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LE NUMÉRO FICTION 2012

DVD

Schizophrenia - Justine et Juliette - Œil pour œil - Two gates of sleep

SCHIZOPHRENIA
Gerald Kargl
Carlotta Alors ça c’est stylé. À l’époque où j’aurais dû potasser pour avoir mon bac en lisant quelques classiques qui ont nourri les chroniques littéraires de ce numéro, moi j’allais tous les samedis matins au 14 Juillet Beaubourg (rebaptisé MK2 depuis) pour voir Henry, Portrait d’un tueur en série. Ce film est très drôle, et pas du tout le brûlot sordide que certains veulent bien en faire. Je me souviens qu’à ce moment-là, des fanzines gratos qu’on trouvait dans les « salles indé » faisaient référence à Faust, le comic book dégueu de Tim Vigil, et que Haxan éditait des VHS de films encore plus dégueu. Je ne sais pas si Schizophrenia faisait partie du catalogue, mais il aurait pu. Quand j’ai découvert le film plus tard, j’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Henry version Haneke, si jamais il avait été chef op’ chez MTV. Autant dire que ce film est vraiment pété et que c’est mortel de pouvoir le revoir en super qualité avec des bonus bien cool parce qu’aux dernières nouvelles, on ne pouvait trouver que des rip de VHS vraiment dégueulasses. Ça colle bien au film, mais ça rend pas hommage au travail de Zbigniew Rybczynski qu’on m’a aussi enseigné un peu plus tard en cours de vidéo à Paris 8. THOMAS ST BERNHARD

JUSTINE ET JULIETTE
Masaki Kobayashi
Carlotta J’ai jamais lu Donatien Alphonse François de Sade et j’en ai un peu rien à foutre. Une adaptation en BD sur laquelle j’étais tombé gamin m’avait vachement marqué à cause d’une réplique. Un mec avait fourré son doigt dans le vagin d’une meuf et en avait tiré un petit tas de détritus collés à son ongle avant dehurler : «J’aidelapeaudecon!» Encore aujourd’hui, bien que j’en comprenne le sens, la phrase demeure assez énigmatique. La fierté d’avoir de la peau de con… À côté de ça, la sortie du film de Mac Ahlberg m’a rappelé que ma première amoureuse s’appelait Justine et que sa petite sœur s’appelait Juliette. Si je regroupe les infos, leur père étant ophtalmologiste, donc pris entre Sade et Bataille, cette famille devait être assez déviante. Je regrette parfois d’avoir essayé de tripoter la Juliette en question un soir (j’avais genre 9 ans, elle devait en avoir 7) mais maintenant que je pense à ça, je me dis qu’on n’est jamais à l’abri d’un déterminisme dicté par des parents chelou. Et que si je bloque aujourd’hui sur une autre Juliette, c’est peut-être pas seulement parce que c’est la sœur de ma meuf. NIKOLAÏ GOGOL

OEIL POUR OEIL
Steve Carver
20th Century Fox Ça y est, le format Blu-ray est enfin en train de devenir con puisqu’on peut choper une réédition de Lone Wolf McQuade, ce film assez naze dont une seule photo m’avait fait rêver des heures durant quand j’étais enfant. Je n’ai pas honte, il y a des images marquantes qui peuvent inspirer un tas de trucs sans fondement autre qu’un bandana ou qu’une goutte de sueur bien placée. C’est ce que m’inspirait ce face-à-face viril entre Chuck Norris et David Carradine. Il n’y a même pas un trivia un peu drôle pour sauver ce film, sinon qu’il est assez légendaire puisque Norris y incarne un Texas Ranger bien avant d’interpréter Walker. Mais je trouve que cette page manque un peu de poils et à part Outland, western spatial ambiance French Connection en mode intersidéral qui ressort je sais pas d’où, ceux qui préfèrent acheter des films qu’en télécharger n’auront pas grand-chose à acheter cet été pour passer un peu de bon temps. Il y a bien toutes les sorties Malavida dont Le Départ du super Jerzy Skolimowski, dont certains voudraient qu’il soit une inspiration pour le Macadam à deux voies de Monte Hellman, mais je ne l’ai pas encore vu. HEINEKEN SKYWALKER

TWO GATES OF SLEEP
Alistair Banks Griffin
Damned

Il me semblait que quand on commençait à faire ses propres films, on était censé s’émanciper de ses profs. Le jugement de ses pairs, j’ai arrêté d’y croire, mais de ses profs, c’est quand même la moindre des choses. Dans cette perspective, j’ai du mal à comprendre qu’on fasse un premier film sous influence de tous les cinéastes chiants du moment, de Terrence Malick à Alexandre Sokourov – soit les figures de proue des ciné-clubs de fac chiants – à part choper quelques rates casse-couilles qui croient tout savoir du cinéma parce qu’elles ont vu tout le catalogue agnès b. Ça m’empêche pas de trouver ces films pas mal, mais on ne m’empêchera pas d’afficher le mépris certain que m’inspirent ces cinéastes à la con qui finissent par faire des pubs à la Red parce que merci mais je peux rien récupérer dans les noirs avec une compression AVCHD. DAVID CRONEMBOURG