La plupart des gens ne distinguent pas l’odeur de l’asperge dans leur pipi

Selon une récente étude, 60 % de la population ne parviendraient pas à reconnaître ce bouquet si particulier. Tant pis pour eux.
22 mars 2017, 3:27pm

L'asperge est depuis des millénaires un mets populaire. Et cela fait autant de temps que le résultat de sa consommation – l'odeur particulière qu'elle donne à l'urine – a attiré l'attention des gens à travers le monde. Benjamin Franklin écrivait à son sujet en 1781. Et Gabriel García Márquez soulignait qu'un de ses personnages de L'Amour aux temps du choléra était fan « des effluves de jardin secret présents dans son urine purifiée par de l'asperge tiède ».

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Cette puissante odeur dégagée par le légume dans notre urine est le résultat de l'excrétion de méthanetiol, de thioesters et de métabolites (composé organique issu de la digestion) provoquée par l'absorption de la plante potagère.

Cependant, une portion non-négligeable de la population serait physiquement incapable de distinguer la beauté poétique de cet arôme unique. Et les scientifiques viennent enfin de comprendre pourquoi.

Dans une étude publiée par le British Medical Journal, les chercheurs ont déterminé qu'environ 60 % des 6909 participants ne pouvaient reconnaître l'odeur caractéristique des métabolites. Cette condition a été baptisée « anosmie de l'asperge ». Il va sans dire que les 40 % restants du panel ont eux catégoriquement identifié l'arôme en question.

Les scientifiques ont ensuite conclu qu'une simple variation génétique pouvait affecter l'odorat et était vraisemblablement la cause de ce « blocage ».

Sarah Markt, adjointe de recherche à l'école de santé publique T.H. Chan d'Harvard confie à MUNCHIES : « La recherche s'est penchée sur les anosmies spécifiques pour tenter de comprendre le système olfactif. De précédentes études avaient déjà démontré l'association entre variations génétiques et la capacité de sentir la vanille, l'herbe coupée ou la sueur. »

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Si l'étude semble répondre à la question fondamentale des causes de « l'anosmie de l'asperge », Markt concède qu'il y a encore beaucoup de choses à apprendre sur les facteurs à l'origine de ces changements génétiques.

La prochaine fois que vous voyez passer une assiette de ces superbes petits spectres verts dont c'est bientôt la saison, n'hésitez plus et découvrez dans quelle catégorie de population vous vous trouvez : ceux qui sentent ou ceux qui ne sentent pas.