Publicité
Music by VICE

Bracco te braque et t'as la braguette ouverte

Le premier album du duo punk wave parisien arrive comme une trombe, sans crier gare, en nous laissant un peu pantois. Écoute intégrale avant sa sortie le 22 mars sur le Turc Mécanique.

par Marc-Aurèle Baly
18 Mars 2019, 10:59am

© Juliette Gamblin

Existerait-il aujourd'hui un rock de la Station comme il a pu jadis exister un rock du Truskel (ou n'importe quel autre rade un peu « rock » de Paris) ? Si l'hypothèse fait un peu peur (il était souvent question du pire à l'époque), elle pourrait s'appliquer au coin de la Porte d'Aubervilliers sans que ça ne foute trop la honte à personne cette fois. Déjà parce qu'il s'y trame assez de réjouissances en mouvement pour aiguiser notre palais à loisir, et que le lieu, tout autant laboratoire qu'espace de diffusion, semble vouloir se mettre lui-même en branle en permanence - parmi ses dernières déclinaisons, la Station vient de lancer un média en ligne, après avoir monté une radio.

Le duo synth wave punk truc Bracco est un pur produit du cru, d'une part parce qu'il est résident de la Station, mais surtout qu'il concentre dans son son tout ce qui fait la musique mal élevée d'aujourd'hui (avec ou sans guitares) : un truc un peu le cul entre deux chaises, qui veut suer des mâchoires jusqu'au petit matin dans un club au plafond qui goutte, tout en ayant, de l'autre, des velléités de castagne avec le premier malandrin venu dans une ruelle où ça sent la pisse et la Villageoise - chacun sa mythologie.

On a lu quelque part que leur punk pop était plus proche d'un Sigue Sigue Sputnik que d'un Suicide, et c'est assez juste : avec son premier album, qu'on écoute en avant-première ci-dessous, le groupe fonce droit devant, et leur label le Turc Mécanique d'opérer une sorte de choc de simplification par rapport à son catalogue, d'ordinaire un peu plus tortueux. En privilégiant une production hyper claire et en enlevant tout ce qui aurait pu faire tache, les imperfections, les zones d’ombre et les aspérités, il n'en garde qu’un monstre à deux têtes, loin de ces temps immémoriaux où on pouvait utiliser l'expression « electro rock », mais où on sent tout de même une envie double : celle de te coller une beigne d'une main, tout en essayant de te faire les poches de l'autre.

Le premier album de Bracco, Grave, sort le 22 mars sur le Turc Mécanique. Il est en écoute en avant-première ci-dessus.

À noter que le groupe jouera à la Station vendredi.

Marc-Aurèle Baly est vaguement sur Twitter.

Noisey est sur Facebook, Twitter et Flipboard.