LE NUMÉRO DU JOUR MALADE

Le Numéro du « Jour malade » est arrivé près de chez vous

Stefanie Moshammer nous explique comment elle en a réalisé la couverture, pour laquelle elle s'est rendue dans une favela de Rio de Janeiro.
31.10.16

_Cet article est extrait du « Numéro du Jour malade »_ Stefanie Moshammer est une photographe basée à Vienne qui a déjà orné nos pages de décembre avec des extraits de son précédent projet, Vegas and She– une collection de scènes surréalistes prises dans les strip-clubs de Las Vegas. Depuis, elle a été très occupée à remporter toutes sortes de récompenses. Son nouveau projet, Land of Black Milk, offre des aperçus colorés du quotidien en périphérie d'une ville en plein essor. On a discuté avec elle de la photo de couverture de notre tout dernier numéro.

VICE : Dis-nous-en plus sur le sens de la photo de couv.
Stefanie Moshammer : Elle a été prise dans une favela de Rio de Janeiro, Santo Amaro. La police a apaisé cette favela en 2012 dans sa lutte contre l'organisation criminelle Comando Vermelo (CV). Le CV existe toujours, cependant – il y a juste une dynamique différente. Selon moi, la police et les gangs ont une sorte d'arrangement. J'ai pris la plupart des photos de cette série là-bas.

Moshammer sur la plage de Rio.

Comment as-tu pu y accéder ?
Pour photographier cette favela, ou ne serait-ce que pour y entrer, il faut être accompagné d'un natif, et cette personne doit vous présenter à un membre. Un ami à moi m'a présentée aux membres du Comando Vermelho, et ils ont accepté que je prenne des photos, parce qu'ils connaissaient et respectaient mon ami.

Comment en es-tu venue au titre Land of Black Milk ?
Black Milk est tiré d'une anecdote historique. À l'époque de l'esclavage, « black milk » était le nom donné au lait maternel volé aux esclaves afin de nourrir les nourrissons blancs. Pour comprendre Rio, il est nécessaire de comprendre l'histoire du Brésil. Quatre millions d'esclaves ont été transportés depuis l'Afrique au Brésil, bien plus qu'ils ne l'ont été aux États-Unis. Aujourd'hui, la plupart de leurs descendants vivent dans les favelas et travaillent toujours pour la bourgeoisie de Rio. Quoique mon travail ait loin d'avoir une approche photojournalistique, j'aime fournir quelques pistes sur des sujets qui me semblent pertinents.