artistes qui se plaisent à laisser planer le mystère. Approche imparable quand il s’agit d’attiser la curiosité des potentiels futurs fans. En tout cas, derrière ses airs discrets et réservés, il semble y avoir un esprit vif. Le baromètre de la curiosité au max donc, je décide de creuser l’artiste, pour découvrir l’homme. Vous vous souvenez de ces carnets de l’amitié qu’on se faisait passer à l’école primaire pour apprendre à se connaître ? Hé bien, je lui ai proposé de répondre aux questions du mien. Il s’est vite avéré que Moussa, c’est le genre de gars qui, dans ton carnet, aurait sans doute tracé une croix au crayon ordinaire à côté de la plupart des questions. Mais s’il y a bien une chose qui le fait vibrer, c’est la musique. Et peut-être bien le foot.

Prénom : Moussa, c’est mon vrai prénom.

Âge : Vingt-cinq ans.

Ville : Je vis avec des potes à Paris, dans le 11e arrondissement.

Lieu de naissance : Nantes.

Frères et sœurs : Oui (on n’en saura pas plus).

Ton animal de compagnie : J’en avais un, avant. Charlie, le poisson rouge que j’ai récupéré à la fin du tournage du clip de « Cabrioli ». Il est mort trois jours après. Le petit frère d’un pote a mis trop de bouffe dans son bocal. Il a fini dans la toilette.

Ton plat préféré : Toute la cuisine arabe que fait ma mère, comme le douez et la charchoura.

Ce que tu fais très bien : Je suppose que c’est la musique, ça a toujours été mon truc. Mais bon, je trouve ça un peu prétentieux de prétendre que je fais ça « très » bien.

« Si j’avais toujours onze ans, j’aurais dit Catherine Zeta Jones quand elle jouait dans Zorro avec Antonio Banderas. »

Pour la vie : Toute la vie ?! Non, ça, c’est impensable. Déjà que la coloc, c’est pas toujours facile à vivre. Si ça doit arriver, ça doit être avec mon âme sœur que je ne connais pas encore. Mais « toute une vie », c’est tellement long. Je suis clairement pas prêt.

Pour la nuit : Si j’avais toujours onze ans, j’aurais dit Catherine Zeta Jones quand elle jouait dans Zorro avec Antonio Banderas. Mais je n’ai aucune idée de ce à quoi elle ressemble maintenant, donc je ne vais pas trop me prononcer sur le sujet.

Un artiste belge : Jacques Brel. J’admets que je connais mieux ses interviews que ses chansons. Mais c’est un Belge extraordinaire. Toutes ses interviews sont dingues.

Tes années collège : Au collège, je m’éclatais la voix sur du Nirvana. J’ai aussi fait partie de plusieurs groupes. Jusqu’à ce que je commence à faire de l’électro. À ce moment-là, j’ai arrêté de chanter.

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Tes potes : C’est un peu grâce à eux que je me suis mis à écrire. Quand je faisais des prod de rap ou de la trap, pendant que je produisais, je les voyais chercher des rimes et les écrire sur leur téléphone. Je me suis dit que ça me plaisait et que moi aussi je pourrais sans doute le faire. Alors, j’ai commencé à écrire quelques trucs, un peu discrètement. En fait, j’ai toujours été sensible aux mots. Écrire et être écouté, c’est comme une collaboration. Cette personne qui t’écoute, il faut laisser son imagination faire l’autre partie du travail. Il ne faut surtout pas en dire trop, balancer trop de détails. J’ai toujours kiffé cet aspect de l’écriture, que ça soit chez certains rappeurs ou dans les livres. Booba fait ça très bien, je trouve. Il utilise un langage très imagé.

Ta musique : Ça me prendrait des heures à expliquer. Faire entrer quelqu’un dans mon univers, c’est tout un processus. Je dois comprendre qui est cette personne, ce qu’elle écoute. C’est presque un truc d’amitié, une relation dans laquelle il faut apprendre à se connaître l’un l’autre pour se comprendre.

Ta plus grande peur : Le vide. C’est la première chose qui me vient à l’esprit.

« Il m’arrivait de pleurer en regardant Zidane jouer football. C’est tellement beau et il est tellement fort que ça me touchait. »

Ce qui te fait pleurer : Avant je pleurais quand j’écoutais le morceau « Ambessence piano & drones » de Bruno Sanfilippo. C’est le sample qu’utilise Drake dans « Started from the bottom ». Quand je l’écoutais, j’avais l’impression de comprendre des choses qu’il m’était impossible d’oraliser. Sinon, dans un autre registre, il m’arrivait de pleurer en regardant Zidane jouer football. C’est tellement beau et il est tellement fort que ça me touchait. Mais généralement, je pleure plus de rage que de tristesse.

Tes week-ends : C’est tout le temps le week-end ! Merde, j’ai l’impression d’avoir lâché une punchline à la Fatal Bazooka. Non, mais en fait, je fonctionne plutôt par période. Il y a des périodes où je sors beaucoup, d’autres où je vais me donner à fond dans le sport. Je fais du foot, j’adore ça. J’ai aussi des périodes où je binge watche la série Malcom.

Dans dix ans : C’est horrible d’imaginer ce genre de chose. Je ne veux pas savoir. C’est tellement loin et proche à la fois.

Ton rêve le plus cher : Ne jamais en réaliser aucun et passer ma vie à les poursuivre. C’est le chemin qui est beau. Quand on réalise ses rêves, on les tue.

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À l’âge de dix ans, en parcourant les réponses de Moussa dans mon carnet d’amitié, j’aurais sans doute espéré qu’il m’invite pendant la récré, qu’on s’assoit sur un banc en dessous du préau et qu’il m’aide à entrer dans son univers musical. Je lui aurais dit que moi, ce que je kiffe, c’est écouter Hélène Ségara. Ce à quoi il m’aurait répondu : « Le phrasé de Booba, c’est ce qui a d’mieux ».

Aujourd’hui, j’attends surtout de voir ce qu’il a dans le ventre. Avec seulement un unique single à son actif, il ne pourra donc présenter sur scène que des exclusivités. Ce qui nourrit une fois de plus ma curiosité.

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