Etats-Unis

Trump toujours persuadé d'avoir été victime d'une fraude électorale

Pourtant, aucune preuve ne vient soutenir ce fantasme. Même des Républicains de haut rang comme le président de la Chambre de représentants, Paul Ryan, lui demandent de passer enfin à autre chose.

par Olivia Becker
25 Janvier 2017, 10:30am

Donald Trump continue de penser qu'une fraude électorale de grande ampleur lui a fait perdre le vote populaire (de 2,9 millions de voix). Et apparemment, il ne peut pas passer à autre chose. C'est maintenant au tour de son porte-parole de le soutenir dans cette démarche.

Pendant une conférence de presse tenue à la Maison blanche ce mardi, Sean Spicer a soutenu les dires de Trump prononcés la veille lors d'une rencontre avec les leaders du Congrès. Trump estime que de 3 à 5 millions de votes « illégaux » lui ont fait perdre le vote populaire.

« Il continue d'entretenir cette croyance, basée sur des études et des preuves que des gens lui ont présentées, » a dit Spicer aux journalistes, qui lui ont demandé à plusieurs reprises si le président croyait encore en cette histoire de votes illégaux, alors qu'elle a été totalement discréditée — à de multiples occasions.

Il n'existe pas de preuves de fraude électorale pour les dernières élections présidentielles américaines, ni pour les précédentes. Il n'y a pas de preuves de fraude électorale de moyenne importance, donc encore moins de fraude « de grande ampleur », comme le suggère le président. On dénombre seulement 4 cas de personnes ayant voté illégalement pendant les présidentielles de 2016, d'après une fine analyse menée par le Washington Post.

Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, et le sénateur républicain Lindsey Graham s'accordent sur un point : il n'y a pas eu de fraude électorale. Après avoir rencontré Trump ce lundi, Ryan a dit qu'il n'y avait « aucune preuve » laissant craindre une fraude généralisée. De son côté, Graham a imploré le président « d'arrêter de dire ça ».

Mais Spicer a cité de manière inexacte une étude que Trump a vue pour dire qu'il y avait eu une fraude massive.

« Je pense qu'il y a eu des études, » a dit Spicer. « Il y en a une qui a été réalisée par Pew en 2008 qui montrait que 14 pour cent des votants n'étaient pas des citoyens américains. D'autres études ont été présentées au président. »

L' « étude » à laquelle fait référence Spicer a été réalisée en 2012, pas en 2008. À aucun moment il n'est écrit que quiconque a voté illégalement. Intitulée « Inexact, coûteux et inefficace : Le système d'inscription des électeurs américains doit être amélioré, » l'étude indique que près de 24 millions d'inscriptions d'électeurs ne sont plus valides dans le pays, dont 1,8 million de personnes décédées qui sont encore inscrites sur les listes électorales. Mais l'étude ne dit pas que ce 1,8 million d'électeurs a voté.

Les rumeurs de fraude électorale perpétrée par des travailleurs illégaux viendraient de tweets postés par un « expert » conservateur autoproclamé en fraude électorale, un certain Gregg Phillips.

Les affirmations de Phillips ont ensuite été récupérées par des blogs de droite et d'autres sites de théories du complot. Trump aurait pu lire ces rumeurs sur ces publications.

« Il croit ce qu'il croit, » a conclu Spicer.


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