Illustrations de Laura Park.
The People’s Almanacs et The Books of Lists sont deux livres absolument géniaux rédigés par une petite famille absolument géniale (un père, son fils et sa fille) dans les années 1970. Ces bouquins sont des bibles, des mines d’or gavées d’histoires fascinantes et de références alternatives—le Wikipédia d’avant la création d’Internet.
Nous avons donc passé un coup de fil à David Wallechinsky (le fils) et nous lui avons demandé si on ne pourrait pas créer une rubrique mensuelle dans Vice, inspirée de son travail et de celui de sa famille, parce que, euh, en fait, il a juste changé notre vie en nous donnant envie d’écrire sur des trucs obscurs.
Devant notre enthousiasme hystérique, digne d’une fan des Beatles en 1964, il a répondu: «Bien sûr.» Voici donc les deux premières parties de notre série, où nous avons sélectionné le meilleur de ces livres indispensables (mais hyper durs à trouver) et confié les illustrations à Laura Park, l’une de nos nouvelles artistes préférées.
13 MORTS ÉTRANGES

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14 RELIQUES HUMAINES



LE CRÂNE DE GEORGE FREDERICK COOKE
Même si cet acteur d’origine irlandaise est mort depuis plus de 170 ans, il travaille encore beaucoup. Le crâne de Cooke est la propriété de la bibliothèque de la faculté de médecine de la Thomas Jefferson University, à Philadelphie. Celle-ci le prête de temps en temps à des troupes de théâtre qui s’en servent comme accessoire.
LE CERVEAU DE PAUL BROCA
Dans l’une des sections les moins fréquentées du Musée de l’Homme à Paris, on trouve de nombreux bocaux qui renferment des cerveaux humains. Certains d’entre eux appartenaient à des intellectuels, d’autres à des criminels. Mais le plus fameux spécimen est peut-être celui de Paul Broca, médecin et anthropologue du 19e siècle, père de la neurochirurgie moderne.
LE CERVEAU D’ALBERT EINSTEIN
Ce qui est peut-être le plus grand cerveau du 20e siècle n’a pas été enterré avec le corps qui l’abritait. Einstein a demandé qu’on étudie son cerveau après sa mort. Et quand le grand savant meurt, en 1955, sa volonté est exaucée. Le cerveau—ni plus grand, ni plus lourd que la normale—est photographié, sectionné, et circule dans les quatre coins du pays pour être étudié par des spécialistes. Quelques-uns des plus gros spécimens se trouvent à Wichita, dans le Kansas.
LE DOIGT DE GALILÉE
Le grand astronome meurt en 1642. Sa dépouille ne trouvera le repos qu’en 1737. Lors de l’ultime déplacement du cadavre, pour l’église de Santa Croce à Florence, un aristocratique admirateur coupe trois doigts à Galilée, pour les garder en souvenir. Deux d’entre eux appartiennent désormais à un docteur italien, et le troisième, le majeur, est conservé au Musée d’histoire de la Science à Florence, tendu vers le ciel.
LA TÊTE DE JOSEPH HAYDN
Le compositeur autrichien meurt en 1809. Peu de temps après son enterrement, un directeur de prison, phrénologue amateur à ses heures perdues—c’est une personne qui cherche des correspondances entre la forme du crâne et les traits de caractère—engage des pilleurs de tombe pour en voler la tête. Le directeur examine le crâne, le remet à une connaissance, et c’est le commencement d’une odyssée de 145 ans. Le vol est découvert en 1820, quand la famille de l’ayant droit de Haydn fait exhumer le corps. Ils finissent par récupérer un crâne, qui s’avère ne pas être le bon. Le véritable passe de mains en mains, celles d’individus ou d’organisations. Il échoue dans une vitrine, à la Société des amis de la musique de Vienne. En 1932, les descendants des ayants droit de Haydn essayent à nouveau de le récupérer. Mais la Seconde Guerre mondiale et la Guerre Froide leur barrent la route—le corps se trouve dans la zone soviétique autrichienne, la tête dans la zone internationale. Il faudra attendre 1954 pour voir le corps et le crâne à nouveau réunis.
LE BASSIN DE CHARLES LOWELL
En 1821, Lowell, de Lubec dans le Maine, se fracture le bassin après une chute de cheval. C’est le docteur Micajah Hawkes qui le soigne. Lowell recommence à marcher trop tôt et ne se rétablit pas correctement. Il tient le docteur pour responsable et l’attaque en justice. Après trois procès qui font couler beaucoup d’encre, le juge prononce un non-lieu. Lowell n’en démord pas, exige dans son testament un examen posthume. Celui-ci intervient en 1858. Lowell avait tort. Les fameux os du bassin sont conservés dans un musée d’anatomie de Boston, tandis que le reste du corps est enterré dans le Maine.



Illustrations de Laura Park.