Afin d'aider le Laos à se sortir de la situation causée par l'armée américaine, le Département d'État a embauché HALO, une organisation spécialisée dans le déminage. Le groupe emploie de nombreux Laotiens – comme la femme ci-dessus. Toutes les photos sont de Nicolas Axelrod
Somphone a scanné le sol pour trouver ces bombes. Au fond d'un cratère, il en a trouvé une intacte. Une autre, rouillée, dans le sol à côté d'un rocher. Encore une autre à côté d'un journal brûlé. Une dernière a creusé un trou dans la boue. Délicatement, Somphone a déplacé les quatre bombes en direction d'une crevasse, là où sa famille est le moins susceptible de passer. Il en a placé une autre au fond d'une souche. Plus tard, il a récolté les coquilles ouvertes de six de ces bombes et les a empilées avec de la ferraille à l'arrière de sa cabane. Les agriculteurs laotiens utilisent des réservoirs d'essence pour y faire fondre le métal. Ils l'utilisent ensuite pour en faire des pots, des casseroles ou des clôtures. Dans le village de Ka Toh, où vit Somphon, des boîtes entières de bombes à fragmentation portent la mention Dallas, Texas et Camden, Arkansas. Les habitants du village s'en servent aussi pour construire leurs cabanes. Le métal alimente également un commerce de la ferraille, fournissant aux pauvres du Laos une source de revenus.Tandis que nous roulons sur une route de gravier au volant d'une voiture de HALO, un vieillard en treillis vert foncé nous interpelle depuis le perron de sa hutte. Lorsque nous freinons, il s'approche de la voiture, agitant ses mains, qui tiennent un sac en tissu noir. Il crie : « La berd. La berd. La berd. »
De nombreux Laotiens se sont, par le passé, servis des métaux présents dans les bombes à fragmentation pour construire des habitations, diverses structures, ou encore cette cabane de stockage.
Chaisouk Sisouvanna travaille chez HALO en tant que médecin et technicien de surveillance.
HALO conduit régulièrement des détonations afin de mettre hors d'état de nuire toute bombe n'ayant pas encore explosé. Celles-ci sont échafaudées dans d'énormes cratères où les bombes à fragmentation ont déjà laissé leur marque.