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Science : mater des photos olé olé donne des envies de steak

Une étude établit une solide corrélation entre « image sexy » et « barbaque » chez les hommes hétérosexuels.

par Bettina Makalintal
31 Janvier 2019, 5:02pm

Getty Images/Westend61

La viande est-elle un truc sexy ? Dis comme ça, on dirait une couv’ un peu creepos de Grand Seigneur ou une tentative racoleuse de rentrer dans le cercle infernal des actualités qui parlent de cul. Il s’agit évidemment de la seconde option couplée à l’insatiable envie de relayer une étude scientifique venue d’Australie – et qui vaut donc ce qu’elle vaut.

Visiblement, aux pays des dingos, on s’intéresse à la « motivation sexuelle ». Deux chercheurs en marketing ont conclu que, quand les hommes hétérosexuels pensent au sexe, ils veulent manger plus de viande – notamment parce qu’ils pensent que ça les rend plus désirable aux yeux des femmes.

Plus de 1 600 participants venus d’Australie, des États-Unis et du Royaume-Uni ont participé à l’étude qui se divisait en trois étapes dont certaines consistaient à mater des « images sexy » ou à imaginer des « situations romantiques » avant de choisir entre de la viande et d’autres produits alimentaires qui n’en sont pas. Pour ne pas avoir à gérer trop de paramètres, les participants – homme ou femme – qui ne s’étaient pas clairement identifiés comme hétérosexuels ou qui ne mangeaient pas de viande étaient sciemment exclus du panel.

Dans son ensemble, l’étude tire la conclusion suivante : quand l’idée du sexe flotte dans l’air, les hommes veulent systématiquement plus de barbaque.

L’étude a été menée par Eugene Y. Chan et Natalina Zlatevska, qui sont respectivement professeurs en marketing à l’université de Monash et à l’université des technologies de Sydney. Ils ont ensuite publié leurs trouvailles dans la revue spécialisée Food Quality and Preference.

Il y est précisé que les « images sexy » ressemblaient plutôt à des publicités pour Victoria’s Secret ou Abercrombie & Fitch qu'aux thumbnails de xHamster. Lors de la première étape, les participants voyaient des « images sexy » ou s’imaginaient des scénarios romantiques avant de choisir entre du « beef jerky » (viande de bœuf séchée) ou du « vegan jerky ».

Les mecs ayant vu des « images sexy » choisissaient beaucoup plus souvent la viande séchée que les autres. Quant aux femmes, elles étaient moins portées sur le « beef jerky » qu’il y ait des « images sexy » ou pas.

Les résultats se sont avérés similaires pour les deux autres étapes. Les mecs ayant participé à des « scénarios sexuels » choisissaient plus la viande que les autres. Pour les femmes, les résultats n’en étaient pas modifiés. Dans son ensemble, l’étude tire la conclusion suivante : quand l’idée du sexe flotte dans l’air, les hommes veulent systématiquement plus de barbaque.

Selon les chercheurs, les résultats correspondent à la volonté des hommes d’utiliser des marqueurs de statuts pour apparaître plus désirable aux yeux de potentielles conquêtes – la viande étant depuis longtemps attachée à la force et à la masculinité. Il y a une forme de logique à ce que les hommes y soient donc attirés alors que l’idée de la reproduction germe dans leur esprit.

« Peut-être que les pubs stimulent l’appétit sexuel des gens, mais elles encouragent aussi la passion des hommes pour la viande ce qui est à la fois mauvais pour la santé et l’environnement. »

« Le lien entre la viande et le statut est ancré dans de vieux mécanismes, explique Zlatevska dans un communiqué à MedicalXpress. Les hommes des cavernes mangeaient de la viande pour être en bonne santé et assez puissant pour survivre dans un environnement hostile. Plus tard, la noblesse et la royauté consommaient aussi de la viande qui était un symbole de richesse. »

Dans le même temps, les chercheurs justifient les conclusions tirées sur le comportement des femmes, qui seraient moins attirées par la viande après avoir vu ou penser à des images de cul, en expliquant qu’elles se reposent moins sur la notion de statut social pour séduire mais plus sur des « atouts » comme la beauté et la santé.

Comme Chan et Zlatevska opèrent dans le domaine du marketing, le résultat de leur étude s’adresse surtout au marché de la publicité alimentaire. Les pubs pour la viande mettent souvent l’accent sur la masculinité et le sex-appeal.

Chan et Zlatevska écrivent que cet état de fait renforce encore plus les liens entre la viande, le statut social et le désir. « Notre recherche suggère aussi qu’il y a un revers de la médaille à toutes les publicités sexy aujourd’hui », écrit Chan à MUNCHIES dans un e-mail. « Peut-être qu’elles stimulent l’appétit sexuel des gens, mais elles encouragent aussi la passion des hommes pour la viande ce qui est à la fois mauvais pour la santé et l’environnement. »

En gros, les pubs qui utiliseraient le cul pour tenter de promouvoir le développement durable ou une baisse de la consommation de la viande se tireraient une balle dans le pied. Capito ?


Cet article a été préalablement publié sur MUNCHIES US

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