Plus le singe gueule fort, plus petites sont ses couilles, révèle une étude

Les singes moins bruyants mais choyés par la nature ont tendance à se retrouver dans de plus grands groupes composés de mâles et de femelles qui s'accouplent librement entre eux.
25 octobre 2016, 2:20pm
Trio barbershop de singes hurleurs. Photo : Mariana Raño

L'article original a été publié sur Motherboard.

Les singes hurleurs sont les animaux qui crient le plus fort sur Terre. Ils peuvent pousser des hurlements de plus de 140 décibels. L'équivalent d'un coup de feu. Sans surprise, les mâles de cette espèce se servent de ce pouvoir pour faire la promotion de leur virilité. De la drague par des cris à vous défoncer les tympans.

Mais, coup du sort, plus les hurlements sont forts, plus les couilles sont petites, ont découvert des chercheurs de l'Université Cambridge selon la revue Current Biology. L'équipe en est venue à cette conclusion après avoir comparé la taille des testicules d'une douzaine de singes à leur os hyoïde, situé dans le larynx. On a remarqué une corrélation négative entre le niveau de décibels et leur héritage testiculaire.

« Les mâles qui possèdent un plus gros os hyoïde leur permettant de produire des vocalisations de basses fréquences ont de plus petits testicules et vivent en petit groupe d'un seul mâle avec un harem de quelques femelles », explique l'anthropologiste Leslie Knapp, auteure principale de l'étude. « Les mâles qui possèdent un plus petit os hyoïde vivent dans de grands groupes de plusieurs mâles et ont de plus gros testicules. »

Selon l'équipe de chercheurs, c'est la première preuve qu'il y a un désavantage à hériter d'un hurlement puissant : une plus faible production de sperme. Ce qui aide à comprendre le contraste des groupes sociaux de singes hurleurs.

Howler monkeys howlin'. Vidéo :CostaRicaColor/YouTube

Leslie Knapp explique qu'un singe au hurlement plus puissant est plus susceptible de se retrouver dans un harem exclusif. Et qu'un singe moins bruyant mais choyé par la nature a tendance à se retrouver dans de plus grands groupes composés de mâles et femelles qui s'accouplent librement entre eux. Dans ce groupe, les mâles luttent littéralement pour la paternité avec leur testicule : plus la production de sperme est grande, plus un mâle a de chance de surpasser les autres qui s'accouplent avec les mêmes femelles.

Les singes hurleurs ont donc développé deux stratégies d'accouplement qui s'excluent l'une l'autre : le hurlement et les couilles. Les singes qui hurlent plus fort doivent s'entourer d'un harem exclusif, car ils ne pourraient pas se mesurer à leurs pairs mieux pourvus en testicules. Ces derniers qui, à la faveur d'une grosse production de sperme, ont plus de chances de féconder une femelle, ne cassent les oreilles de personne avec leurs hurlements, mais font mouche là où ça compte.

Naturellement, Leslie Knapp met en garde contre l'anthropomorphisme, et avec raison. Il y a un monde de différence entre les singes hurleurs et les humains, notamment en ce qui a trait à la sélection des partenaires.

Néanmoins, il est difficile de ne pas penser aux types qui se baladent sur des motos inutilement bruyantes et à ceux qui sifflent ou draguent grossièrement les filles dans la rue. Loin de témoigner d'une masculinité, ces comportements donnent plutôt une impression de surcompensation en réaction à une déficience dans un autre domaine, plus intime. On dit que « ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit », et c'est peut-être encore plus vrai quand les tonneaux en question sont dans le pantalon.

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