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Les pigeons peuvent (peut-être) détecter le cancer du sein

Le Dr. Pigeon est attendu au service d'oncologie.
Image: Levenson et al.

Les animaux ne cessent de nous surprendre, pour tout ce qui touche à la science ; matez par exemple ces chiens qui arrivent à sentir le cancer des testicules, ou ces rats géants qui participent aux opérations de déminage au Mozambique.

À cette liste qu'on pourrait étirer à l'infini, il faut désormais ajouter le pigeon, celui que vous croisez tous les jours en sortant de chez vous (Columba livia). Selon une étude menée par des chercheurs américains et publiée dans PLOS One, les pigeons ont une capacité extraordinaire à repérer des modèles à partir d'éléments isolés – ce qui pourrait avoir de sérieuses conséquences en termes de recherche médicale.

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Lors d'une série d'expériences, une équipe composée de chercheurs de l'Université de Californie, de l'Université de l'Iowa et d'Emory ont placé des pigeons devant des images de cellules cancéreuses bénignes et malignes, celles que l'on trouve dans les cancers du sein. Les pigeons étaient ensuite récompensés à chaque fois qu'ils parvenaient à identifier correctement les cellules en question. Au bout d'un moment, les pigeons sont devenus si bons à ce petit jeu que, quand les chercheurs ont remplacé les images par des schémas jamais vus auparavant, ils se sont aperçu que les pigeons parvenaient à repérer les variations entre les différents schémas de manière à distinguer cellules bénignes et malignes.

Mieux encore : les chercheurs ont également constaté qu'en deux semaines d'entraînement à peine, les oiseaux faisaient le bon choix dans 85% des cas, soit autant que des médecins professionnels.

Comment expliquer que les pigeons soient d'aussi bons pathologistes ? « Dans la nature, il y a des prédateurs qui sont experts dans l'art du camouflage, et il est donc important pour les pigeons de savoir détecter tous les signaux qui peuvent indiquer s'il y a un danger aux alentours », nous a expliqué Richard Levenson, de l'Université de Californie.

C'est grâce aux facultés qui leur permettent de repérer les prédateurs que les pigeons parviennent aussi à distinguer les différences entre cellules cancéreuses. « Il y a une vraie adéquation entre les mécanismes qui permettent d'échapper au danger et ceux qui permettent de distinguer des images médicales », ajoute Levenson.

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"Nos résultats indiquent que les pigeons peuvent se substituer aux observateurs humains lorsqu'il s'agit d'étudier des images médicales"

Quelles conséquences concrètes peuvent avoir ces résultats ? Selon les auteurs, « de manière générale, nos résultats indiquent que les pigeons peuvent se substituer aux observateurs humains lorsqu'il s'agit d'étudier des images médicales, éliminant ainsi le besoin de recruter, rémunérer et immobiliser des praticiens pour des tâches relativement simples. »

Faut-il s'attendre à voir une armée de pigeons médecins élevés en batterie débarquer prochainement dans nos hôpitaux ? Levenson n'est pas encore prêt à faire une telle annonce. Il ne faut pas oublier que le rôle des radiologues ne se limite pas à regarder des images pour y chercher les signes d'un éventuel cancer.

Pour l'heure, la recherche avance à petits pas. « Nous discutons avec des collègues qui travaillent sur l'intelligence artificielle et les pathologies, et je pense que nous allons commencer par augmenter la difficulté des tests auxquels nous soumettons les pigeons », explique Levenson.

Quoi qu'il en soit, nous allons peut-être devoir être un peu plus sympa avec nos potes à tête d'oiseau.

We might have to start being a bit nicer to our birdbrain friends.