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Quatre personnes discutent de ce qu'elles ont vu après la mort

J'ai parlé avec des gens ayant vécu une expérience de mort imminente – selon eux, il y a une vie lorsque le cœur ne bat plus.

Y a-t-il une vie après la mort ? Depuis toujours, la question ne cesse de torturer, diviser et rassembler les hommes. C'est aussi l'une des grandes questions existentielles auxquelles nous n'avons – et n'aurons probablement jamais – de réponse définitive, si ce n'est à travers la foi. De fait, dès lors qu'un mortel prétend détenir les clés de l'au-delà, il est suivi par les uns comme un messie et taxé de charlatan par les autres.

Néanmoins, il se pourrait que l'on s'approche d'une certaine vérité grâce aux récits de personnes ayant vécu une expérience de mort imminente (EMI). En 1975, Raymond Moody, médecin américain, publie La Vie après la Vie, un ouvrage dans lequel il recense des témoignages de personnes « cliniquement mortes » qui ont pu être réanimées. Tous les récits coïncident et se retrouvent sur certains points : sensation de « décorporation » et de paix intérieure, vision d'un tunnel lumineux, rencontre avec des êtres spirituels et revue de sa propre vie. Tous se terminent plus ou moins de la même manière : une entité immatérielle, assimilée comme « Dieu », les renvoie vers le monde des vivants, jugeant « qu'il n'est pas encore temps ».

La science a, bien sûr, son explication pour interpréter les EMI : la libération d'une grande quantité d'endorphine, de dopamine et de sérotonine par le cerveau – des hormones responsables du plaisir. Néanmoins, une telle explication neurochimique est assez simple face à un phénomène complexe et universel qui a de quoi laisser pantois. J'ai commencé à m'intéresser aux EMI après avoir vu un documentaire sur le sujet. C'était à l'époque où je m'intéressais à la spiritualité : j'avais lu le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort et quelques bouquins hindous. Puis, je m'en suis désintéressé pour mieux m'y intéresser récemment.

Blasé par le nihilisme latent et le manque de foi qui rongent notre société, j'ai décidé de ne pas limiter ma quête existentielle à une expérience spirituelle d'hypnothérapie peu concluante. Je suis parti à la recherche de personnes ayant vécu une EMI pour leur demander de me raconter ce qu'ils avaient vu dans le tunnel et comment ils avaient géré leur retour dans « le monde des vivants ». J'ai remarqué que les patients étaient souvent réticents à aborder le sujet, même auprès de leurs proches, de peur d'être incompris ou de passer pour des illuminés. Quatre personnes ont accepté de discuter avec moi. Voici ce qu'elles m'ont confié.

Valérie, 47 ans, EMI vécue à 41 ans

Il y a six ans, j'ai eu un accident de ski qui a nécessité une intervention chirurgicale pour la pose d'une prothèse au genou. Une complication est intervenue. Je me suis réveillée sur la table d'opération après avoir ressenti une douleur intense – elle provenait du genou, puis a « irradié » mon corps tout entier. Elle était si forte que j'ai même eu l'impression que c'est elle qui m'a sortie de mon anesthésie. À ce moment précis, je me suis sentie comme très lasse, molle, un peu comme si j'étais faite de coton. Je n'avais plus aucune force. Une infirmière s'est rendu compte que quelque chose n'allait pas : j'étais en train de faire une hémorragie.

À partir de là, je me suis sentie flotter. Bizarrement, la douleur avait totalement disparu, je ne ressentais aucune peur, aucune angoisse. J'éprouvais un soulagement et un bien-être indéfinissable. J'ai vu une lumière et une personne au début d'un tunnel. En revanche, je ne savais pas si la lumière provenait de la personne ou si c'était le tunnel lui-même qui éclairait. Toujours est-il que cette lumière était éblouissante. Cela dit, elle ne faisait pas mal aux yeux. Elle était plutôt apaisante. Ce qui est vraiment magique, c'est que je n'ai ressenti aucun sentiment négatif.

Je savais que je partais, mais je n'avais pas peur ; je savais que tout irait bien pour mes enfants et ma famille ; je ne me sentais pas du tout triste de les laisser – au contraire, j'avais même l'impression que ce n'était pas grave. C'est comme si on m'avait « baignée » dans l'amour, mais pas celui que l'on connaît sur Terre. Il s'agit d'un amour tellement parfait qu'il n'existe aucun mot pour le décrire. Il touche non seulement votre cœur, mais surtout votre âme.

Je savais que la silhouette devant le halo de lumière était une femme, bien que je ne l'aie pas vue entièrement et que j'ignore son identité. C'était une sorte de guide. J'ai croisé son regard, mais pas comme nous le faisons habituellement. Il s'agissait plutôt d'une sorte de vibration lumineuse, de lumière à lumière. Elle m'a simplement dit : « Non, reste. Ce n'est pas encore le moment. » Je n'ai pas eu le temps de réfléchir. À la seconde même, je me suis retrouvée dans la douleur de mon corps et je me suis rendormie.

J'ai été chamboulée, mais après plusieurs mois, certaines choses me semblaient évidentes. Par exemple, je n'arrive plus à m'énerver et je relativise énormément. Je ne vois que le bon côté des gens. Je sais que cela paraît bizarre, mais je pense vraiment au plus profond de moi que le bonheur est là et advient en ne jugeant pas les personnes et en aimant chacun pour ce qu'il est.

J'ai bien conscience que mon EMI n'est pas exceptionnelle, mais elle l'a été pour moi, spirituellement parlant. Je suis convaincue qu'il existe quelque chose après la mort. Je suis catholique et il est évident que cette expérience a renforcé ma foi. Mon expérience m'a surtout permis de mettre des mots sur certains passages dans l'Évangile que je ne comprenais pas.

Gravure de Gustave Doré représentant L'enfer de Dante, via Wikipedia

Philippe Sibille, 57 ans, a vécu trois EMI à l'âge de 10, 20 et 52 ans. Il a écrit un livre sur le sujet et tient un site d'information sur les EMI

Le traumatisme est la première étape à partir de laquelle se débloque quelque chose d'immatériel. Ma première EMI est advenue après avoir été chargé par un sanglier blessé. J'avais alors une dizaine d'années. À ce moment-là, j'ai expérimenté une frayeur ou quelque chose de proche de l'ordre de la mort. La deuxième fois, j'ai pris la foudre en haute montagne. La foudre a tapé une dizaine de fois et j'ai vécu un trauma similaire à la première fois quand elle m'a traversé. Lors de ma dernière expérience, je me suis étouffé au restaurant : mon système respiratoire s'est bloqué.

Lors de ma première expérience, quand j'avais dix ans, je suis sorti de mon corps et je me suis vu quelques mètres au-dessus. C'est une certitude. J'étais immatériel – à travers ma conscience – mais j'étais encore dans un espace matériel. La deuxième étape de l'EMI – après le trauma – est peut-être la plus difficile à comprendre parce qu'elle suppose quelque chose d'immatériel. Appelez ça comme vous voulez : âme, esprit, conscience... Le fait est que l'on devient quelque chose d'immatériel. Tout notre monde matériel est relativisé : la matérialité passe au deuxième plan parce qu'on a fait ce premier pas.

Ensuite, j'ai été baigné dans une sorte d'ambiance lumineuse et j'avais cette vue de l'autre côté. Assez rapidement, je suis rentré de nouveau dans mon corps et j'ai conservé la « vue de l'autre côté » pendant une semaine. C'était une sensation étrange de pouvoir distinguer le matériel de l'immatériel. C'est comme si vous voyiez la réalité à travers une vitre. Je comprenais les deux côtés, même si à ma perception, la réalité de l'autre côté était plus importante. Tout s'est arrêté après une semaine.

La deuxième expérience, par ordre d'importance pour moi, c'était lorsque je me suis étouffé. Je suis à nouveau sorti de mon corps, mais de manière très douce : j'avais l'impression d'être un mouchoir blanc qu'on sortait de sa boîte. J'ai perdu la sensibilité et la motricité de mes membres jusqu'en haut et à ce moment-là, j'ai commencé à perdre la vue de ce monde.

Là, ma vue s'est étendue et j'ai commencé à voir à 360 degrés. J'ai traversé le plafond du restaurant et suis monté à 300 mètres en hauteur environ et c'est là que s'est formé le col de lumière. Tout le paysage que j'avais devant moi s'est aplati en deux dimensions pour former une sorte de cône. Dans ce cône se trouvait la lumière. Ma conscience est montée dans ce cône de lumière. Au fur et à mesure que je montais, je voyais la matière se dissoudre. Plus j'avançais vers le cône, plus la lumière, ou l'entonnoir, « s'ouvrait », même si le cône donnait l'impression de se fermer. De même, plus je m'enfonçais, plus la lumière devenait forte.

Lors de ma troisième expérience, au moment où j'ai pris la foudre, j'ai revu ma vie défiler. J'ai quitté la dimension temporelle et je suis entré dans une sorte de présent permanent. Premièrement, on quitte son corps, puis la matière, puis le temps. La revue a été assez courte, car je n'avais que vingt ans. Elle se terminait par une page blanche : le futur, ce qui restait à écrire.

Après avoir pris la foudre, je suis rentré dans l'espace de lumière. J'ai franchi toutes les barrières, et dans cet espace, il n'y avait rien d'autre qu'une forte lumière – mais qui n'aveugle pas. Tout ce qui existait auparavant avait complètement disparu. C'est quelque chose d'extraordinaire. On se sent extrêmement bien ; on ressent comme un sentiment de plénitude et de paix. On est pris dans un sentiment d'amour qu'on ne connaissait pas avant cela. C'est un amour extrêmement paisible. J'ai ressenti une présence vivante, sans forme, mais une présence qui transparaît à travers cet être de lumière.

Plus j'avançais, plus ma connaissance de cet amour s'approfondissait et plus je comprenais que c'était lui qui fondait tout ce qui existait dans notre monde matériel. C'était il y a près de quarante ans, mais je ressens encore la puissance de cette sensation. Mon corps matériel, lui, était encore en montagne, accroché à une corde. La personne qui était avec moi a tiré sur la corde, et je me suis réveillé au bord d'un précipice – là où la foudre m'avait frappé – avec une douleur au niveau de la hanche.

Ma vie a été chamboulée à partir de ce moment-là. Je suis convaincu qu'il y a une réalité derrière tout ça et, même si on a longtemps fermé les yeux, la société commence à accepter cette idée. Pour les gens ayant vécu ces EMI, il est très difficile de raconter ces histoires, bien qu'elles soient vraies – la société n'arrive pas à comprendre et l'on passe souvent pour des fous ou des escrocs. Les EMI, que j'appelle « expériences de lumière », méritent d'être plus connues parce qu'il s'agit d'une réalité et, comme toute réalité, la société devra un jour s'y adapter comme elle a dû s'adapter au fait que la Terre n'était pas plate à l'époque de Copernic !

C'est très difficile de vivre après une EMI, mais en même temps on a cette lumière qui est en nous qui permet justement de vivre. Mais ça reste difficile : vouloir aimer tout le monde, c'est quasiment mission impossible. Il faut d'abord s'aimer soi-même, puis son partenaire. On est limité par des schémas et des jugements qui rendent tout ça difficile.

Sophie, 35 ans, EMI vécue à 11 ans

En juillet 1992, j'ai eu un accident idiot où je suis tombée de cheval. Quelqu'un est passé près de moi en voiture et a klaxonné. Le cheval a pris peur et est parti au galop, puis m'est tombé dessus. Mon pied est resté coincé dans l'étrier. Le cheval s'est relevé et m'a traîné sur plusieurs mètres. Ma tête s'est cogné tout le long. Un hélicoptère est venu me chercher pour m'emmener à l'hôpital et c'est à ce moment-là que je suis « partie ».

Je suis tombée dans le coma et l'EMI est arrivée. Je me suis sentie partir. Aujourd'hui, j'ai du mal à me souvenir exactement de ce qui s'est passé – je ne me souviens pas de l'accident, par exemple. Par contre, je me rappelle être montée, c'est-à-dire être sortie de mon corps et avoir éprouvé une sensation de bien-être. On parle souvent de lumière et de tunnel. Je n'ai pas vu le tunnel, mais je vois ce que les gens entendent par là. Moi, ce qui m'a frappé, c'était que j'avais l'impression d'être dans un grand tout, je savais que je n'étais pas toute seule. Il y avait aussi des couleurs et des sons différents de ce qui existe dans notre monde.

J'entendais les gens autour de moi me parler. Mon père a été très présent. Mon EMI a duré deux mois. C'est la durée pendant laquelle je suis restée dans le coma – on ne savait pas si ma colonne vertébrale était touchée, alors il a fallu prolonger. Tous mes proches étaient inquiets, mais moi je me sentais bien ; j'étais dans un grand tout ; je ne me posais pas de questions.

Je suis revenue dans mon corps à la sortie du coma. La sensation était bizarre, c'était plus étriqué, je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. Avec le temps, j'ai fini par comprendre que nous étions tous des êtres spirituels dans des corps humains.

Le problème quand je suis redescendue, c'est que j'ai commencé à me poser beaucoup de questions. Je viens d'une famille catholique et tout ça se passait à l'époque du génocide rwandais. J'ai demandé à mon curé pourquoi Dieu autorisait ça, puis j'ai commencé à remettre en question la conception que j'en avais. Le curé m'a remis à ma place en me disant qu'il ne fallait pas que je me pose trop de questions, même si c'était impossible de ne pas se questionner. Mes parents m'ont chouchoutée, protégée ; tout était fait pour que je sois dans un petit cocon. Le relationnel avec les autres enfants était facile, mais difficile en même temps.

L'accident est survenu en 1992. Aujourd'hui, j'ai toujours du mal à comprendre. Je ne dis pas que je me suis perdue, mais j'ai fait plein d'expériences. J'ai un peu de mal à me protéger par rapport à ça. Je suis hypersensible de nature et je suis infirmière : je vois beaucoup de choses tous les jours qui me confortent dans l'idée que la vie est vraiment magique. C'est incroyable, les gens devraient réaliser à quel point nous sommes chanceux d'être humains.

Gravure de Gustave Doré représentant L'enfer de Dante, via Wikipedia

Nicole, 75 ans, EMI vécue à 26 ans

J'ai vécu mon expérience en 1968, lors d'une ablation de l'utérus, à la suite d'un accouchement qui a mal tourné. Je me suis retrouvée au plafond. C'était la plus grande émotion de ma vie, puisque pour la première fois j'étais consciente d'être une habitante de mon corps. J'ai découvert que je voyais de tous les côtés à la fois. Je me suis vue sur la table d'opération : j'étais encore jeune, mais j'étais incroyablement moche et cadavérique. Je voyais le personnel médical s'agiter dans tous les sens. On criait : « Un flacon, vite. » Un mois après, une infirmière que j'ai croisée par hasard dans un magasin m'a confirmé que tout ce que j'avais vu et entendu dans le bloc s'était bien produit. Elle m'a aussi avoué que j'avais été cliniquement morte pendant 45 secondes.

J'ai pensé à mon mari et mon beau-père, qui étaient tous deux venus à l'hôpital. Instantanément, je me suis retrouvée à leurs côtés dans la salle d'attente – j'ai pris conscience plus tard que j'avais traversé les murs. Je les voyais, mais eux ne me voyaient pas : ils s'agitaient et faisaient les cent pas. À un certain moment, j'ai mis ma main sur l'épaule de mon beau-père et je lui ai traversé le corps. Même si j'avais conscience d'être moi, j'avais aussi cette propriété d'être l'autre, d'une certaine manière. Je me suis retrouvée dans le cœur de mon mari. Je savais tout ce qu'il pensait et tout ce qu'il était en tant qu'essence – ce qu'il valait en tant qu'être humain. J'ai aussi pensé à mon fils et à ma fille qui étaient restés chez ma belle-mère et ma mère, et je les ai vus tous les deux.

Après, j'ai été plongée dans un abîme de ténèbres et de silence : le néant à l'échelle universelle. Là, j'ai pris conscience que j'étais morte, mais que j'étais aussi plus vivante que jamais ; j'étais mille fois plus intelligente. Au loin, j'ai vu une petite lumière qui m'a « aspirée ». Cette lumière s'est mise à grandir jusqu'à occuper tout l'horizon. C'était le plus beau moment de ma vie ; je ne peux le décrire que très difficilement à l'aide de mots. J'ai eu la chance d'être élevée par une famille aimante, d'avoir des enfants et un mari qui m'aiment. Pourtant, cet amour n'est rien en face de « l'amour à l'état pur » que je ressentais lorsque j'étais baignée dans cette lumière. J'existais dans un tout, comme un morceau de sucre qui fond dans un océan.

J'ai vu mon petit frère, qui est décédé à sept mois d'une toxicose lorsque j'avais onze ans. Il avait une allure de jeune homme de 17 ou 18 ans – l'âge qu'il aurait dû avoir s'il n'était pas mort. Je me suis retrouvée dans ses bras – je ne l'ai pas traversé comme c'est arrivé lorsque j'ai essayé de toucher mon beau-père. Je savais que c'était lui : c'était une reconnaissance d'âme. La physique quantique pourrait expliquer ces phénomènes, je crois.

J'ai vu quatre êtres que je n'avais jamais vus sur Terre et que je reconnaissais, même si eux me connaissaient depuis la nuit des temps. J'ai vu le frère de mon mari qui est décédé suite à une noyade – je ne le connaissais qu'après l'avoir vu en photo. J'ai eu l'impression que l'univers se mettait à ma portée sous la forme d'un être que notre cœur connaît – pas Bouddha, Mahomet ou Dieu mais un être similaire n'appartenant à aucune religion. Il m'a simplement demandé : « Comment as-tu aimé et qu'as-tu fait pour les autres ? » Je me suis rendu compte que je n'avais pas fait grand-chose et je me suis dit que, jusqu'à la fin de ma vie, j'essayerai de changer ça. J'aiderai les gens à croître dans toutes les dimensions d'eux-mêmes.

J'ai vu beaucoup de choses. En l'espace de 45 secondes, j'ai vécu des millénaires : le passé de l'humanité ; j'ai vu des civilisations disparues. Je savais que, quand je mourrai, on ne me demandera pas de quelle religion, philosophie ou race je suis, mais qu'on me jugera par rapport à l'amour que j'ai donné. Seule la qualité d'être d'un individu est importante. On m'a montré ce qu'il risquait d'arriver – mais qui n'est pas inéluctable – si l'être humain ne changeait pas : l'environnement, la guerre, le chômage et une violence « gratuite » qui montait. Pour cela, il nous faut grandir en conscience et favoriser le développement d'une conscience intérieure en chacun de nous.

Il a fallu attendre que des choses que j'avais vues finissent par se produire pour que mes proches commencent à s'interroger vraiment. On m'a notamment dit que les parents de mon mari et ma grand-mère mourraient à peu près en même temps : ce qui est arrivé, ils sont morts tous les trois en 1981.

Puis, avant le « retour », j'ai revu certains moments de ma vie : j'ai vu le temps qu'il me restait, les grosses épreuves que j'avais à affronter. On m'a dit qu'avant de naître, j'avais accepté de faire face à ces épreuves, parce qu'à travers elles, je grandirais. Je me suis vue complètement réalisée. Avant de retourner dans mon corps, mon frère m'a demandé de ne pas parler de cette expérience avant 17 ans, sous peine d'être prise pour une folle par les médecins. Je suis rentrée dans mon corps par la tête, comme on rentre dans une chaussette, et je me suis réveillée. Malheureusement, je n'ai ramené que des bribes de ce que j'avais vécu, j'ai oublié plein de choses.

Plus tard, j'ai rencontré une dame qui avait vécu une EMI en 1974 et à qui on avait demandé d'attendre 11 ans avant de parler de son expérience, soit la même date que moi : 1985. Pourquoi cette date, je ne sais pas, mais avouez que c'est étrange.

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