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Le vent de Santa Ana soufflait ce soir-là. Si vous êtes de la Côte Est ou de toute autre partie du monde, vous n’avez aucune idée de la violence de ces tempêtes de vent. J’étais allongé dans un lit sur lequel je n’étais absolument pas censé me retrouver, yeux grands ouverts, et j’écoutais les rafales qui traversaient mon quartier comme un Godzilla tout bourré. J’entendais des trucs tomber et s’éclater dans la rue. Avant d’aller me coucher, j’avais lu que les vents avaient privé LAX d’électricité. Je suis resté allongé sur le lit, yeux grands ouverts, à imaginer le terminal obscur et l’homme devant le comptoir alternant hurlements et couinements plaintifs dans le noir.Le businessman colérique de mon vol avorté vivrait cette tempête lui aussi, tout comme l’hôtesse malade et tous ceux qui étaient coincés dans ce coin paumé pour la nuit. Je me demandais ce qu’ils feraient de ce cas de force majeure terrifiant. Peut-être que l’homme d’affaires se résoudrait à garder son calme à l’avenir. Peut-être que l’hôtesse de l’air déciderait de ne plus se faire de soirées tequila-huîtres avant un vol important. Peut-être même que le businessman et l’hôtesse de l’air se rencontreraient le lendemain à San Francisco et tomberaient amoureux. Tout ça grâce à un cas de force majeure.(Mais leur vol exploserait au décollage. Ironie du sort.)Précédemment dans la Caverne de la Brutalité : Green Day@sammcpheeters
