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Gaming

« Rise of the Tomb Raider » n'est pas un chef d'œuvre – mais c'est quand même hyper bien

Voilà enfin le concurrent d'Uncharted dont Microsoft avait besoin.
Toutes les captures d'écran via Xbox Wire

Au bout de deux heures passées sur Rise of the Tomb Raider, la suite du reboot de 2013 du développeur de San Francisco, Crystal Dynamics, on se dit : et si j'étais en train de jouer au jeu de l'année ? Tout ce que je vois, tout ce que je fais, tout ce que j'entends est génial. Ce jeu me parle comme peu de gros budgets savent le faire : on balance constamment entre le prévisible et le non-jouable. J'ai survécu à une avalanche sur le flanc d'une magnifique montagne enneigée, exploré une antique tombe syrienne alors que la guerre faisait rage dans la ville, en arrière-plan, et me suis remis d'un K.O. comme seule Lara Croft peut le faire. Dans l'opus précédent, Lara apprenait à survivre. Ici, elle démarre battue, écorchée et sanglante et se transforme. Lara Croft est une Reine des Neiges pour adultes du genre à frapper et poser des questions ensuite, une tueuse au cœur de glace qui prend plaisir à tout détruire.

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Et c'est là que le bât blesse. On se rend compte que le jeu n'est pas si exceptionnel que ça, pas un de ceux qu'on classerait dans les 1% de jeux grand-public capables de faire vibrer de vrais gamers. Non, Rise of the Tomb Raider n'est rien de plus qu'un très, très bon jeu. On s'éclate la plupart du temps, il regorge d'action, on reste sur le canapé, bloqué dans des énigmes bourrées d'originalité et le reste du temps, on succombe à l'appétit insatiable de meurtres et de destruction de la petite Lara.

Ne me faites pas dire que les fusillades, dont l'intensité va crescendo, ne sont pas bien orchestrées. Une fois qu'on commence à maîtriser le jeu et que celui-ci nous prend aux tripes, avec son héroïne armée jusqu'aux dents et prête à réduire en cendre toute trace d'IA, on continue à s'éclater. Voilà une suite d'explosions et de rebondissements digne de ce que Hollywood peut nous servir de mieux chaque mercredi jusqu'à la fin des temps. Malheureusement, le jeu perd de la personnalité qui séduit dans les premières heures de jeu, durant lesquelles on découvre une Lara comme une fille blessée psychologiquement, accablée par la tâche de sauver la réputation de sa famille. On est loin de l'explosion de violence de la suite.

Dans le jeu, on évite les conflits comme on peut. De nombreuses zones peuplées d'ennemis sont traversables sans attirer l'attention. Mais au moindre faux-pas, la situation part en vrille. Pas question ici d'encaisser les balles : il faut se mettre à couvert pour ne pas y rester. Mais Lara Croft est rapide : il est parfois plus utile d'utiliser le bouton d'esquive en se précipitant sur un ennemi armé d'un fusil à pompe, que de rester sagement planquée dans son petit buisson. C'est en tous cas vrai dans le niveau de difficulté normal — qui n'est pas très élevé. Une fois le jeu terminé une première fois, on débloque un mode « survie » beaucoup plus exigeant, dans lequel se confronter de face à l'ennemi revient à un plongeon dans les eaux froides du Styx qui se termine par un fondu gris — on est loin des scènes brutales du jeu de 2013.

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« Rise of the Tomb Raider », bande-annonce

On retrouve dans ce volet la Lara de 2013, même si elle m'a parue plus torturée. Les mouvements et la voix du personnage sont ceux de l'actrice anglaise Camilla Luddington, mais son physique tend plus vers celui de Gemma Arterton, qui est pressentie pour interpréter la pilleuse de tombes sur grand écran. Rhianna Pratchett, la scénariste en chef de cet opus a fait du bon boulot : on se connecte avec ce petit bout de femme qui se cache derrière sa coiffure toujours impecc — un secret de beauté qu'elle a sans doute piqué à Tintin. En vrac : un carquois rempli de flèches au gaz, ses souvenirs d'enfance et sa relation conflictuelle à la femme qui a remplacé sa mère (qu'on suppose morte) nous remplissent d'empathie pour le personnage. Je ne vais pas vous spoiler le scénario, mais Ana, la méchante belle-mère, joue un rôle important.

Résultat : Lara se met à la recherche d'un objet surnaturel censé donner la vie éternelle. Celui-ci se trouverait quelque part en Sibérie… L'occasion rêvée de s'embarquer dans un voyage à travers des paysages variés, des vertes vallées débordant de vie aux terres gelées les plus hostiles. Hélas, Lara Croft n'est pas la seule en quête de ce talisman : la Trinité, une vieille société secrète à la puissance de feu moultes fois supérieure à sa capacité d'orientation est aussi sur le coup. Voilà pour la chair à canon, qui sera renouvelée par l'arrivée d'une nouvelle tribu de méchants, plus tard dans le jeu. Pourquoi cherchent-ils l'objet ? Peut-être parce qu'ils sont vieux. Peut-être parce que le nom de leur société fait référence à la vie éternelle ? Quelles que soient ces raisons, il est intéressant de noter que, né au XXe siècle ou à l'époque lointaine où Constantinople était le centre du monde, un coup de hache dans la tête ampute lourdement le moral de l'Homme.

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On comprend le but de Lara en collectionnant des journaux audio et des journaux de bord, disséminés dans le vaste monde du jeu (les « voyages rapides » sont alors indispensables pour récupérer les reliques oubliées lors de votre premier passage). On comprend alors pourquoi Lara choisit de faire ce qu'elle fait, et pourquoi elle se doit de le faire. Vous trouverez aussi des tas de caisses, de coffre-fort, de plantes et d'animaux dont vous pouvez profiter pour améliorer vos armes et votre équipement autour de points de sauvegarde habilement camouflés en feux de camp. Denis Brogniart est-il chargé d'allumer les feux avant l'arrivée de notre héroïne ? Voilà une question que le jeu laisse (volontairement ?) en suspens.


Vidéo associée – Comment me déguiser en elfe m'a sauvé la vie :

Les feux de camp cassent légèrement l'ambiance, mais ce n'est rien par rapport à d'autres moments qui nécessitent un objet précis et frustrent le joueur, ce qui va à l'encontre du gameplay du jeu. On ne peut pas ouvrir de caisse cadenassée avant d'avoir le bon outil, mais on trouve un fusil à pompe bien avant de trouver de quoi crocheter une serrure… Alors pourquoi ne pas fracasser le cadenas en tirant dessus ? Des pièges de cordes et de piques vous tomberont dessus par moment et il vous faudra alors tirer sur les piques pour les détruire… Inutile de viser les cordes qui semblent, elles, indestructibles. J'ai remarqué quelques bugs, comme le fait que Lara traverse parfois des surfaces solides comme des containers, avant de tomber dans un puits sans fond. On a parfois du mal de sauter d'un point à un autre, alors ne soyez pas déçu si vous perdez une vie ou deux sur ce genre de détails.

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Le jeu est aussi muni d'un mode Expédition dans lequel on refait les étapes du mode campagne, avec des modifications apportées par des cartes qu'on vous invite à retourner — vous pourrez en acheter certaines, d'autres se gagnent en jouant. Mes préférées sont évidemment les bombes-poulet et les flèches. Lors d'un moment calme de la campagne, j'ai réalisé que je pouvais attraper des volailles dans les villages et les jeter en l'air, mais je ne savais pas qu'on pouvait les utiliser comme flèches dans le mode Expéditions, comme dans Hot Shots. On peut aussi faire grossir la tête de Lara ou des ennemis, désactiver les attaques groupées, choisir les armes qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas, finir un niveau sans trop se fouler et ainsi de suite. Ce jeu regorge de possibilités : à vous de voir si vous voulez payer pour les exploiter. Personnellement, je me suis contenté de celles offertes par ce que j'ai gagné dans le mode campagne.

Bon. Je reviens de lire les notes que j'ai prises en jouant… J'ai marqué que, dans Rise of the Tomb Raider, les ennemis sont parfois bizarrement placés (Mec, je viens de grimper une cascade de glace, de me balancer au-dessus d'un précipice et de ramper le long d'une corniche… Qu'est-ce que tu fous là ?) et qu'il faut constamment appuyer sur le bon bouton pour activer « l'instinct de survie pour comprendre ce que Lara peut ramasser pour faciliter la progression — ils s'affichent en surbrillance jaune et le reste de l'écran s'assombrit. Et la possibilité de ne pas explorer les tombes est un peu bizarre, étant donné que c'est un peu ce qu'on attend d'une pilleuse de tombes dans le genre de Lara Croft. Mais bon, rien de bien grave, c'est le genre de petits défauts qu'on s'attend à trouver dans tous les jeux vidéo. Si les jeux ressemblaient à la vraie vie, on se ferait rapidement aussi chier que dans notre vie de tous les jours — ces petites imperfections font le sel du jeu vidéo et nous permettent, en contrepartie, de vivre de merveilleuses aventures habituellement réservées à Sylvain Tesson et Nicolas Hulot. Car on ne s'ennuie jamais dans Rise of the Tomb Raider, même quand le jeu noie sa propre identité sous des clichés faciles — par exemple, quand une archéologue de vingt ans devient la fille de John Rambo et Sarah Connor.

Voilà enfin le concurrent d'Uncharted dont Microsoft avait bien besoin — même si l'exclusivité temporaire dont bénéficie la Xbox risque d'amputer le succès commercial du jeu. Alors, il ya des défauts, quelques graves erreurs, mais cette livraison des aventures de Lara Croft se place bien au-dessus de la plupart des sorties des gros studios de l'année dernière. On n'a pas le jeu de l'année, mais je vous le recommande les yeux fermés. On verra ce que vaut A Thief's End , le dernier effort de Nathan Drake, mais Rise of the Tomb Raider pourrait bien être le meilleur Indiana-Jones-like du moment, si vous le passez l'expression. Merci. Rise fait avancer Tomb Raider dans le bon sens, et il est bien trop tôt pour enterrer Crystal Dynamics. Un dernier conseil : patientez jusqu'au bout du générique de fin (qu'on doit à Karen O), vous ne le regretterez pas.

Rise of the Tomb Raider est sorti en novembre dernier sur Xbox One (version testée) et Xbox 360. Une version PC ne devrait pas tarder. Ceux qui ont une PlayStation 4 devront attendre la fin de l'année 2016.Cet article a été rédigé en partenariat avec Nvidia Shield - cliquez ici pour découvrir leur catalogue.

@MikeDiver