La ville mexicaine qui éclate des piñatas remplies d’animaux vivants

Tous les ans, les habitants de la ville de Citilcum s'adonnent à une tradition cruelle – sans réellement savoir pourquoi.

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29 mai 2015, 5:00am

Toutes les photos sont de Hugo Borges

Cet article a été initialement publié sur VICE Mexique.

Chaque année, sans exception, les habitants de la ville de Citilcum célèbrent un rituel connu sous le nom de Kots Kaal Pato. Pour résumer grossièrement, les habitants se parent de leurs plus beaux habits, se réunissent près d'une structure en bois située dans le centre-ville avant de tuer un tas d'animaux innocents.

Le Kots Kaal Pato n'est pas si éloigné des traditionnelles piñatas du Mexique. Mais au lieu de remplir un récipient en papier mâché de bonbons colorés, les gens y insèrent des animaux vivants réunis par les enfants de la ville. Si la plupart de ces pauvres animaux sont des iguanes, on peut aussi y trouver des espèces en voie de disparition, comme des opossums.

Ce rituel voit ensuite les gens se succéder pour frapper les animaux avec des bâtons. Malheureusement, les rares bêtes qui survivent à l'issue du massacre succombent souvent à leurs blessures. Si elles arrivent miraculeusement à s'échapper, la foule s'empresse de les rattraper pour les écraser.


Après avoir écoulé leur stock d'opossums, les habitants de Citilcum ont amené un canard. L'oiseau est attaché et pendu à une structure en bois, et les gens se bousculent pour être les premiers à l'attraper.

Bien évidemment, le canard est mort au moment où sa nuque a été brisée, mais il faut parfois un peu de temps pour que le « champion » parvienne à décapiter l'animal. Le public finit souvent aspergé de sang. Le plus choquant, c'est que les habitants ne semblent pas du tout troublés par ce spectacle macabre. Au contraire, tous semblent éprouver une certaine joie.

Bien que cet événement soit très important pour les gens de Citilcum, aucune des personnes présentes n'a été en mesure de m'expliquer les origines de cette tradition cruelle – pas même les anciens du village.

« On ne sait pas vraiment d'où vient cette tradition. Mes parents m'ont appris son existence, et eux-mêmes le tiennent de leurs propres parents, etc. À l'époque, le rituel se pratiquait autour d'un kapokier situé non loin d'ici, mais en 2002 – quand l'ouragan Isidore a sévi sur le Yucatán –, l'arbre est tombé », m'a raconté Idelfonso Tec, un vieil homme né à Citilcum. Depuis, la célébration se déroule dans un parc situé près des établissements municipaux de la ville.

Freddy Poot Sosa, un chercheur spécialisé dans la culture maya, avait l'air aussi peu informé sur l'événement. « Je ne savais pas du tout qu'une telle célébration existait. J'imagine que c'est une tradition très locale et exclusive », m'a-t-il confié.

Personne ne sait vraiment comment ce rituel a commencé, mais une chose demeure certaine – le Kots Kaal Pato existe encore en 2015.

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