Culture

Les trophées sont des histoires

Raphaël Lugassy a parcouru des dizaines de clubs de foot, de rugby, d'escrime, d'aviron et de toutes autres sortes de sport à la recherche de coupes et de médailles scintillantes.

par Pierre Berthelot Kleck
10 Mai 2017, 1:34pm

Images publiées avec l'aimable autorisation de Raphaël Lugassy.

Ce qui compte dans un objet, ce qui fait sa valeur, ce n'est pas la tâche pour laquelle il a été créé, mais tout le reste. Tout ce que vous allez y mettre de personnel, d'histoires et de souvenirs. Certains objets ont une plus forte propension à recevoir cette dose d'affect. Voyez plutôt : qu'est-ce qui différencie un bête couteau de table d'un Opinel ? Pourquoi on ne transmet pas à ses petits enfants un téléphone comme une montre ou des bijoux ? Certains objets naissent avec une histoire, celle de l'atelier qui les a vus naître, celle d'un savoir-faire ou d'une promesse, d'autres, quant à eux, n'ont pas réellement de fonction si ce n'est d'être le symbole d'un moment. C'est le cas des médailles et des coupes, et c'est exactement ce qu'on trouve dans la série Trophys de Raphaël Lugassy. Des histoires.

Il y a quelques mois, nous avions déjà rencontré Raphaël. À ce moment-là, ce photographe qu'on connaissait essentiellement pour ses clichés de mode et du gotha nous présentait une étonnante série d'orgues collectionnée à travers toute la France et l'Europe. Présentée sous forme de fanzine dans le cadre de la deuxième édition d'I-N-T-O-T-O, cette série faisait comme par magie flotter les imposantes tuyauteries dans le vide.


Cette fois-ci, Raphaël nous propose une découverte des salles, des vitrines et des étagères à trophées. Là, ces sculptures sont comme dessinées au fusain. Magnifiées malgré le nombre. Comme j'ai plein de vieilles coupes qui prennent la poussière dans ma chambre d'adolescent, j'ai demandé à Raphaël Lugassy comment les rendre aussi belles que dans ses photos.

Creators : Salut Raphaël, pourquoi les trophées ? Comment tu en es venu à faire ça ?
Raphaël Lugassy : J'ai une fascination pour le totem, les trophées et les orgues se rejoignent sur ce point, ce sont des objets de rassemblement, une forme de « sacré » à leur manière.

Ah ouais. Et toi t'en as gagné beaucoup des coupes et des médailles quand t'étais gamin ?
Je n'ai jamais gagné le moindre trophée, je vois ça d'un point de vue très extérieur.


Tu les as trouvés où tous ces trophées ?
Un peu partout. Je suis allé dans divers clubs de sports. En France et un en Italie. Cela pouvait être des clubs de rugby, d'escrime, de ping-pong, d'aviron ou de pétanque… Des sports très variés mais qui étaient assez vieux pour avoir beaucoup de choses à exposer.

Qu'est ce que tu retiens de cette quête ?
J'ai rencontré des sportifs amateurs ou semi-pro, des personnes qui ont l'amour du sport, c'est très agréable.


Tu vas présenter ça comment ? En fanzine comme pour les orgues ?
Oui, comme les orgues, un fanzine réalisé avec Déjeuner Éditions.

Qu'est ce que te plaît dans ce support ?
C'est un support démocratique qui permet d'ancrer un travail de manière décontractée tout en ayant une exigence sur la mise en page, le choix d'impression et du papier. En l'occurrence impression Riso.


Quels sont tes prochains projets ?
Mon prochain projet est encore en cours de réflexion, mais il arrive bientôt.

Ok merci. À la prochaine.


Tous les travaux de Raphaël Lugassy sont sur son site et son compte Instagram.