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Jurisprudence Facebook : Quelques trucs à ne pas faire pour éviter de passer pour un pipster - Part II

La semaine dernière, Kelly Slaughter avait dressé une charte des principales manoeuvres Facebook à scrupuleusement éviter pour ne pas être assimilé à un nain social, voire, à un lutin social.
25.3.10

La semaine dernière, Kelly Slaughter

avait dressé une charte des principales manoeuvres Facebook à scrupuleusement éviter pour ne pas être assimilé à un nain social, voire, à un lutin social. Prétextant le fait que la liste ne soit pas entièrement exhaustive, notre collaborateur crapuleux Fifrelin s'est livré à l'écriture d'un complément d'enquête, qui s'est vite transformé en second chapitre de l'article en question. Voici donc dix nouvelles façons de vous soumettre aux règles élémentaires de vie en réseau social, et de ne plus importuner vos camarades de wall avec des usages de trou de balle stupide.

NE PAS CHANGER SON IDENTITÉ FACEBOOK

Woooooooopela. Je comprends qu’on puisse avoir envie d’être un héros, que c’est tellement plus marrant d’écrire son nom en Sanskrit et que s’appeler Michaël Georges c’est un peu casse couilles. Mais voilà, Facebook se fonde sur le principe de retrouver des gens de la vraie vie et pas de jouer avec un être fictif. Cela nécessite que les individus soient indentifiables par leur nom et leur trombine. En gros, c’est pas Myspace où on avait le droit de se construire un petit personnage minable pour jouer la comédie devant d’autres petits personnages minables. Maintenant vous avez grandi et avez le devoir d’assumer votre personnalité, qui n’est pas si nulle que ça enfin.

NE PAS RECHERCHER / ACCEPTER D'ANCIENS AMIS

Quelle surprise de voir que Clio est déjà mère d’un charmant bambin à la suite d’un « accident » de capote derrière le lycée agricole de Saint-Arnoult en Yvelines ! Quelle plaisir d’admirer Alexandra – une fille que vous aimiez bien, disons - qui s’est fiancée à un avocat fiscaliste de chez Capitalists & Assholes Partners ! Quelle franche rigolade avec les potes en revoyant Anne – une fille à qui vous n’aviez jamais adressé la parole - qui a perdu près de 30 kilos ! Et lui, c’est toujours 6tem son blaze ? Ouah le baggy, énorme ! Non sérieux, faut arrêter, Facebook c’est pas copains d’avant.

NE PAS METTRE DE STATUTS DE TYPE « J'T'EN METS PLEIN LA VUE COCO »

Allez-vous faire enculer avec vos statuts dont la seule fonction est de montrer au monde entier (en réalité, aux quelques pélos qui constituent votre réseau) combien votre vie est géniale et que tout le monde devrait vous envier en commentant abondamment ce manque de pudeur calculé. Rien à branler de votre voyage à New York avec des connards, de votre acquisition d’un scooter de connard ou du fait que vous soyez en train de déjeuner chez Lipp comme un connard. Vous n’êtes rien qu’une bande de m’as-tu-vu.

NE PAS LIKER À TOUT BOUT DE CHAMP

Je me demande parfois quels sont les ressorts intimes de cette positive attitude. Vous considérez, par relativisme, que tout est bien ? Vous tenez à votre réputation de benêt ? Vous êtes tout le temps connecté et faites pas gaffe à ne pas vous retrouver avec une barre inélégante de « recent activity » sur votre profil ? Vous voulez peut-être signifier à telle personne que vous existez car c’est votre idole ? Espérez-vous la pointer un soir de semaine ? Dans tous les cas cet enthousiasme de serial liker me désespère.

NE PAS DRAGUER SUR LE FACEBOOK CHAT

Chers hommes, sachez bien que draguer par chat (l’e-drague, comme disent les experts internationaux) est une pratique honteuse réservée aux gamerz et aux séducteurs obsédés par les nouvelles technologies, soit les deux populations les moins intéressantes sur terre. Je sais très bien que la barrière digitale installée entre vous et votre interlocutrice constitue un coussin protecteur social réconfortant et que vous pouvez paraitre brillant à peu de frais avec vos petits liens et autres piques d’humour noir préparées. Tout cela est très bien, mais annonce de graves déconvenues potentielles une fois la fatidique rencontre arrivée. En plus, je doute de la pertinence de ce genre de cour galante prolongée.  C’était cool du temps de l’amour courtois et du mariage bourgeois, mais l’ère de l’après-Mai 68 dans laquelle nous vivons est celle de la mise en concurrence radicale des mâles par les femelles, et ainsi, vous risquez pas mal de finir sur la touche, absorbé par le trou noir de la virtual friend zone.

NE PAS ÊTRE FAN

D’une manière générale, être fan de quelqu’un se conçoit uniquement pour ces faibles individus ayant un besoin maladif d’identification à des personnes statutairement plus élevées qui leur font oublier leur situation de « minus », selon leur propre expression. Cette attitude servile ne doit pas être transposée sur le plan virtuel et reconvertie en moyen d’affichage de son « bon goût » de nerd snob (snerb). Par un tour de passe-passe dont l’arroseur arrosé est la victime exemplaire, vous risquez d’aboutir au conformisme le plus total à force de vouloir vous distinguer. Virez moi donc Bukowski, Godard et le Velvet Underground de vos fanpages svp. Ça me fait penser aux mecs qui portent des t-shirts de groupes.

NE PAS VOYAGER

On vous a déjà dit qu’on s’en branlait de votre voyage à New York. Donc pas la peine de remplir des albums entiers de vous devant l’Empire State Building, de vous devant le Brooklyn Bridge, de vous devant chez Katz, de vous devant ce guido, de vous. C’est valable pour Angkor, la place rouge, la grande muraille de Chine, le christ rédempteur de Rio, et tous les monuments des destinations « dépaysantes ».

NE PAS ÊTRE SEXY

Hey, Martial, on sait que ton beau torse dénué de tout poil te procure une fierté encore plus grande que ton minuscule pénis et une confiance en toi apte à te transformer en serial fucker derrière tes Ray-Ban aviator, mais l’observation érudite de tes photos de plage nous donne simplement l’impression d’être en face d’une œuvre signée Pierre et Gilles. Quant à vous les filles, faites attention avec ces photos au bord de la piscine. Gardez à l’esprit qu’elles peuvent être utilisées à des fins masturbatoires par des individus mal intentionnés comme Al Batard. Je vous rappelle que Facebook c’est comme dedans le Truskel en pire.

NE PAS « SENT BY BLACKBERRY »

Réfléchissez aux messages implicites que vous envoyez aux gens avec cette petite insulte textuelle. « J’ai un téléphone plus gros et qui coûte plus cher que le vôtre » ;  « je peux checker mes mails en permanence tout en faisant semblant d’écouter les autres » ; « j’ai constamment besoin de Google Map, Cityvox et Wikipedia car je n’ai aucun sens de l’orientation, aucune mémoire, et je ne connais rien à rien » ; « je fais de la pub pour une entreprise canadienne » ; « je suis un individu connecté »…Eh quoi, vous vous croyez intelligents avec vos artefacts technologiques inutiles ? Vous ne vous rendez pas compte que tout cela n’est qu’un prolongement machinique de votre corps visant à suppléer vos inaptitudes physiques et mentales d’occidental dégénéré ? Vous êtes, genre, l’inspecteur gadget.

NE PAS ÊTRE BOURRÉ

C’est vrai que rentrer bourré et ne pas arriver à se coucher est très chiant. Mais faites bien attention lorsque vous vous connectez sur Facebook en faisant cuire une quantité anormalement élevée de pâtes. Il est tentant d’afficher des statuts exprimant une philosophie de la vie assez sommaire dans laquelle les filles sont toutes des putes, la mort est la seule issue et les éoliennes sont des plantes carnivores, avant de pleurer comme une fiotte. Faites encore plus attention lorsque vous vous sentez pris d’un excès de confiance en vous et décidez d’envoyer un message à cette meuf « encore plus bonne que Jennifer Lopez » pour lui expliquer que vous aimeriez bien « mesurer la courbure de ses hanches de derrière et dormir sur son cul pour toujours ». Elle n’y verra pas la marque d’un poète approximatif et touchant, mais plutôt la personnalité pathologique d’un violeur anal.