Les portraits imparfaits de Ryan Cookson

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Les portraits imparfaits de Ryan Cookson

Des photos de gens dans la rue dont on évite de croiser le regard.

Ryan Cookson se promène avec un super appareil photo Contax G2 accroché à sa ceinture. Il entame des conversations avec le genre de personnes qu’on évite de croiser du regard. Il vous parle avec une petite voix qui vous donne toujours envie d’en savoir plus. Il ne croit pas au gaspillage des photos, il n’en prend que lorsqu’il est sûr de lui. Il aime toutes ses photos de la même façon, d’un amour paternel et inconditionnel. Cookson, c’est un peu l’homme parfait qui photographie des gens imparfaits, mais d’une manière parfaite.

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VICE : Comment approchez-vous les gens, avant de les photographier ?
Ryan Cookson : Ça dépend de la personne et de la situation. Parfois, je prends des photos sans échanger un seul mot mais la plupart du temps, j’entame une conversation, ou vice-versa, et ça part de là. J’avais l’habitude de prendre des photos de personnes à une certaine distance, mais j’étais gêné par cette forme de déconnexion. Au final, j’ai trouvé plus intéressant d’aller parler aux gens, et la photo devient une sorte d’aide-mémoire de la rencontre.

Avez-vous tissé des liens avec certains de vos modèles ?
Oui, je suis resté en contact avec certaines personnes que j’ai rencontrées en les photographiant. C’est incroyable de voir le nombre de personnes qui se montrent chaleureux et ouverts dès le début. Récemment, je suis tombé sur ce mec, Adam, qui vit à l’arrière de son van, sur un parking dans le centre de Melbourne. Même pas 5 minutes après l’avoir rencontré, il m’a proposé une soupe végétarienne qu’il a préparée dans sa cuisine artisanale et avant même que je m’en rende compte, une heure venait de passer. J’aime beaucoup écouter les histoires que les gens ont à raconter.

Prendre en photo quelqu’un vous a déjà mis en danger ?
Pas vraiment en danger, mais de temps en temps les gens se demandent pourquoi diable je veux les prendre en photo… et c’est assez justifié. La démarche peut sembler étrange, je suppose. Un homme à qui j’ai récemment demandé une photo à Abbotsford (un quartier de Melbourne), m’a dit que la seule photo de lui que je pourrais faire, c’était dans une salle pleine de grenades, avec lui qui tient toutes les goupilles. Ensuite il s’est mis à râler et à me dispenser des conseils sur la façon dont je devrais vivre ma vie.

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Ou avez-vous vécu, et photographié ?
J’ai vécu dans quelques villes du Royaume-Uni, à Amsterdam, et j’ai récemment emménagé à Melbourne. J’ai aussi un peu voyagé en Europe, aux États-Unis et en Asie du Sud-Est.

Vous souhaitez que vos photos « racontent une histoire » ?
Il y a des gens que je photographie à long terme et dont je raconte l’histoire, en quelque sorte, mais c’est en vrac. Mais j’ai tendance à aller dans ce sens. Par exemple, ça fait dix-huit mois, par intermittence, que je photographie des gens qui vivent de vol à l’étalage.

Oui, j’ai comme l’impression que beaucoup d’histoires accompagnent vos photos – vous les tenez secrètes ?
Ouais, c’est sûr que des histoires vont de pair avec beaucoup de photos. Je ne les ai jamais écrites… Je les garde en tête, ce qui explique probablement pourquoi j’ai oublié tant de choses.

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