Life

Les vrais problèmes des riches

Quand l’argent n’est plus un problème, qu’est-ce qui remplace les cauchemars des dettes et des soldes bancaire ?
6.3.20
Les soucis des riches homme lamborghini
PHOTO : VICE

Les riches n’ont pas le même genre de problèmes que le commun des mortels. Le loyer n’est qu’une petite formalité quand on possède trois propriétés. Pour faire le plein de provisions, il suffit de cliquer chaque semaine sur le bouton « renouveler » de l’appli Hoopla et leurs 500 € de courses sont livrées dans les meilleurs délais. Même les transports quotidiens sont plus confortables parce qu’ils ont le luxe de se payer l’abonnement annuel en classe affaire du train, ou - s’ils sont sur le classement FORBES des milliardaires de l’année - ils n’ont qu’à engager un chauffeur.

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Mais - on l’oublie - les riches sont aussi des êtres humains, donc ils doivent bien avoir quelques soucis qui les empêchent de dormir la nuit. Mais lesquels ?

Jonah*, 27 ans, ingénieur

Rien ne m’empêche de dormir ces jours-ci, sauf quand ma famille va mal. Le plus stressant ces derniers mois, ça a été quand mon chat est tombé malade, mais heureusement j’ai les moyens de débourser des centaines d’euros sans y réfléchir à deux fois. On a appelé un très bon vétérinaire qui est venu à la maison et tout est rentré dans l’ordre.

Je ne pense pas qu’on puisse dire que quelqu’un est à l’aise financièrement s’il peut simplement payer son loyer et ses factures. C’est quelqu’un qui a les moyens de gérer des imprévus comme ça. Mon plus gros souci en ce moment, c’est la politique, mais je ne dirais pas que je sois réellement stressé. Je suis plutôt protégé de tout ça, mon métier me permet d’émigrer assez facilement si besoin. Je ne suis pas vraiment stressé. « Ce qui m’inquiète » est presque une question qui ne se pose pas pour moi. En la posant, vous supposez qu’une fois qu’on a échappé au stress financier, un autre type de stress doit venir le remplacer. Mais ce n’est pas mon cas.

Richard*, 56 ans, multiple propriétaire

Pour moi, ce sont des choses habituelles, comme ma santé ou de savoir si j’ai bien fermé la porte. Mais je me surprends aussi à me demander si les gens m’aiment bien. Est-ce que je suis un connard quand je montre mes photos de vacances ou quand en soirée, je parle à mes amis de mes investissements ou achats récents ? Je me soucie aussi pour le monde en général et de savoir si on ne va pas droit dans le mur. Partir du principe que l’argent est la seule chose qui importe et que, donc, ceux qui en ont n’ont plus de problèmes est une idée biaisée. Oui j’ai des soucis égocentrés mais beaucoup de gens ont des préoccupations bien plus larges que leur propre succès et confort. Quand on retire les causes des soucis égocentrés, on se concentre davantage sur des communautés plus larges.

Natalia*, 23 ans, héritière d’une fortune de famille


Je me soucie du regard des autres, de savoir si on m’aime ou pas. Parce que, même si je n’aime pas parler d’argent, ça peut transparaître assez facilement dans la conversation quand je parle de mes vacances ou de mes hobbies, et je ne veux pas mettre les autres mal à l’aise. Je pense que, par jalousie ou insécurité, ma richesse peut inciter les autres à me haïr, à me considérer moins ou à penser du mal de moi (et parfois même à en avoir la nausée). Certaines personnes ne peuvent pas imaginer dépenser des milliers de dollars pour des chaussures ou un sac, mais pour moi, c’est juste normal.

Alan, 68 ans, banquier d'affaires à la retraite

J’ai arrêté de travailler, je suis à la retraite, libre et j’ai des ressources pratiquement illimitées - alors pourquoi ne suis-je pas encore heureux ? De quoi s’inquiéter quand on a satisfait à peu près tous ses besoins fondamentaux ? Les gens retournent travailler parce qu’ils ne savent pas quoi faire de leur vie. Le travail peut donner un sens à la vie, une raison pour se lever le matin, une liste de choses à faire, l’envie de rentrer chez soi et de tout recommencer. Sans but, il n’y a pas d’impulsion, et on finit perdus comme des chiens errants. On doit se concentrer sur son propre bonheur. En l’absence de travail, on doit remplir le vide soi-même. Je m’inquiète aussi de n’avoir rien en commun avec mes amis ou de nouvelles connaissances. Les problèmes qu’on a quand on a de l’argent sont si différents qu’on perd tout lien aux autres. C’est un autre monde.

Walter*, 27 ans, héritier d’une chaîne internationale de restaurants

À l’école, j’avais honte d’avoir de l’argent. Je suis allé dans une école privée mais j’avais quand même une fortune disproportionnée par rapport aux autres. J’en étais bien conscient, parce que nos vêtements et les voitures avec lesquelles on venait me chercher n’étaient pas les mêmes. Et ça se voyait. Donc j’avais peur que mes amis ne soient avec moi que parce que j’avais de l’argent. Ça ne m’a jamais vraiment quitté. Parfois je me demande si ma copine, avec qui je suis depuis des années maintenant, m’aime ou aime juste le style de vie qu’on mène. Je ne peux jamais vraiment faire confiance aux autres dans ma vie, et ça me préoccupe beaucoup.

Giles*, 48 ans, banquier d’affaires

J’ai peur pour mes filles et leur futur. Je ne passe pas tant de temps que ça avec elles ou avec ma femme parce que je travaille beaucoup. J’adore mon travail et ça va de soi, j’adore l’argent. Je m’inquiète du fait qu’on me déteste, et que ma femme ait un amant, malgré l’argent et le confort que nous pouvons nous offrir avec mon salaire. Je me soucie aussi beaucoup du réchauffement climatique, parce que l’argent ne peut pas régler cela, et j’ai peur des conséquences pour mes filles. Avoir de l’argent rend la vie plus facile, mais ça met en évidence des soucis plus importants comme la famille ou la santé.

Cet article est originellement paru sur VICE UK.

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