Les Québécois étaient plus nombreux à consommer du pot en 2014-2015 qu’en 2008, révèle la plus récente étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Le nombre de Québécois qui ont consommé du cannabis au moins une fois dans les 12 mois précédant l’enquête a augmenté de 3 %, pour atteindre 15 % de la population des 15 ans et plus.
L’augmentation est plus forte chez les consommateurs occasionnels (de une à trois fois par mois). Le nombre de consommateurs réguliers (une fois par semaine ou plus) est demeuré plutôt stable, autour de 5 %.
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Les consommateurs sont plus nombreux chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans. En général, on remarque que les hommes consomment légèrement plus que les femmes.
Qui sont les consommateurs occasionnels du Québec?
L’étude révèle que les étudiants, des diplômés du secondaire, du collège ou de l’université sont plus susceptibles d’être des « poteux » occasionnels. Même chose pour les personnes qui vivent seules et qui sont nées au Canada.
On constate aussi qu’un peu plus d’un ado sur cinq (15-17 ans) consomme occasionnellement du weed, mais que cette proportion n’a pas augmenté au cours des sept dernières années.
La probabilité d’être un consommateur occasionnel de weed est plus élevée chez les personnes qui ont eu des pensées suicidaires, qui fument la cigarette ou qui consomment d’autres drogues. L’ISQ précise toutefois qu’il faut « demeurer prudent dans l’interprétation des résultats », qui ne permettent pas « de se prononcer sur le sens des liens observés ». Ainsi, l’Institut ne prétend pas que fumer du pot provoque des pensées suicidaires, par exemple.
Et qui sont les vrais potheads?
L’augmentation de la consommation régulière, quoique modeste, est plus marquée chez les 25-64 ans. Elle a légèrement diminué chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans.
À l’instar des consommateurs occasionnels, les personnes seules, les personnes nées au Canada, les fumeurs, les consommateurs d’autres drogues et ceux qui ont eu des pensées suicidaires sont plus susceptibles d’être des consommateurs réguliers.
On note cependant quelques différences entre ces deux groupes. La probabilité d’être un consommateur régulier est plus élevée chez les diplômés du secondaire que chez ceux qui n’ont pas de diplôme. Cette probabilité est également plus marquée chez les personnes souffrant de détresse psychologique.
Le portrait est incomplet
L’Institut souligne que certains facteurs n’ont pas été pris en compte pour brosser le portrait de la consommation au Québec. On n’a pas évalué la quantité de cannabis consommé (il y a toujours bien une différence entre une puff et un blunt), le mode de consommation et son contexte, ou encore la vulnérabilité émotionnelle et mentale du consommateur. Ces données, « si elles avaient été disponibles, auraient pu raffiner ce portrait ».
L’ISQ espère tout de même que son étude saura « alimenter la réflexion » quant aux enjeux que soulève la possible légalisation de la marijuana par le gouvernement de Justin Trudeau.
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