Music

On vous confie nos meilleurs souvenirs de Fête de la Musique


Puisqu’on a tous un souvenir bon, honteux, sale, humide, mauvais -mais qui s’est quand même bonifié avec le temps- en rapport avec le 21 juin, on vous présente un par un la Fête de la Musique qui a le plus marqué nos vies, en guise de playlist de la semaine. Carpe diem.
NANCY, 2001

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« ça du techno » Lelo Jimmy Batista, Rédacteur en chef

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PARIS, 2012
Ma meilleure Fête de la Musique c’était en 2012 je crois, enfin je sais que ce que je vais raconter s’est passé en 2012, mais je sais pas si on peut dire « la meilleure », c’est juste que toutes les autres étaient merdiques, en tout cas celles dont je me rappelle. En gros y’a 2 ans, je me suis retrouvé à accompagner Ill, Cassidy et Hifi (ce sont des rappeurs français, tas de cons) dans le métro puis dans une sorte de boîte où avait lieu une soirée organisée par Dabaaz (pareil). La soirée fut rythmée par les blagues de Ill qui était en one-man show permanent. A un moment je suis tombé sur Ekoué en train de filmer une meuf qui faisait un booty-shake énergique. Elle était pas au courant mais elle a fini dans un clip. Il est comme ça Ekoué, le boulot avant tout. Y’avait aussi Clément le beatmaker d’Animalsons et d’autres gars par là-bas. Personne n’a rappé au cas où c’était pas clair jusqu’ici, c’était la récré. Comme dit le poète : « ce soir j’ai pas baisé mais bon, j’me suis amusé ». That’s all folks. Pour ceux qui veulent le récit détaillé de cette soirée trépidante c’est par ici.

Yérim Sar, Contributeur
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CHÂTELET, 2007
Entre la Fête de la Musique et le premier jour de l’été, j’ai toujours eu l’impression de me faire niquer mon jour de fête. Bref. C’était la place où être en ce jour de Fête de la Musique 2007, une date qui représente en quelque sorte le climax du hardcore français. Qui l’aurait cru ? Il faisait beau et l’ambiance était digne des concerts dans le Connecticut en 1988. Avec toutefois un pied clairement dans le futur : on était à la fois en pleine période tecktonik et dans le berceau même du mouvement : Châtelet. Les jeunes à crêtes qui passaient devant la scène « hardcore » ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait mais ça ne les empêchait pas de jumper non plus. Get Lost, Strike Back et Onesta avaient ouvert, un plateau hardcore de Paris-Banlieue habituel pour l’époque. Tous les copains étaient là. Puis la scène constituée de palettes a plié sous les veaux californiens de Internal Affairs et leur set dévastateur. L’audience est partie en couilles et l’asphalte s’est littéralement mis à fondre sous les baskets collector. « THIS IS FOR YOU PARIS ! » Down To Nothing, le groupe majeur à l’époque a ensuite balancé son groove cosmique et tout le monde a universellement moshé à même le trottoir jusqu’à leur tube final « Higher Learning ». Une soirée réelle et mémorable.

Rod Glacial, Rédacteur
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BORDEAUX, 2000
Je suis né un 21 juin, donc à cause de Jack Lang c’est devenu une véritable épreuve de souffler mes bougies dignement. Depuis quelques années, ça tombe en plein Hellfest : j’ai un peu l’impression d’être un prince saoudien qui fait venir ses groupes préférés pour son anniv, comme un gros gâteau gratuit à Flunch (sur présentation d’une pièce d’identité). Mon meilleur souvenir de Fête de la Musique, c’était le groupe Reversal Of Man, fin 90’s/début 00’s, à Bordeaux. C’était organisé par l’asso Mankind, les mecs les moins institutionnels qui soient. Genre c’est eux qui avaient aussi fait jouer Dropdead, Hellnation ou Asshole Parade à la même période. Bref, ça jouait dans la rue, tout était branché sur une rallonge qui sortait de dessous le rideau de fer de la boutique XL Impression, le pourvoyeur de t-shirts sérigraphiés de la ville. Les musiciens ricains étaient jeunes et je me souviens qu’ils hallucinaient du chaos intégral. Je ne crois pas qu’ils aient apprécié l’expérience. Et ils ont été infoutus d’envoyer une reprise valable de « La Bombe Humaine », putain. Moi j’avais terminé au fond d’une poubelle rue Sainte-Catherine et c’est ma femme de l’époque qui m’avait sauvé la vie en allant me repêcher juste avant le passage du camion-benne.

Guillaume Gwardeath, Contributeur
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ARCUEIL, 2009 warehouse party Christelle Oyiri, Contributrice Noisey Twitter
ANGERS, 1997 votez pour moi Adrien Durand, Contributeur Noisey Twitter

CHAMBÉRY, 2003
Comme n’importe quel mec de 15/16 ans à l’époque, je m’essaye succinctement au rap. Dans ma ville, on m’offre la possibilité de jouer quelques morceaux sur scène, le soir de la Fête de la Musique. Me voilà devant un parterre énorme –au moins trente personnes-, une bouteille de Jack à la main (des années avant Booba, en véritable visionnaire), à faire rimer « mon shit » avec « ma bite », et « hip-hop » avec « salope ». C’est d’ailleurs en prononçant ce mot que mon regard a croisé celui de … ma mère, au milieu du public, que je n’avais pas remarqué depuis le début du show. J’ai terminé mon couplet en laissant un blanc à la place de chaque vulgarité, dans le plus pur style des sons de NWA censurés sur MTV. Sans cet évènement, j’aurais peut-être persévéré dans le rap, et je serais aujourd’hui membre de L’Entourage. Conclusion : merci maman, tu m’as sauvé la vie.

Genono, Contributeur
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PARIS, 2013
En 2013, j’ai ressenti un frisson d’excitation enfantine à l’ancien Salon, rue Ramey dans le 18ème arrondissement, une galerie pas très grande qui avait fait jouer cinq ou six groupes sous les auspices du label Eighteen Records : La Secte du Futur, Jessica93, Dame Blanche, Club Passion, et surtout T.I.T.S. dont c’était un des premiers concerts – et sans conteste le plus sauvage à ce jour. Dans 10m² chauffés à mille kelvins par un nombre de gens (bourrés) excédant quatre fois la jauge du truc, le groupe a plus ou moins enchaîné ses morceaux en essayant de survivre à la houle ; à un moment, le guitariste Baptiste a collé une droite énorme à un type dans son dos, par lassitude – le malheureux récipiendaire n’étant autre que Matthieu « Jackson » Coquille, du label Poliment, dont tout le monde s’accorde pourtant à dire qu’il est l’innocence même. Je crois que de mon côté, j’essayais de protéger l’autre guitariste, tout en maintenant un pied de micro et un ampli, en même temps que j’haranguais le groupe comme un sorcier vaudou, oubliant du même coup l’heure, l’endroit, et la raison de notre présence ici, et me confortant dans l’idée que la meilleure Fête de la Musique, c’est celle qui te fait oublier la Fête de la Musique.

Pierre Jouan, Contributeur
Pierre sur Noisey


BREST, 2008
Le Jardin Kennedy, ancien parc dont l’obscurité complice et les buissons mal taillés par les nuques-plates employées par la mairie ont abrité plus d’un rapport sexuel non protégé entre deux adultes (du même sexe). Théâtre d’une programmation culturelle parfaitement ingérable allant du fastcore de Thrashington D.C aux spectacles de stand up en darija (true story). Cette année là, l’évènement allait remporter haut la main la palme de Fête de la Musique la plus chaotique -et donc la meilleure- de ma vie. Je ne l’ai plus jamais fêtée depuis, c’est pour dire. Mais si je devais recommencer, les règles à suivre seraient simples :

– Filmer une copine qui se pisse dessus en plein coma éthylique.
– Refuser un joint, puis une latte, puis une taffe, puis une miette de shit au punk le plus misérable de toute la ville.
– Marcher deux kilomètres avec des Timberland trop petites de deux tailles pour sauver une autre copine d’agresseurs imaginaires. Perdre un carré de peau de 5x5cm sur chaque talon dans le processus. (Elle montera finalement dans la première caisse remplie d’inconnus qu’elle trouvera)
– S’endormir dans une position qui, théoriquement, ne permet pas de respirer. Survivre, gagner un nombre incalculable de points-respect dans le processus.
Le tout, en écoutant au volume maximum autorisé par le haut-parleur d’un Samsung S900 le chef d’œuvre techno/ska/grind/cirque de Mr. Bungle : « Ma Meeshka Mow Skwoz ». Je ne sais toujours pas comment j’ai fait pour connaître les paroles par cœur, mais la vérité c’est que le break est si beau que ni moi ni mes srabs ne pouvions nous empêcher de le hurler : « zoo ma mah manut mamoyugh / xi maa hea doo dauy dohdoyugh / tszeettaa ba doa bau koyugh ! »

Donnie Ka, Contributeur
Donnie sur Noisey | Donnie sur Twitter


BREST, 2006
Y’a eu une Fête de Musique illégale dans un square à Brest qui était anciennement un square à pédés. Les flics ont trouvé que c’était sans doute naze mais c’était trop tard. Ils ont coupé le courant pendant Thrashington DC mais des milliers de personnes étaient déjà dans le parc, du coup, baston générale des punks et des cailleras contre les keufs avec jets de bouteilles, de pierres et tout. Les mecs se faisaient tabasser à coups de matraques, et un pote a jeté une bière sur un keuf, s’est retrouvé maitrisé par terre et a été embarqué. Comme il avait déjà fait ça lors d’une manif et aussi saccagé un appart d’inconnus qui l’avaient insulté, il a été en zonze direct. Oi!

Raph Gordon, Contributeur
Raph sur Noisey


CHICAGO,1986 emprunté


S.T. Roy, Contributeur
S.T. sur Noisey


PARIS, 201999


Sarah Mandois, Stagiaire



À l’année prochaine. D’ici-là, suivez-nous sur Facebook et Twitter.


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