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LE NUMÉRO 1994

Livres et vhs

J’adore aller fouiner dans le vidéo club/librairie de Norbert Moutier. Ce mec fait des séries Z dans sa cave tout en éditant un fanzine dément...

ROCK’N’ROLL OVERDOSE

Réalisateur : Todd Philips

Éditeur : Haxan films

L’année dernière, GG Allin est mort. Si quelqu’un le connaît, tant mieux. Mais je pense que GG aurait préféré que personne ne le connaisse. Je pense qu’idéalement, GG aurait voulu qu’on puisse faire de la musique sans avoir de fans, qu’on puisse être un dieu sans être une idole. Mais puisqu’il n’a pas eu le choix, GG a vécu sa vie comme un Dieu disposant de ces pitoyables créatures qui rampaient à ses pieds comme de vulgaires bouts de chair. D’ailleurs, comme un dieu trop humain, GG ne s’est jamais vu comme autre chose qu’un bout de chair, de merde, qu’une giclée de pisse et de foutre. C’est comme ça qu’il a vécu, c’est comme ça qu’il est mort, et grâce à Todd Philips, on pourra se souvenir qu’il a vécu sur cette terre à la fin du 20ème siècle comme une parfaite antithèse à la vie, errant comme un doigt d’honneur à la mort. Son prénom c’était GG, nom de famille ALLIN.

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You rocked dude! RIP

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EDDIE VADOR

BODY

Auteur : Harry Crews

Éditeur : Gallimard

Body est le genre de bouquin qui tord des cous.

Body

tord le cou à l’idée que la NRF n’est pas une maison d’édition très rock’n’roll. Parce que Body est clairement un des bouquins les plus rock à être sorti en France ces dernières années. Ensuite, Body tord le cou à l’idée que le body building est une discipline décérébrée. Je défie quiconque lira ce bouquin d’en sortir avec l’a priori sur le body building qu’il avait en y entrant. Harry Crews révèle le côté humain d’athlètes trop souvent pris pour des cons sans conscience. Il y a conscience, et il y a discipline derrière ces machines humaines, bien plus respectables que beaucoup d’entre vous. Attention, je dis pas que je vais me mettre à triquer sur des filles aux seins atrophiés par les stéroïdes, en revanche, je comprends pourquoi Kim Gordon et ses copines ont fondé un groupe qui s’appelle Harry Crews. D’ailleurs, si vous avez une copie de leur album, ça m’intéresse, même chez Rough Trade j’arrive pas à le trouver en import.

RAINER WEINER FASTBENDER

MONSTER BIS HORS SÉRIE : JESUS FRANCO

Auteur : Norbert Moutier

J’adore aller fouiner dans le vidéo club/librairie de Norbert Moutier. Ce mec fait des séries Z dans sa cave tout en éditant un fanzine dément équivalent à une encyclopédie érudite du cinéma alternatif et bizarro. Cette année, il a sorti un film préhistorique,

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Dinosaurs From the Deep

(avec Quelou Parente, qui s’occupe des films Troma en France et dont je suis amoureux) mais aussi un nouveau numéro de

Monster Bis

consacré à Jess Franco, un réal espagnol vraiment barré, spécialiste du film psychédélique mettant en scène des lesbiennes vampires et grand sadien devant l’éternel. Il a réalisé plus de deux cents films, autant dire l’une des cinématographies les plus importantes de l’histoire. Ses bandes originales psyché prog seront certainement redécouvertes un jour et sa muse, Soledad Miranda, est une des plus belles filles que la pellicule ait jamais imprimée, mais surtout le mec a été assistant d’Orson Welles sur

Don Quichotte

. Après ça, si vous n’êtes pas curieux, c’est plus mon affaire.

JEAN BIGOT

LA PERSÉCUTION RITUELLE DES DROGUÉS

Auteur : Thomas Szasz

Editeur : Les éditions du Lézard

Notre amusant ministre de l’Intérieur Charles Pasqua vient de décider de partir en croisade contre la drogue afin de «

protéger l’humanité contre les polluants externes et internes

». Avant de foutre la moitié du pays en prison, il ferait bien de se reporter à cet essai lumineux qui vient de paraître aux géniales éditions du Lézard. Le pyschiatre antipsychiatrie Thomas Szasz, auteur du célèbre

Mythe de la maladie mentale

, y explique comment les drogués sont peu à peu devenus les boucs émissaires d’une société faux-cul dans laquelle le diagnostic de « folie » a pris la succession de celui de « possession par le diable », et comment les hommes politiques et les médecins se sont ­arrogé le droit d’interdire certaines drogues tout en encourageant la consommation des drogues dites « légales ». Ce livre arrive donc à point nommé pour ouvrir le débat sur la dépénalisation des drogues douces qui devrait quand même avoir lieu avant la fin du siècle.

JEAN-JACQUES FADE