Le Service de police de la Ville de Montréal aurait vraisemblablement besoin d'embaucher des enquêteurs qui savent reconnaître le sarcasme. Les propos supposément racistes qui ont valu à Antonio Padula une nuit en cellule pour incitation à la haine ressemblent plutôt à des tentatives de désamorcer des trolls antimusulmans.
Jeudi après-midi, la police a divulgué le pseudonyme du compte Twitter de ce résidant de Kirkland de 45 ans (@Hermit_Spirit), sur lequel le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait enquêté. Il suffit d'y jeter un œil pour constater que la police a peut-être erré dans son interprétation.
Voici le début de la conversation qui s'est effectivement terminée avec un appel au meurtre de musulmans en Occident. Sauf que…

« Combien de décapitations ont été effectuées en sol américain? » demande Antonio Padula en anglais à un homme qui se porte à la défense de Trump et de son interdiction pour des ressortissants et réfugiés musulmans d'entrer aux États-Unis. « C'est exactement ce que dit Jésus, aime ton prochain, sauf les musulmans », enchaîne-t-il après avoir traité un autre interlocuteur antimusulman de « racist prick ».

Vraisemblablement exaspéré, Antonio Padula écrit alors en majuscules que c'était un idiot blanc qui s'en était pris à six musulmans innocents, et invite l'utilisateur @SteveMcKrosky à rectifier son raisonnement. « Ma religion, c'est de signaler tes fucking propos bidons. » Un simple parcours du profil de McKrosky permet de découvrir de nombreux commentaires et images pro-Trump, racistes et xénophobes.

Quand McKrosky continue d'insister sur le danger que représentent selon lui les musulmans, @Hermit_Spirit lui conseille finalement d'aller tuer autant de musulmans que possible « avant qu'ils viennent te violer ».
Mais… sarcasme? Ou incitation à la haine?
La conversation qui suit cet échange est empreinte d'une certaine violence et, hors contexte, elle peut sembler très menaçante. Mais la lecture des tweets précédants montre que @Hermit_Spirit a pris l'habitude de confronter les internautes xénophobes croisés sur le média social.

Le SPVM n'a pas immédiatement répondu à notre demande d'entrevue. La Sûreté du Québec a dit à VICE qu'elle avait simplement transmis le signalement au SPVM, mais qu'elle n'était pas responsable de l'enquête.
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