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Des comédiennes nous ont raconté leurs meilleures (et pires) histoires de règles

« J'ai eu mes premières règles à 13 ans. J'étais tellement gênée à l'idée de le dire à ma mère que je lui ai envoyé un mail. »

par Allegra Ringo
29 Juillet 2015, 5:00am

Illustrations : Penelope Gazin

On ne peut compter sur rien en ce bas monde, sauf peut-être sur le fait que toutes les femmes ont au moins une horrible anecdote de règles à raconter. Si les plus chanceuses d'entre nous se contentent d'y repenser et d'en rire, certaines filles ont malheureusement eu des expériences bien plus traumatisantes. J'ai demandé a une poignée de comédiennes de me raconter leurs histoires les plus drôles. Pour protéger leur innocence, j'ai changé le nom de certaines d'entre elles.

Vanessa : En cinquième, je venais juste d'avoir mes premières règles et je n'étais pas encore habituée à l'intensité du flux. Ma mère m'avait donné des serviettes hygiéniques, mais ça ne suffisait pas. A l'école, il y avait une règle un peu gênante qui interdisait d'aller aux toilettes pendant les cours, à moins d'être une fille « indisposée ». Mais cela revenait à clairement montrer à votre professeur – et au reste de la classe – que vous étiez en train d'avoir vos ours. Un jour, en classe, j'ai senti que ma protection ne tiendrait pas le coup. mais on était en pleine lecture du roman Johnny Tremain, et je ne voulais pas interrompre le cours pour annoncer que j'avais besoin d'aller aux toilettes. Ça a fini par traverser mon pantalon et couler sur ma chaise – ce qui était déjà assez gênant en soi – mais le pire, c'est que je n'ai pas réussi à la nettoyer. Du coup, je me suis barrée très vite à la fin du cours. À partir de ce moment, cette place est devenue connue comme étant la« chaise crado », et tous les gamins essayaient de se la refiler.

Ashley : Quand j'ai eu mes premières règles, ma mère m'a dit qu'on allait faire les courses. Mais en fait, elle a conduit pendant deux heures jusque dans les montagnes du Géorgie du Nord. Elle m'a lu de la poésie sur la féminité et m'a donné des talismans enveloppés dans de la soie. J'étais convaincue qu'elle allait me tuer après ça, mais j'étais davantage effrayée par l'idée que quelqu'un de mon école ne soit courant de ce qu'elle avait fait. Cela dit,je continue aujourd'hui à porter mon « talisman de puberté » quand je sens que j'ai besoin de chance.

Belinda : J'étais à un concert de Dave Matthews Band (oui, c'était il y a très longtemps) et je suis partie changer de tampon. Alors que j'étais en train de l'envelopper pour le jeter, je l'ai fait tomber sur mon t-Shirt. Du coup, j'ai dit à tous les gens que j'ai croisé – y compris ceux qui n'avaient rien demandé – que j'avais fait tomber un hot-dog au ketchup dessus. Je DÉTESTE Dave Matthews.

Christine : J'ai été pubère à 14 ans. Le lendemain, ma famille et moi avions prévu d'aller tous ensemble à la plage. J'ai appelé ma mère et elle m'a ramené des serviettes XXL et une boîte de tampons. Ensuite, elle m'a dit : « J'imagine que tu préféreras utiliser les tampons », sans s'embarrasser d'une explication. Alors qu'on était sur le départ, ma mère et mon père m'ont attendue à la sortie de la salle de bain pour voir si j'avais réussi à utiliser le tampon. Je n'arrivais pas à la mettre en place. Ils essayaient tant bien que mal de m'encourager : « Détends-toi ! Ça va aller ! » Finalement, j'ai réussi – du moins, c'est ce que j'ai cru. Bien sûr, il est tombé alors que j'étais en train de courir sur la plage.

Stephanie : J'ai eu mes premières règles à 13 ans. J'étais chez moi, et ma mère aussi. Mais j'étais tellement embarrassée à l'idée d'aller lui dire que je lui ai envoyé un mail, alors que nous étions toutes les deux à la maison.

Erica : Pendant mes premiers saignements, ma mère était au travail. Je suis donc allée le dire à mon père, qui l'a répété à ma voisine, Rita. Rita était cheftaine et, ce jour là, j'étais censée lui acheter une moustiquaire en vue de notre future colonie de vacances. Mais Rita me l'a offerte pour me « féliciter ». Avec du recul, je me dis qu'elle avait peut-être peur que mes saignements n'attirent davantage de moustiques.

Matilda : J'avais 15 ans et j'habitais avec ma famille à Hawaï. Ce jour-là, nous nous sommes réveillés tôt pour prendre un bateau qui devait nous mener sur un spot de plongée, à environ trois heures de là. Mes parents et moi avions oublié que j'avais le mal de mer, ce que la houle n'a pas tardé à nous rappeler. Après une heure à vomir mes tripes sous le regard de touristes horrifiés, je me suis endormie sur un banc du pont. Je me suis réveillée dans une mare de sang. J'avais tâché le pont blanc du bateau, ainsi que les vêtements de mon père. Et tandis que je pleurais dans les toilettes, les beaux-gosses de l'équipage se sont occupés de nettoyer les conséquences de ma dévastatrice rencontre avec Mère Nature.

Angela : Quand j'ai eu mes règles, ma mère est allée m'acheter un chien pendulaire.

Laura : Fût un temps où j'avais l'habitude de ne pas porter de sous-vêtements sous mes robes. Alors que j'avais mes règles, j'ai pensé que c'était une bonne idée de ne mettre qu'un tampon sous ma robe. J'étais sortie faire des courses avec une amie quand j'ai réalisé que mon tampon avait glissé et avait dû tomber quelque part. On a essayé de revenir sur nos pas, mais il demeurait introuvable. J'ai parié 30 euros avec ma copine que quelqu'un avait dû le trouver dans le magasin – et j'ai perdu mon argent en plus de ma dignité.


Danielle : J'avais 17 ans et jouais à la balle au prisonnier avec une trentaine de personnes. Vers la fin de la partie, je sentais que j'avais un besoin assez urgent de changer de tampon. Mais c'était une balle au prisonnier, et tous les membres de mon équipe avait été éliminés. J'étais la dernière personne de mon camp. J'ai reçu une balle en plein estomac, et mon tampon est tombé. Devant tout le monde. Je suis restée coite, humiliée, dans un silence total. J'ai fini par le ramasser et je suis partie sans me retourner. Je n'ai plus jamais joué à ce jeu.

Kelly : J'ai eu mes premières règles pendant l'été, avant de rentrer en troisième. J'étais plutôt douée en endurance, mais mes règles m'avaient fait prendre du poids. À la rentrée, pendant un entraînement, le coach nous dit à tous d'aller courir mais m'a prise à part pour discuter et marcher un peu. Il lui a fallu beaucoup de temps pour trouver les mots et le courage de me demander : « As-tu eu tes règles cet été ? Parce que tu cours bien moins vite que l'année dernière. » J'ai fini par lui avouer, et nous avons passé les trois kilomètres restants à marcher en silence.

Sophie Carter-Hahn : C'était pendant mon troisième cycle. J'étais en cinquième, dans un nouveau collège où je ne connaissais personne. Toutes les filles de ma classe allaient au cours de gym quand j'ai réalisé que je n'avais pas assez de protections pour tenir toute la journée. Du coup, j'ai demandé à la fille à côté de moi de me donner un tampon. Elle a réfléchi quelques secondes avant de demander à sa voisine – en lui expliquant que j'avais peur d'être « à court ». Elle m'a lancé un regard étrange et m'en a donné un. Quand je suis entrée dans la salle de gym, tout le monde s'est mis à chuchoter sans que je ne sache pourquoi. Plus tard, j'ai découvert que la fille avait dit à TOUT LE MONDE que j'avais besoin de mettre deux tampons à la fois, sous peine de foutre du sang partout. Aujourd'hui, j'ai décidé de m'en foutre. Vous pouvez utiliser mon vrai nom – et d'ailleurs, va te faire foutre Alex Favier, PERSONNE ne devrait trahir une femme qui a besoin d'un tampon.

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