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Sport

Les fans de sport sont des connards : un bref historique

En 2011, on se souviendra que la violence a été l’option choisie pour se faire entendre - à la fois au cours des révoltes du monde arabe et lors des émeutes de Londres. Mais l’esprit du « je vais te défoncer la gueule, connard » s’est aussi propagé...

En 2011, on se souviendra que la violence a été l’option choisie pour se faire entendre - à la fois au cours des révoltes du monde arabe et lors des émeutes de Londres. Mais l’esprit du « je vais te défoncer la gueule, connard » s’est aussi propagé dans le monde du sport.

D'abord, un innocent match de basket en Chine qui se transforme en guerre raciale. Le lendemain à Baltimore, des fans de foot se foutent sur la tronche sans raison apparente. Et le jour suivant, cet événement où deux mecs se sont faits tirer dessus dans un parking pendant un match de foot américain qui opposait les Raiders d’Oakland aux 49-ers de San Francisco.

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J'ai décidé de passer en revue toute l'historique de la violence dans le monde du sport (sauf dans le foot, car ce serait beaucoup trop long) et j’ai essayé de relier ces récents excès de violence à des événements similaires qui se sont produits dans le passé.

LE CONFLIT CHINE-USA

L'équipe de basket de Georgetown a fait le voyage jusqu'en Chine pour affronter des équipes pro – apparemment, il y en a aussi là-bas. Jeudi dernier ils ont joué contre une équipe constituée de soldats chinois, et la rencontre s’est soldée par des affrontements violents semblables à ceux de la fin de Shérif est en prison. Les joueurs de Georgetown ont d'abord décidé de se battre, jusqu'au moment où ils se sont rendu compte que les autres étaient beaucoup plus nombreux, environ un milliard de plus.

TAUX DE VIOLENCE : 5.5

Ça a l'air assez dingue sur YouTube, mais personne n'a été grièvement blessé.

SOIRÉE DEMOLITION-DISCO

Parfois c'est difficile de donner aux gens envie de regarder un mauvais match de baseball. Déjà que c'est un sport chiant, alors si en plus les joueurs sont nuls, merci. Les White Sox ont dû faire face à ce problème en 1979. Le petit génie qui s'occupait de leur com' a décidé d'organiser une soirée durant laquelle le public était invité à apporter ses disques de disco sur le terrain afin qu'ils y soient brûlés - une idée géniale, sauf qu'il y avait vraiment un match de baseball à côté. Grâce à la promo gargantuesque, des tas de gens se sont pointés au stade, et quand les festivités ont démarré, les gens leur ont lancé des bouteilles de whisky à la gueule en se servant des vinyles comme autant de frisbees potentiels. La seule raison pour laquelle personne n'a été sérieusement blessé, c'est que les gens étaient trop bourrés pour se battre.

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TAUX DE VIOLENCE : 4.8. Avec le recul, il s'agissait plus d'une fête un peu virile que d'une déclaration de guerre à la disco et à l'ensemble de l'humanité.

BIÈRES À 10 CENTS POUR LA SOIRÉE

Cleveland, encore aujourd'hui, n'est pas une ville que l'on pourrait qualifier de « fun ». Mais dans les années 1970 elle était surtout connue pour trois choses : un fleuve mythique qui peu prendre feu à tout moment, une grave dépression économique, et des équipes de sport pathétiques. L’équipe de baseball de la ville, les Indians, a essayé de remonter le moral des habitants en proie au désespoir en vendant des bières à 10 cent pendant un match, ce qui a effectivement amené des gens, et par la même, une émeute. Les gens bourrés se sont dans un premier temps montrés sympathiques, puis se sont lancés sur le terrain en jetant joyeusement leurs choppes de bière et des pétards sur les joueurs. Ça a vraiment mal tourné quand les joueurs de l’équipe adverse, les Texas Rangers, ont commencé à tabasser les supporters ivres avec leur batte.

TAUX DE VIOLENCE : 7.2. Des groupes armés bourrés en train de se battre c'est assez sérieux, même lors d'un match de baseball.

LES COUPS DE SANG DE RICHARD

Maurice Richard était un très, très bon joueur de hockey canadien. C’était aussi un joueur québécois de couleur, et dans les années 1950 il s'agissait d'un détail important. C’était un peu le bouc émissaire de la fédération, et parfois il répondait aux insultes, comme cette fois en 1955 où il a fracassé la tête d’un joueur de l’équipe adverse à l’aide de sa crosse, avant de frapper un arbitre. Ça, apparemment c'est contraire aux règles, et en conséquence il a été suspendu par le président de la ligue nationale de hockey, Clarence Campbell. Là, les fans de l’équipe de Montréal dont faisait parti Richard ont été plutôt mécontents – quand Campbell est venu assister à un match du Canada, le public lui a lancé des légumes et des œufs pourris à la face. Les émeutes ont finalement gagné la rue, les gens ont foutu le feu aux kiosques à journaux puis ont retourné des voitures qui n'y étaient pour rien. 37 personnes ont été blessées et 100 ont été arrêtées. C’est sans doute comme ça qu’est né le « cliché » à propos de la violence chez les supporters de hockey canadiens.

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TAUX DE VIOLENCE : 8.3. Mention spéciale au fait que les émeutes aient débutées par une simple baston pour se transformer au fur et à mesure en micro-apocalypse.

SEDITION NIKA

De nos jours, les gens montrent leur soutien à une équipe en portant des t-shirts hyper moches ou en brandissant des croix celtiques, mais à l’époque romaine, les gens prenaient le sport – et surtout les courses de chars – très au sérieux. Les fans formaient des associations qui sont devenues si influentes qu'elles ont commencé à s'impliquer dans la politique et dans la criminalité urbaine. En 532 à Constantinople, les deux plus grandes factions, les Bleus et les Verts, se sont unies pour faire sortir de prison un couple de criminels, et ça s’est transformé (logiquement !) en émeute pendant une course de chars. L'empereur de l'époque, Justinien Ier, a essayé d'apaiser la foule en relâchant les prisonniers et en multipliant les courses de chars, mais la foule a continué de brûler la ville, en menaçant directement le gouvernement en place. C’est finalement l’armée qui a dû intervenir pour calmer les manifestants, mais seulement après que la moitié de la ville ait brulé et que 30 000 personnes aient péri dans les flammes.

TAUX DE VIOLENCE : 176.9. Putain, les fans des Raiders ne sont pas si mauvais finalement.

HARRY CHEADLE