
Frank Lantz : Ils sont idiots. Donner une nouvelle peau au Monopoly est sans doute la façon la moins inventive de créer un jeu. Il y a un Monopoly « Simpson » et même une version foot. Ça a été fait un million de fois. C’est vrai. Mais au moins, ils l’ont adapté à leurs idéaux politiques.
La politique dans les jeux de société n’est pas une nouveauté. Le Monopoly se fonde lui-même sur un jeu inventé par les radicaux de gauche pour montrer les injustices sociales liées à la propriété foncière. La seule valeur de ce jeu est son côté culturel à la fois choquant et pervers. Eric, tu expliques ça comment ?
Eric Zimmerman : Le fait même qu’ils aient fabriqué ce jeu montre qu’ils fantasmaient à l’idée de pouvoir intégrer leurs idées à la culture de masse. Ils voulaient voir leur version du Monopoly chez les marchands de jouets. Ce n’était pas nécessairement une tentative sérieuse de faire un jeu fun ou payant, ni même quelque chose d’économiquement viable. Le fait de créer ce jeu les aidait simplement à vivre leur fantasme. Jesse, tu crois que c’est fun de jouer au Pogromly ?
Jesse Fuchs : Ce jeu semble destiné aux gens qui trouvent le Monopoly trop compliqué. Je ne sais même pas à quoi servent les cases « commodités » – oh, on dirait qu’il s’agit de travail forcé… Le plus étrange, c’est que le but du Monopoly est de se ruiner entre joueurs. Est-ce que cette version représente les conflits internes chez les nazis ? Je ne crois pas qu’ils y aient songé. Même si j’étais un Martien créateur de jeux qui n’éprouvait aucune répulsion pour le Pogromly, je crois que je n’arriverais toujours pas à en saisir le sens.